Pendant que la France entière semblait captivée par la traque du tueur de Nantes, c’est une autre traque, débutée 10 ans plus tôt, qui prenait fin. Dimanche 2 mai, Oussama Ben Laden, l’ennemi numéro un de l’occident, tombait sous les balles des américains.

Ainsi, après la période post 11 septembre débute une nouvelle ère post Ben Laden. Certains y voient déjà la fin des menaces terroristes. Rien n’est moins sûr ! De nombreux spécialistes semblent au contraire pencher pour une nouvelle vague d’attentats, en réponse à l’assassinat du leader d’Al Qaida. L’Amérique et la France, les deux principales cibles de l’organisation islamiste, peuvent continuer à surveiller leurs arrières. Mais les actes de Ben Laden ne pouvaient rester impunis et justice est désormais rendue, même si on peut éventuellement déplorer la méthode, plus proche de la loi du Talion que de notre conception hexagonale de la justice, interdisant la peine de mort depuis plus de 30 ans.

Si la guerre contre le terrorisme ne semble donc pas encore gagnée, une victoire économique semble s’amorcer. En prenant la « bonne décision », Barack Obama vient de montrer au monde entier qu’il était bien l’Homme providentiel, le Président du renouveau. Et, toujours prompts à quelques belles envolées patriotiques, les américains font écho à ce message d’espoir, retrouvant leur fierté et leurs envies de grandeur. Il n’en faut parfois pas davantage pour relancer une économie internationale défaillante. Quand l’Amérique s’étire, c’est toute la planète qui se met à courir…

Cette prévision a d’autant plus de chance de se réaliser que, sur la scène géopolitique, la disparition de Ben Laden sonne comme le dernier acte du printemps arabe. Le monde musulman change ; les dictatures s’écroulent ; les peuples opprimés reprennent voix au chapitre avec la ferme intention de moderniser l’Afrique, rompant ainsi avec la tradition anti-impérialiste.

Les bourses ont anticipé ce changement. Espérons qu’elles ne se trompent pas !