Résistances juives en Haute-Savoie

Résistances juives en Haute-Savoie

Un ouvrage, édité par le réseau Memohra, rend hommage aux Résistants juifs, et notamment à Marianne Cohn, assassinée à Annemasse.

Son visage est celui d’une adolescente confiante et enjouée, à qui ses lunettes rondes cerclées de métal donnent un petit air intellectuel. Marianne Cohn, dont l’effigie orne la couverture de l’ouvrage intitulé Résistances juives, solidarités, réseaux, parcours, n’a alors que 17 ans. Quatre ans plus tard, en 1944, elle sera assassinée près d’Annemasse par la Gestapo, à coups de bottes et de pelles. Juive, elle était entrée en Résistance et faisait passer des enfants de confession israélite de l’autre côté de la frontière.

C’est à elle, et à 25 autres très jeunes gens, que ce livre, édité par le réseau Memorha, veut rendre hommage. Car oui, la Résistance juive a bel et bien existé, comme le rappelait Bernard Delpal, co-directeur de la publication, lors de sa présentation en préfecture d’Annecy. « On a sous-estimé la Résistance juive, expliquait-il, alors qu’elle se manifestait contre les arrestations, contre les déportations et contre l’Occupation. »

Si l’histoire de Moissac, commune du Sud-Ouest, occupe une bonne part des 278 pages, Annecy, Annemasse et Genève sont également évoquées. D’une région à l’autre, des centaines d’enfants ont été sauvés. Moissac, alors en zone libre, était devenue le quartier général des EIF (Eclaireuses et éclaireurs des Israélites de France) qui, au fil du temps, ont organisé le « planquing » des enfants pour éviter qu’ils ne soient arrêtés. « La majorité des convois d’enfants à sauver étaient dirigés vers la Haute-Savoie, pour passer en Suisse », confirmait-il.

Marianne Cohn a accompagné nombre de ces voyages et ainsi sauvé des dizaines d’enfants. Elle est arrêtée une première fois en 1943 et est relâchée trois mois plus tard. Elle poursuit pourtant sa mission. Mais le 31 mai 1944, elle est à nouveau arrêtée à Annemasse avec une trentaine d’enfants, à seulement 200 mètres de la frontière. Douze des enfants, les plus grands, sont finalement gardés en prison avec elle. C’est pour eux qu’elle refuse de s’évader, après avoir été longuement torturée. Dans la nuit du 7 au 8 juillet 1944, elle est assassinée par la Gestapo.

« Plus de la moitié des personnes présentées dans ce livre ont été sauvagement abattues », précisait Bernard Delpal. L’ouvrage les met en lumière à travers des travaux de spécialistes, des témoignages et des photos (donc beaucoup sont inédites), provenant du mémorial juif de Bâle.

L’ouvrage est diffusé dans toutes les librairies.

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