Santé : des effectifs infirmiers sous tension

par | 3 Déc 2021

Alors que la cinquième vague de la Covid est là, les Hôpitaux des Savoie cherchent toujours à recruter de nouveaux personnels soignants.

Soixante-quatorze postes d’infirmières, aides-soignantes et manipulateurs radio étaient encore vacants en milieu de semaine au centre hospitalier de Chambéry, Métropole Savoie (établissements de Chambéry et d’Aix-les-Bains). Au Centre hospitalier Annecy-Genevois (Change), il manquait également 31 infirmières. Et aux Hôpitaux du Pays du Mont- Blanc (HPMB, Sallanches et Chamonix), la direction des ressources humaines étudiait des candidatures pour pourvoir six postes d’infirmières.

« On subit effectivement une tension sur nos effectifs », commente Suzanne Meyer, en charge de la communication à Métropole Savoie, « mais on ne peut pas dire que ce soit seulement dû aux différentes vagues Covid. On sent, comme partout, une lassitude du personnel soignant, due à de nombreux facteurs. »

Une lassitude qui se traduit, au Change par exemple (mais aussi aux HPMB), par une augmentation du taux d’absentéisme, passé de 8 % à 10 % depuis le début de la pandémie de Covid-19. Déjà compliquée avant même la survenue, il y a une dizaine de jours, de la “cinquième vague”, la situation ne devrait pas s’améliorer. « On a déjà réduit notre activité sur certains services comme la chirurgie et regroupé des moyens sur une partie des soins de suite et de réadaptation pour personnes âgées », indique Vincent Delivet, directeur général du Change. En outre, la mobilisation de personnels soignants sur tous les fronts – pour la vaccination par exemple – a asséché le “marché” infirmier.

Ouvert il y a un an, l’Institut de soins infirmiers d’Annecy a été inauguré le 27 novembre. Il accueille plus de 400 élèves et devrait proposer, en plus, une formation de manipulateur en radiologie et d’infirmière de bloc opératoire dans les années à venir.

Dans ce contexte, Vincent Delivet se veut vigilant par rapport à l’ouverture des domaines skiables : « Il va falloir que les gens skient relax et que les pisteurs fassent tout pour limiter l’accidentologie ! » Car si les taux d’hospitalisation poursuivent leur augmentation, ce sont les patients non-Covid qui en subiront les conséquences, avec la réduction de certaines activités hospitalières moins urgentes.

Problématique transfrontalière

La pénurie d’infirmières se fait plus cruellement ressentir en pleine pandémie, mais elle n’est pas réellement nouvelle en Haute-Savoie. « Nous formons des professionnelles en France, qui partent ensuite travailler à Genève », résume Vincent Delivet. Le problème n’est pas d’aujourd’hui, mais, cette fois-ci, dit-il, les pouvoirs publics – État et collectivités territoriales – travailleraient sérieusement sur la question. Compensation de vie chère, problématique du logement, attractivité des statuts… sont quelques-unes des pistes de réflexion.

« Il faudrait instaurer une durée minimale d’exercice en France avant de pouvoir aller de l’autre côté de la frontière », poursuit le directeur du Change. Et que la Suisse forme également davantage sur son territoire. En attendant, les établissements imaginent des mesures à même de séduire le personnel soignant, à commencer par une amélioration des conditions de travail et le maintien d’une forte attractivité professionnelle.

« Chez nous, le personnel peut, par exemple, être titularisé au bout d’un an, ce qui est rare », cite Jean- Rémi Richard, directeur général des Hôpitaux du Pays du Mont-Blanc. Une convention a aussi été passée avec une agence immobilière pour proposer des locations moins onéreuses dans le parc privé, en plus de la vingtaine de logements dont est propriétaire l’HPMB. Des places dans les crèches existantes ou à venir sont en cours de négociation ; des formations internes sont financées par l’établissement… et un service de conciergerie gratuit a même été créé.

Avec seulement six postes d’infirmières à pourvoir, Jean-Rémi Richard n’est pourtant pas complètement serein : « D’habitude, à cette date et avant le début de la haute saison, de janvier à mars, tous nos postes sont pourvus. Ce manque est une problématique nouvelle qui s’ajoutera aux départs naturels et autres remplacements. Après un an et demi de Covid, conclut-il, les professionnels commencent à être fatigués. »


Sylvie Bollard
Crédit photo : Clay Banks sur Unsplash


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