Sondage Communauté ECO : une Europe à réinventer !

par | 12 Déc 2016

Oui, l’Europe doit se réinventer ! C’est ce que disent nos membres de la Communauté ECO, interrogés lors d’une enquête sur l’Europe. Nos lecteurs croient à l’avenir d’une union européenne moins technocratique et plus fédérale, avec un président élu au suffrage universel. Décryptage.

À l’occasion de la conférence-débat de Michel Barnier sur l’Europe que nous avons organisée avec le Club des entreprises de l’Université Savoie Mont Blanc le 25 novembre, nous avons interrogé notre communauté Éco sur l’Union européenne.

Le premier constat de cette enquête est que les crises actuelles sont probablement une chance, – la dernière ? –, pour l’Europe. Même le Brexit et l’élection de Donald Trump sont perçus non pas comme des catastrophes, mais comme des chocs salutaires susceptibles de forcer les Européens à se reprendre en main. 64,7 % des personnes ayant répondu à l’enquête estiment ainsi que l’élection de Donald Trump peut redynamiser les Européens. Et s’ils déplorent la sortie de la Grande- Bretagne de l’Union, nos lecteurs jugent d’abord que le Brexit est une occasion historique de refondation du projet européen.

Mais pour quel projet ? À une large majorité (59,2 %), les membres de la communauté Éco ayant répondu à l’enquête estiment tout d’abord que, près de 60 ans après le traité de Rome, l’Union européenne affiche certes de vraies réussites, mais aussi des échecs patents.

Pas d’harmonisation fiscale ni sociale

Au rang des réussites : le maintien de la paix sur le continent et aussi la création de la monnaie unique ou la libre circulation des personnes. Ils citent aussi à 71,2 % le développement des échanges entre les jeunes, et notamment le succès du programme Erasmus. Ils sont en revanche moins nombreux à valoriser la création du marché le plus important du monde (30,4 % seulement). Et c’est bien sur le plan économique que le bât blesse le plus. 82,6 % dénoncent ainsi le manque d’harmonisation fiscale et sociale, et 66,3 % l’incapacité à construire une véritable politique économique.

Au deuxième rang de leurs préoccupations, l’absence de vrai projet politique d’une institution trop technocratique (66,3 %) et l’incapacité à mettre sur pied une défense commune (52,7 %). Quant aux principaux défis à relever, ils citent d’abord la crise migratoire (61,4 %) et ensuite, à des niveaux assez similaires (entre 57 et 50 %), la capacité de l’Europe à conserver un rôle de premier plan dans le jeu mondial, la fracture entre pays pauvres et riches, le terrorisme et enfin la crise économique et monétaire. Les valeurs fondamentales ne sont pas remises en question, qu’il s’agisse du maintien de la paix, de la garantie des libertés individuelles ou encore de la démocratie. En revanche, ils sont très demandeurs d’une profonde transformation de l’institution et font des propositions concrètes en la matière.

Des mesures concrètes

La première concerne l’économie et le besoin d’harmonisation fiscale et sociale. Des règles claires identiques pour tous sont une condition sine qua non pour que l’Europe économique existe. Autre revendication majeure, celle d’une gouvernance forte. Et pour cela ils sont nombreux à réclamer un système fédéral avec un président élu au suffrage universel. Un président qui n’hésiterait pas à faire appel aux citoyens pour les questions sociétales en les sollicitant par référendum.

Beaucoup regrettent aussi que l’élargissement de l’Union européenne ait souvent été effectué au détriment d’un approfondissement de l’existante. C’est pourquoi ils privilégient une Europe à deux vitesses avec un noyau dur d’une demi-douzaine d’États et un deuxième cercle de pays moins engagés dans l’Union. Sans surprise ils critiquent massivement «la bureaucratie et les technocrates», et réclament aussi «la fin des trop nombreuses normes qui étouffent l’Europe».

Ils comptent aussi beaucoup sur le rôle de la jeunesse et souhaitent développer les échanges entre Européens dès le plus jeune âge. Organiser des voyages dans les autres pays de l’Union dès le collège, et même l’école primaire, rendre obligatoire l’apprentissage de deux langues européennes en plus de sa langue natale, et aussi créer un service militaire européen (ce qui suppose l’existence d’une armée européenne et donc d’une politique de défense commune).

Manque de culture européenne

En fin, notre enquête pointe le manque de culture européenne. 68,5 % ignorent ainsi le nom des principaux responsables européens, et en particulier ceux du président de la Commission, du président du Conseil européen ou même du commissaire européen français en poste. Ils ne connaissent pas tous non plus le nom des deux députés européens des Pays de Savoie. Même si la majorité des personnes ayant répondu à notre enquête citent effectivement Dominique Martin (Haute-Savoie) et Michel Dantin (Savoie), certains évoquent Michel Barnier, alors qu’il a été député européen de juin 2009 à février 2010, date à laquelle il est devenu commissaire européen. De toute évidence, il manque des relais d’information entre l’Europe et les citoyens !


Par Sophie Guillaud et Audrey Lebedeff.


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