Vanoise : un refuge pile-poêle dans la transition énergétique

Vanoise : un refuge pile-poêle dans la transition énergétique
Vanoise : un refuge pile-poêle dans la transition énergétique
4 (80%) 1 vote

Le refuge du col du Palet, au coeur du Parc national de la Vanoise, est devenu complètement autonome en électricité après l’installation d’une pile à hydrogène unique en son genre.

Comment faire pour éviter de faire tourner le groupe électrogène du refuge du col du Palet lorsque, en pleine saison estivale,  les panneaux solaires ne suffisent plus pour fournir l’électricité nécessaire ? Situé à 2587 mètres d’altitude, au coeur du parc national de la Vanoise, le refuge était, jusqu’en 2015, régulièrement confronté à cette question.

La difficulté ici, c’est l’eau, détaille Nicolas Vernon, gardien de cette cabane depuis huit ans. On est dans le haut d’un cirque avec zéro glacier ou névé au-dessus de nous. Seules la fonte des neiges et la pluie nous alimentent.” Et quand les réserves s’épuisent, l’eau doit être pompée en contrebas via ce fameux moteur diesel bruyant et polluant. Le gardien devait en outre gérer au mieux sa consommation électrique pour satisfaire à tous les autres usages, tels que l’éclairage, sachant que l’énergie produite par les panneaux solaires ne peut de toute façon pas être stockée plus de trois jours…

Nicolas Vernon est gardien de refuge pour le parc de la Vanoise depuis 12 ans, dont huit au col du Palet.

Utiliser l’énergie produite en hiver

Pour remédier au problème, le Parc national de la Vanoise, propriétaire du refuge, s’est entouré d’un consortium de cinq entreprises françaises qui ont conçu un modèle unique de pile à hydrogène. Son originalité résidant dans le fait que le gaz n’est pas apporté par hélicoptère sur place, mais bel et bien généré par électrolyse de l’eau. Totalement autonome, le système, géré à distance par transmission satellite, a rendu le refuge du col du Palet autosuffisant en électricité propre.

Depuis l’installation en 2015, confirme Nicolas Vernon, on n’a plus eu besoin de mettre en route le groupe électrogène.” Equipé de 47 couchages, le refuge réalise quelque 2 100 nuitées en été, sur 2 400 au total. 90 % de son chiffre d’affaires ( de 150 000 euros environ) est réalisé sur la période estivale. D’où l’intérêt de pouvoir stocker l’énergie produite en hiver par les panneaux solaires. C’est ce que permet la nouvelle technologie.

Un coût prohibitif

Les randonneurs doivent cependant rester conscients qu’en venant dans un site comme celui-ci, ils ne pourront jamais avoir le même niveau de service qu’en vallée, même si tous ces investissements tendent à nous professionnaliser“, poursuit le gardien qui, en haute saison, emploie quatre salariés. L’année dernière, le parc a refait la toiture du bâtiment, a construit des toilettes sèches pour économiser l’eau et a installé 30 % de panneaux solaires supplémentaires. Des investissements qui s’ajoutent aux 200 000 euros dépensés pour la pile à hydrogène.

L’inauguration officielle de la pile à hydrogène a eu lieu vendredi 28 septembre.

Un coût encore prohibitif pour que le parc, précurseur en la matière, équipe la totalité de ses 16 refuges d’un système comparable. Tous ne sont d’ailleurs pas confrontés à la même problématique.

Chaque année, le parc investit entre 400 000 et 500 000 euros dans ces maisons d’altitude. Plusieurs gros chantiers sont d’ailleurs en cours. Le refuge de Prarion bénéficie en ce moment, et jusqu’à la fin de l’été 2019, d’une réhabilitation complète pour un montant de 1,8 million d’euros. Celui de la Valette vient tout juste de s’offrir une toiture neuve et une extension accueillant lavabos et toilettes sèches (400 000 euros environ). Au Plan du lac, la ligne 20 000 volts va être démantelée par Enedis en 2019 et en contrepartie, le parc rendra le refuge autonome en énergie via un mix énergétique (400 000 euros).

Le Club alpin français est lui aussi très intéressé par le prototype du col du Palet. La majorité de ses 137 refuges étant également en site isolé et confrontés à la question de l’énergie. Didier Lolom, délégué aux refuges au comité de Savoie des Caf, confirme : “Nous avons deux défis à relever : l’eau et l’énergie, mais nous n’avons pas deux refuges identiques et c’est ce qui pose problème“. Aujourd’hui, le Caf 73, qui gère 18 refuges, maximalise l’utilisation des panneaux photovoltaïques. “Cette technologie à hydrogène est très intéressante, mais trop coûteuse pour le moment“, conclut-il.

