Transition écologique, et si la route avait la solution ?

par | 17 novembre 2022 à 8H00

Au cœur des objectifs de décarbonation des territoires, l’entretien des infrastructures routières sait répondre aux enjeux environnementaux.

« Nous avons le devoir d’entretenir notre patrimoine. Quelles que soient les futures orientations liées aux enjeux environnementaux et donc à l’utilisation de la route, elle restera le support de toutes les mobilités pendant de nombreuses décennies », a souligné Thierry Morel, président de Routes de France Aura, lors de la 2e édition de la Rencontre régionale de la Route, organisée le 9 novembre à Bourg-en-Bresse.

Au-delà de l’impact des usages et en complément des solutions et innovations employées lors de la réalisation des routes, leur entretien se révèle essentiel pour réduire les émissions de CO2. En région Auvergne-Rhône-Alpes, le réseau routier représente 15 % du linéaire français, soit près de 155 000 km de routes de tous types. Sa valeur patrimoniale est estimée à 274 milliards d’euros par une étude de 2020 de la Cellule économique régionale de la construction Auvergne-Rhône-Alpes (Cerc Ara).

Entretenir les routes

Riche d’échanges, la matinale s’est poursuivie par une conférence de Mathieu Flonneau, historien, spécialiste d’histoire urbaine, des mobilités et de l’automobilisme. Elle a mis en lumière l’enjeu économique et démocratique de la mobilité. La route, c’est le quotidien de 74 % des Français, notamment en milieu rural. Elle est essentielle pour l’économie. « Rien que pour cela, l’entretien du réseau routier s’avère d’une nécessité absolue », a noté Patrice Verchère, président de l’Agglomération de l’Ouest Rhodanien, vice-président délégué du Département du Rhône et rapporteur général du budget.

« À l’époque des réseaux sociaux, la route est le premier réseau social, a considéré Jérémie Lacroix, vice-président routes et mobilité du Conseil départemental de la Loire. Nous avons vécu plusieurs confinements avec la crise sanitaire. Et ne pas pouvoir se rencontrer nous a manqué. Aujourd’hui, il appartient bien aux collectivités d’entretenir le mieux possible leurs routes ».

« Pour rester dans le thème de la journée, je pourrais ajouter que la qualité de l’entretien du réseau contribue à réduire la consommation des véhicules et par conséquent les émissions de gaz à effet de serre », a souligné Daniel Pendarias, responsable du pôle de Lyon de la Direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGITM), qui a insisté sur les enjeux de conservation d’un patrimoine routier considérable et le confort aux usagers, notamment en termes de sécurité.

De son côté, Louis Gauthier, directeur de l’ingénierie et de l’innovation chez Autoroutes et Tunnel du Mont-Blanc (ATMB) rappelle que le maintien du patrimoine relève d’objectifs contractuels pour les sociétés concessionnaires des réseaux autoroutiers. « La raison première est la sécurité et le confort de conduite de nos clients, a-t-il abondé. Cela nous paraît donc important de consacrer entre 5 et 6 millions d’euros par an, à l’entretien des chaussées. »

Les craintes de la rentrée

Bernard Sala, président de Routes de France, a conclu sur une note plus pragmatique, évoquant notamment l’enjeu du financement des actions innovantes. « Nous savons que nos entrepreneurs de travaux publics ne peuvent pas rester dans le concept. On se projette à 2030 mais la guerre en Ukraine nous ramène à la réalité, a-t-il remémoré. Au quotidien, nous nous posons la question de savoir combien nous aurons d’appels d’offres à la rentrée. À la peur de ne pas avoir assez de travail, s’ajoutent les problèmes du recrutement et, compte tenu de l’inflation, de notre capacité à réaliser des travaux financièrement supportables pour nos clients. »


Carole Muet

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