Ski alpin : un Critérium sans les dames

par | 2 Déc 2022

À Val d’Isère, la 67e Coupe du monde de ski alpin ne durera qu’un week-end, les 10 et 11 décembre, en l’absence des épreuves féminines, au grand dam de l’organisation.

Le Critérium de la première neige de Val d’Isère ouvre traditionnellement le bal des épreuves de Coupe du monde de ski alpin en France. Cet hiver, seuls le géant et le slalom hommes se dérouleront, les 10 et 11 décembre, sur la fameuse Face de Bellevarde, la Fédération internationale de ski (Fis) ayant décidé, en avril, de ne pas attribuer les épreuves dames à Val d’Isère. La tenue des Mondiaux de ski à Courchevel-Méribel, en février, n’y est sans doute pas étrangère.

« Nous avons été surpris par la brutalité de cette décision », ne cache pas Ingrid Jacquemod, la directrice du club des sports de Val d’Isère (organisateur de l’événement) qui souhaiterait à l’avenir « davantage de visibilité sur le calendrier. »

Évolution du modèle économique

Si cette désaffection permet à l’organisation de se concentrer sur les épreuves masculines et d’élever quelques standards, elle implique cependant des retombées économiques en moins pour la station avaline (et la Fédération française de ski) qui se voit privée de plusieurs jours de compétition, avec un effet boule de neige sur l’hébergement, la restauration et les commerces. Cette année, plus encore que les précédentes, le budget – 1,6 M€ (hors neige de culture et service des pistes) – ne sera donc pas à l’équilibre, les droits TV et marketing représentant d’ordinaire 80 % des recettes.

Et c’est sans compter les 10 à 20 % de surcoûts liés à la flambée de l’énergie, qui alourdissent les dépenses, notamment les structures éphémères, chauffées cet hiver avec une machine fonctionnant au biocarburant pour réduire la facture et les émissions de CO2. Résultat, l’organisation a dû réduire la voilure en matière d’investissements, échelonnés sur cinq ans. Priorité a été donnée, en 2022, à l’installation de la fibre et de l’électricité sur la piste OK à La Daille, où auront de nouveau lieu les épreuves dames l’an prochain, comme l’a certifié la Fis.

Malgré tout, et parce que le Critérium marque le coup d’envoi de la saison, « les manifestations populaires sont maintenues dans leur configuration habituelle, à l’instar des cérémonies de remise des dossards et des prix, rapatriées dans le centre de la station », détaille Ingrid Jacquemod. S’y ajoutent la fan zone, dont l’accès est payant depuis l’hiver dernier (4  000 places avaient été vendues par jour, sur les 6 000 à 7 000 disponibles), ainsi que les tribunes et la terrasse VIP, ces deux dernières affichant déjà quasiment complet sur les deux jours.

FOCUS SUR LES COUPES DU MONDE DE SKI EN SAVOIE MONT BLANC
* Ski-cross à Val Thorens
Ce sera l’unique étape française de la Coupe du Monde de ski-cross en 2022, après l’annulation de Megève et des Deux-Alpes.. Organisée par le club des sports de Val Thorens, qui dispose d’un budget de 500 000 € (dont 300 000 de subventions des collectivités territoriales), elle accueillera deux manches, du 7 au 9 décembre. Plus de 100 compétiteurs s’affronteront sur une piste exigeante devant environ 500 spectateurs. En France, le retour média équivaut à 200 000 € d’achats publicitaires.
* Biathlon au Grand-Bornand
L’étape du Grand-Bornand est devenue incontournable dans le calendrier IBU. Du 15 au 18 décembre, 250 biathlètes (29 équipes hommes et Dames), 350 officiels et 60 000 spectateurs sont attendus. Trois formats : sprint, poursuite et mass-start. Le budget s’élève à 3,5 M€, dont 80 % de recettes propres au comité d’organisation (les 400 000 € de droits marketing inclus) et 20 % de subventions publiques. La compétition, diffusée dans 45 pays, devrait réunir 125 millions de téléspectateurs.
* Ski alpin à Chamonix
Au programme, une épreuve de la coupe du Monde sur les trois organisées en France : un slalom, qui se disputera sur la Verte des Houches… mais pas de descente (en 2024 ?). Le Kandahar sera l’ultime répétition des hommes avant les Mondiaux de ski de Courchevel-Méribel (6 au 19 février 2023). Dans le portillon de départ, 80 slalomeurs soutenus par 20 000 spectateurs. La course est diffusée en direct dans 20 pays, soit 100 millions de téléspectateurs. Le budget de 1,3 M€ comprend 1/3 de droits TV et marketing, 1/3 de subventions des collectivités et 1/3 de produits VIP.
* Freestyle à Tignes
Cette avant-dernière étape de la Coupe du monde, qui se déroulera du 16 au 18 mars, rassemblera les 80 meilleurs athlètes mondiaux (hommes et dames). Le service des sports de Tignes Développement, qui l’organise (200 000 € de budget), mise sur 3 000 à 5 000 spectateurs.


Patricia Rey
Photo Une – Club des sports de Val d’Isère


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