Démarrée tardivement, la saison estivale a finalement battu des records de fréquentation, en août, sur certains types d’hébergement et de prestations.

Au terme du mois d’août, 80 % des opérateurs touristiques aindinois se disent satisfaits de leur activité, selon la dernière étude de conjoncture conduite par Aintourisme auprès de 173 d’entre eux. « Les hébergeurs, confrontés à des taux d’occupation en baisse de plus de 10 points en juillet, sont aujourd’hui 72 % à avoir bénéficié d’une bonne fréquentation en août, détaille l’observatoire du tourisme. Les taux de remplissage provisoires sont de l’ordre de 63 %, en hausse de 2 points par rapport à août 2019. Les prestataires d’activités culturelles et de loisirs, ainsi que les restaurateurs expriment quant à eux un point de vue encore plus positif : ils sont plus de 90 % à noter que le mois d’août a été bon, avec un niveau de réservation de 74 %. » La moyenne montagne profiterait davantage du phénomène que la plaine, avec un satisfecit de 85 % d’un côté, contre 72 % de l’autre.

Les observateurs étaient loin de s’attendre à de tels résultats, avec 22 % d’opérateurs optimistes pour leur été en juin et 43 % en juillet. En fait, la saison n’a véritablement commencé qu’à partir de la dernière semaine de juillet.

Boum sur les locations de vacances

Dans le département comme partout ailleurs en France, les locations de vacances ont été particulièrement plébiscitées. Du côté des gîtes, on affirme avoir enregistré des taux d’occupation de 80 % sur les trois dernières semaines de juillet et 95 % sur les trois premières d’août. « Du jamais vu, même lors de nos meilleures saisons », a commenté auprès d’Aintourisme, Danièle Fachinetti, directrice de Gîtes de France dans l’Ain. Les campings, à l’inverse, sont 55 % à signaler une baisse de leur niveau d’activité. Un repli mis au compte du retrait de la clientèle étrangère. Celle-ci n’a en effet représenté que 10 % de la clientèle des hébergements, contre 30 % habituellement. Mais, le tourisme de proximité s’est intensifié, ceci compensant partiellement cela. « La présence de la clientèle lyonnaise est, cette année, notée en priorité par les opérateurs touristiques (65 % de citation), de même que la population aindinoise (49 %), relève l’observatoire. Les Franciliens ont également été nombreux à poser leur valise ce mois d’août dans le département (25 % de citation). »

Inquiétudes pour l’arrière-saison

Deux gros mois ne contrebalanceront pas, de toute façon, les pertes enregistrées sur le reste de l’année. « Entre le 15 mars et le 1er juillet, les pertes de nuitées touristiques sont estimées à plus de 1 million sur la seule clientèle française, autant concernant les touristes étrangers », révèle Aintourisme. Et les opérateurs nourrissent les pires craintes pour l’arrière-saison, avec un taux de réservation faible, de l’ordre de 20 %, et sujet à des risques d’annulation et de report, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire.


Par Sébastien Jacquart