La vie dans le bassin genevois à la loupe

L’Observatoire statistique transfrontalier, qui réunit l’Office cantonal de la statistique de Genève et l’Insee Auvergne-Rhône-Alpes, vient de publier une étude sur les conditions de vie des habitants des 31 territoires de vie qui composent le bassin genevois, côté suisse et côté français.

Une étude intitulée « Les conditions de vie dans le bassin genevois » vient d’être publiée par l’Observatoire statistique transfrontalier (OST). Une vingtaine de pages qui permettent de mesurer combien la vie des habitants de ce territoire transfrontalier est façonnée par ses particularités. Ils profitent en effet d’un environnement naturel encore agréable, mais qui tend à être transformé par une rapide urbanisation liée à l’attractivité de Genève, laquelle concerne aussi le versant français du territoire. De ce fait, de nombreux travailleurs sont incités à s’installer en France.

La voiture toujours reine

« L’effet frontière reste fort pour les pratiques de déplacements liés au travail » constatent les auteurs de l’étude. Si l’usage des transports collectifs est très répandu côté suisse, partie du territoire dotée d’un réseau dense et performant, il l’est beaucoup moins côté français. Les résidents français sont contraints d’utiliser plus fréquemment leur voiture, et leurs trajets domicile-travail prennent souvent plus de temps qu’en moyenne régionale. A la fois frontaliers et navetteurs, huit actifs transfrontaliers sur dix utilisent en effet leur voiture, notamment pour se rendre à Genève (80%). Mais on ne relève pas de différences notables entre ceux qui viennent de Haute-Savoie et ceux qui arrivent de l’Ain.

L’OST relève par ailleurs que l’essor démographique se poursuit à un rythme intense : on comptabilise ainsi plus de 21 160 nouveaux arrivants en un an dans le Genevois Français ( au 1er janvier 2013). Beaucoup – 7460- sont des étrangers qui vivaient pour moitié d’entre eux en Suisse. Mais le développement des activités des multinationales basées à Genève attirent des travailleurs des cinq continents : 2230 sont en provenance du reste de l’Europe, 500 du continent américain, 400 d’Asie, 380 d’Afrique et une centaine, d’Océanie.

Source: Observatoire statistique transfrontalier

Au regard des échanges avec le reste de la France métropolitaine, l’étude souligne, en outre, que le Genevois français a enregistré pour la même période, 13 540 arrivées pour 10 320 départs. Quant à l’emploi, il stagne en France mais progresse en Suisse. En 2014, l’emploi salarié en France métropolitaine stagne alors que l’emploi non salarié progresse de + 1,3 %. Dans le même temps, il augmente légèrement en Auvergne-Rhône-Alpes (+ 0,3%) mais ralentit en Suisse (+ 1%). Et dans le Genevois français la hausse de l’emploi est restée vive (+2,1 % pour l’emploi salarié en 2013).

Manque de médecins

D’autres domaines d’intérêt général , tels que le logement ou la santé sont également passés au crible par l’étude de l’Observatoire statistique transfrontalier. Avec un constat : les habitants du bassin genevois, structuré autour des deux pôles urbains de Genève et d’Annemasse, accèdent facilement aux équipements du quotidien. Toutefois, dans le Genevois français, l’accessibilité à la médecine générale s’avère inférieure de près de 30 % à celle observée au niveau national. Des déficits sont également recensés pour les médecins spécialistes ainsi que pour les autres professions médicales. Les temps d’accès aux services d’urgences y sont plus longs, en tenant compte, cependant de la prise en charge par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Reste que la population du territoire bénéficie, en moyenne, d’un bon état de santé. Enfin, les conditions de vie sont également liées au niveau de vie des habitants, à leur situation familiale et leur emploi. Le chômage touche dans des proportions similaires les versants suisse et français. Le revenu médian des habitants du bassin genevois est très élevé, même s’il l’est moins dans le Genevois français que dans le canton de Genève. Cependant, les écarts s’atténuent si l’on tient compte des différences de coût de la vie.

Créé à l’initiative du Comité régional franco-genevois, l’OST est mis en œuvre par plusieurs institutions statistiques : l’OCSTAT à Genève, l’INSEE Auvergne-Rhône-Alpes, Statistique Vaud. Il couvre les départements de l’Ain et de la Haute-Savoie, les cantons suisses de Genève et Vaud. Il a été institué en 2001dans la perspective de l’entrée en vigueur des accords bilatéraux afin d’en mesurer les effets.

Pour en savoir plus : la publication est téléchargeable gratuitement sur le site internet de l’Observatoire statistique transfrontalier : www.statregio-francosuisse.net

A propos de l'auteur

GROUPE ECOMEDIA

GROUPE ECOMEDIA, c'est le groupe de presse économique de Savoie Mont Blanc (74 et 73), de l'Ain (01), du Nord Isère (38) et de la région lémanique trans-frontalière avec Genève et les cantons romands.

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