 

Pour en savoir plus sur la technologie mise en place, rendez-vous dans les pages d’Eco Savoie Mont-Blanc du 5 octobre.

Poster une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Réseaux-sociaux-ECOMEDIA

ANNONCES LÉGALES : CONSULTEZ ET PUBLIEZ !

Devis immédiat 24h/24 Attestation parution par mail Paiement CB sécurisé

PUBLICITÉ

PUBLICITÉ

ARTICLES LES PLUS LUS

MAG ECO SAVOIE MONT BLANC


MAG ECO DE L'AIN


PUBLICITÉ

MAG L'EXTENSION


MAG ECO NORD ISÈRE



ARTICLES RÉCENTS

Stéphane Rosnoblet, entrepreneur de terrain(s)

Stéphane Rosnoblet, entrepreneur de terrain(s)

Il est à la fois patron du groupe de distribution Provencia et président du club de foot de Grenoble, le GF 38. Dans une grande interview ce chef d’entreprise plutôt discret de nature se confie à Eco. Un moment rare dans lequel il évoque son parcours, la situation du...

Nominations, élections et changements de fonctions en série

Nominations, élections et changements de fonctions en série

Conseil général, partis politiques, Compagnie des Alpes, syndicats professionnels... Ca bouge ces jours-ci en Pays de Savoie.   COLLECTIVITÉS CONSEIL DÉPARTEMENTAL DE LA HAUTE-SAVOIE Jusque là directeur de cabinet du président Christian Monteil, Rémy Crépin devient...

Autoroute : de nouvelles voies pour l’A41 Nord

Autoroute : de nouvelles voies pour l’A41 Nord

La construction de deux voies supplémentaires entre Saint-Martin-Bellevue et Annecy-nord où la barrière de péage va être aussi réaménagée va nécessiter 30 mois de travaux et 78 millions d’euros d’investissement. La transformation des infrastructures routières et...

Votre magazine ECO Savoie Mont Blanc du 19 octobre 2018

Votre magazine ECO Savoie Mont Blanc du 19 octobre 2018

100% en ligne, feuilletez directement votre magazine ECO Savoie Mont Blanc n°42 du 19 octobre 2018 sur ordinateur, tablette ou smartphone. Réservé aux abonnés Premium. Consultez votre magazine ECO Savoie Mont Blanc édition 73 : Consultez votre magazine ECO Savoie Mont...

Votre magazine ECO Nord Isère du 19 octobre 2018

Votre magazine ECO Nord Isère du 19 octobre 2018

100% en ligne, feuilletez directement votre magazine ECO Nord Isère n°42 du 19 octobre 2018 sur ordinateur, tablette ou smartphone. Réservé aux abonnés Premium. Le saviez-vous ? Vous pouvez afficher la publication en plein écran, télécharger le document en .pdf...

Facteur, métier à haut risque

Facteur, métier à haut risque

La direction de la plateforme de distribution de Bourgoin-Jallieu avait invité ses postiers à une journée dédiée à la prévention sur les risques du métier, somme toute nombreux. Morsures de chien, boîtes à lettres inatteignables, routes à sillonner par tous les...

Aides sociales : controverse sur l’espionnage des bénéficiaires

Aides sociales : controverse sur l’espionnage des bénéficiaires

Une nouvelle loi permettant de surveiller les personnes qui reçoivent des aides divise les Suisses. La polémique enfle à travers la Confédération après que le Parlement a voté une nouvelle loi renforçant la surveillance des assurés. Elle permet aux institutions...

Comment l’UIMM voit son avenir ?

Comment l’UIMM voit son avenir ?

La section de l'Ain de l'union des industriels de la métallurgie recevait le président national, Philippe Darmayan, en clôture de son assemblée générale, le 10 octobre. « L'UIMM de l'Ain a un programme d'action qui correspond à ce que je veux faire de notre union »,...

L’édito de Myriam Denis : “Gouverner autrement”

L’édito de Myriam Denis : “Gouverner autrement”

Chose promise, chose due : Emmanuel Macron avait promis de gouverner autrement. De ne pas tomber dans les travers de ses prédécesseurs et de faire souffler sur sa présidence un vent de nouveauté. Le zéphyr a emporté au passage deux de ses ministres clés : l’Écologie...

INSCRIVEZ-VOUS À LA NEWSLETTER !


Ecomedia

GRATUIT
VOIR