Des travaux réalisés sur l’Île Chambod à l’ouverture de Dinoplagne, en passant par de nouveaux espaces au Parc des Oiseaux, l’offre touristique aindinoise évolue.
Ce n’est pas innocent, si la base de loisirs de l’Île Chambod a été retenue pour le lancement, lundi 31 mai, du premier Guide du Routard sur l’Ain (lire ci-dessous). Labellisée “Espace naturel sensible” en 2019, d’une surface de 20 ha, elle vient en effet de faire l’objet d’importants travaux qui ont fait intervenir 29 entreprises, pour un montant total de 2,185 M€ HT. C’est l’une des nouveautés majeures de cette saison estivale. Le cahier des charges du chantier, achevé juste à temps pour l’ouverture prévue le 26 juin, s’est voulu drastique, pour concilier la nécessité de préserver tous les atouts du site avec l’ambition d’en faire « une porte d’entrée de la haute vallée de l’Ain », selon Clotilde Fournier, conseillère départementale, présidente du syndicat mixte de l’Île Chambod. « Ce lieu est prioritairement destiné aux Aindinoises et aux Aindinois, y compris les personnes en situation de handicap, décrit-elle. C’est donc la deuxième base de loisirs en Auvergne Rhône-Alpes à prévoir des parcs de jeux inclusifs. Dans le souci de maintenir une continuité des couleurs et des matériaux, une grande importance a été accordée au bois, dans les aménagements de la rive droite, notamment avec la création d’une passerelle pour rappeler l’insularité du site. Les espaces de repas ont été refaits tout en conservant les reliefs de l’Île. Une île dont un cheminement agrémenté de panneaux d’information fait désormais le tour. Sur la rive gauche, outre des jeux inclusifs et de boules, ont été aménagés des sanitaires, qui n’existaient pas, et des chemins de randonnées. »
Dinoplagne en avance
Autre nouveauté majeure de cette saison : l’ouverture au 9 juillet, plutôt qu’en 2022, de Dinoplagne, en pays bellegardien. Le grand public va enfin pouvoir contempler les plus grandes traces de sauropode au monde par leur diamètre et parmi les plus longues. « Ce site découvert en 2009 par deux passionnés du paléolithique a remis à jour la carte des terres émergées à l’époque », souligne Philippe Dinocheau, maire de Plagne.
Le Parc des oiseaux en anticipation
Quant au Parc des oiseaux de Villars-les-Dombes, il se projettera carrément en 2070, à partir de juillet, éclairant à travers une vision postapocalyptique, ce qu’est le travail du site ornithologique aujourd’hui, en matière de pédagogie et de préservation des espèces. Ceci, à un moment où les parcs animaliers sont de plus en plus contestés. Enfin, il ouvre également cette saison, sur un ton plus léger, un espace dédié aux papillons où pourront être observés, à partir du 19 juin, plus de 400 spécimens.
Un portail dédié à l’outdoor
Le site est déjà en ligne, l’appli arrive bientôt. Ain-outdoor.com est un nouveau portail destiné, comme son nom l’indique, à valoriser les activités de pleine nature du département. Il ne compte pour l’instant que deux rubriques, “Marcher” et “Pédaler”. Mais cela permet déjà de présenter une centaine d’adresses incontournables et autant de balades à faire à pied (une soixantaine) ou à vélo (une cinquantaine), que l’on peut visualiser sur une carte ou en 3D, pour se faire une idée du dénivelé. Et l’outil permet de surcroît, de générer ses propres itinéraires. « Fruit d’une stratégie conduite depuis deux ans avec les acteurs de la moyenne montagne et les offices », selon Véronique Baude, vice-présidente du Conseil départemental en charge du tourisme, il doit s’enrichir dès cet hiver d’une rubrique “Glisser”, puis, l’été prochain, des rubriques “Naviguer” et “Grimper”.
40 %
Selon Véronique Baude, la saison 2021 démarre sous les meilleurs auspices, avec une hausse de 40 % du chiffre d’affaires en réservations.
36 000
C’est le nombre de personnes qui ont fréquenté l’Île Chambod en 2020, contre 29 000 en 2019, année plus proche de la moyenne.
La reconnaissance du Routard
Pour les acteurs locaux du tourisme, la parution, pour la première fois, d’une édition du guide consacrée au département fait entrer le territoire dans la cour des grands.

« Je suis un grand fan du Routard. Je ne pars jamais sans. Pour moi, c’est la différence entre la deuxième et la première divisions. C’est une grande chance, un honneur, une fierté, une joie, que de pouvoir avoir, pour la première fois, un Guide du Routard dans l’Ain, s’est enthousiasmé le président d’Aintourisme, Damien Abad, lundi 31 mai, pour le lancement de cette édition aindinoise, disponible depuis le 9 juin, au prix de 9 euros. Entrer dans le Routard, c’est être reconnu comme une destination touristique. Or, cela a toujours été notre objectif de faire de l’Ain plus qu’une zone de passage entre Lyon et Genève, ou des aires d’autoroute sur la route du ski. Entre lacs et rivières, nous sommes l’un des territoires les plus couverts par l’eau. Nous n’avons pas la volonté d’être la Côte d’Azur, mais de développer un tourisme de nature et de proximité, un tourisme familial. Notre entrée dans le Routard s’inscrit dans cet objectif. Il permettra de mettre en valeur nos randonnées, nos forêts, notre nature, notre gastronomie et notre patrimoine. J’espère que ce guide sera abondamment utilisé et pas seulement par les Aindinois. »
Fondateur du Routard, Philippe Gloaguen décrit l’Ain comme « un département béni des dieux, une destination qui a toujours été gâtée », entre son industrie, son agriculture, sa nature… « C’est peut-être pour cela que l’Ain a longtemps oublié son tourisme. Depuis la création du Routard, nous n’avions jamais trouvé à développer de relations avec les décideurs locaux, jusqu’à un changement en 2015. L’Ain pouvait aussi être oublié des touristes parce qu’il est coincé entre Lyon, Genève et les destinations de montagne. Mais fort d’une gastronomie exceptionnelle, de son patrimoine naturel, de son patrimoine architectural, de ses sites aquatiques, de ses rivières et de ses lacs qui permettent d’attirer les familles, l’Ain propose un tourisme complet. »
Sébastien Jacquart








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