L’Union des industries et métiers de la métallurgie de Haute-Savoie vient de faire le point sur la conjoncture. Des signaux positifs sont relevés
« La situation est très contrastée et très contradictoire », résume Gilles Mollard, en introduction des résultats de la dernière enquête de conjoncture de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) de Haute-Savoie. Le président de l’organisation patronale pointe des signes d’amélioration, « certes très fragiles » et surtout, « très hétérogènes » selon les secteurs d’activité.
L’enquête, qui portait sur le premier trimestre 2026, dresse effectivement un tableau moins pessimiste qu’un an plus tôt : 29 % des entreprises du département interrogées déclarent être en suractivité, contre seulement 6 % en 2025. La part de celles qui sont en sous-activité recule quant à elle de 55 % à 28 %. Cependant, le président rappelle que tous les domaines ne sont pas concernés par cette embellie. Ceux qui tirent le mieux leur épingle du jeu produisent pour l’aéronautique, la défense, le nucléaire et tout ce qui est lié à l’intelligence artificielle. « Les data centers consomment de la connectique pour leur refroidissement, et nous avons quelques grands acteurs sur la question. »

A contrario, les 28 % de répondants en sous-activité se concentrent dans les marchés de l’industrie (fabrication de machines-outils ou de machines spéciales par exemple). « Et là où c’est le plus compliqué, poursuit-il, c’est pour tous ceux qui consomment beaucoup d’énergie : la chimie, la plasturgie, la sidérurgie, le papier, etc. » L’horlogerie demeure « en crise » et l’automobile « résiste sans véritable rebond ».
Quid du deuxième trimestre qui vient de se terminer ? « Les perspectives restent majoritairement positives avec 80 % des entreprises qui anticipent une activité stable ou en hausse et 81 % qui prévoient un chiffre d’affaires étale ou en progression. » Concernant les investissements, plus de 70 % en prévoient dans les douze mois à venir. En revanche, les recrutements sont toujours difficiles pour 80 % des sondés.
Malgré ces nouvelles encourageantes, l’UIMM 74 constate que des tensions restent fortes, notamment autour de l’approvisionnement. 54 % des sociétés questionnées disent avoir encore des difficultés sur le sujet, et parmi elles, 60 % indiquent que ces difficultés ont un impact sur leur production. Plus globalement, 77 % des dirigeants sont pessimistes sur la situation économique hexagonale.
Perspectives
À plus long terme, les adhérents de l’UIMM citent trois raisons principales pouvant freiner leur développement : le coût de l’énergie, l’inflation et les tensions géopolitiques.
Focus sur l’apprentissage et la transparence salariale
Le projet de loi sur l’égalité professionnelle devait entrer en vigueur au mois de juin. En France, la transposition de cette directive européenne n’a pas encore pu être effectuée. Le Gouvernement français souhaite l’adopter avant la fin de l’année. Pour l’UIMM, qui est favorable à la transparence salariale et à l’égalité entre les femmes et les hommes, la méthode est à revoir pour aboutir à un texte dont les règles seraient « simples, compréhensibles et applicables ». L’organisation demande en conséquence un report de l’application de la directive et sa révision.
Par ailleurs, l’UIMM constate une baisse de 5 % des contrats d’apprentissage en 2025 en France et en Haute-Savoie (- 7 % dans la métallurgie). Elle souhaite qu’un cadre « stable, lisible et durable » soit redonné aux sociétés pour qu’elles puissent continuer à accueillir les jeunes, salariés de demain. La baisse des aides allouées, la conjoncture défavorable et les « changements permanents sur les dispositifs » seraient responsables de cette diminution.








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