La Fédération interprofessionnelle du bois de l’Ain a organisé des visites de chantiers pour faire connaître au grand public les métiers et les enjeux de l’exploitation forestière.

Il s’agit moins de susciter des vocations que d’expliquer au grand public pourquoi et comment l’on exploite la forêt, de tordre le cou aux conceptions erronées qui font parfois naître des conflits d’usage. La Fédération interprofessionnelle du bois de l’Ain organisait, les 27 et 28 août, une opération « Vis ma vie de bûcheron » à travers des visites de chantiers forestiers, le premier jour en forêt de Seillon, à Péronnas, le deuxième sur le Plateau d’Hauteville.

Une forêt, des fonctions

« Forêt domaniale périurbaine de 600 hectares, Seillon est remarquable par la qualité et le type de son peuplement, avec des futaies régulières qui permettent de produire des bois très homogènes et très facilement valorisables, mais qui, au moment du renouvellement des parcelles, génèrent des coupes importantes, généralement mal perçues par le public, a exposé David Pivot, technicien forestier de l’ONF. Mais, nous avons aussi des futaies irrégulières. On trouve principalement ici, du chêne sessile, mais aussi du hêtre, du charme et du chêne rouge. Outre une fonction économique, la forêt de Seillon remplit un rôle social d’accueil du public et un rôle de protection du milieu et de la biodiversité. La nappe phréatique qui alimente la ville de Bourg, notamment, se trouve dessous. Notre rôle est de gérer la forêt de manière à lui permettre d’assumer au mieux, ces différentes fonctions. Nous travaillons principalement en régénération naturelle. Mais avec le réchauffement climatique, sur certains secteurs plus secs, nous réfléchissons à apporter d’autres essences ou des chênes issus de régions plus au sud. » Et le technicien de briser un mythe : « Le peuplement de Seillon est complètement artificiel. L’essence naturelle d’une forêt de ce type serait le hêtre. Le chêne est devenu majoritaire sous l’influence des chartreux, qui s’en sont vus confier la gestion, il y a plus d’un millier d’années. »

Vis ma vie de bûcheron, chantier forestier

L’enjeu principal de cette opération “Vis ma vie” est de faire connaître au grand public, les enjeux de l’exploitation forestière, pour une meilleure cohabitation des usages.

Économie et biodiversité

Le chantier présenté concerne une parcelle de 8,5 hectares. Après une opération de martelage, de désignation des arbres à abattre, l’exploitation se fait en trois temps. « Nous commençons par exploiter le bois de chauffage, par retirer les arbres les plus petits, sous la canopée des plus grands, a poursuivi David Pivot. Nous extrayons ensuite le bois d’œuvre. Et nous terminons par les houppiers. Une partie des bois est laissée sur place, pour la régénération des sols. Le reste est distribué principalement aux scieurs de la région. Il s’agit essentiellement de faire de la place pour les arbres que nous souhaitons conserver. En bois d’œuvre, nous avons retiré des arbres de 100 à 120 ans, qui n’étaient pas arrivés à maturité, mais étaient gênés dans leur développement par les autres. » Certains bois ont perdu leur valeur économique, mais sont tout de même conservés pour leur intérêt pour la biodiversité. Les arbres creux, par exemple. « Notre principale contrainte d’exploitation, c’est le respect des sols, a relevé encore le technicien forestier. Nous sommes sur une terre limoneuse, très dure, en ce moment que le temps est sec. Mais, une semaine de pluie et les engins s’enfoncent. »

Vis ma vie de bûcheron

Le public a ensuite pu échanger avec le bûcheron et l’entreprise de travaux forestiers. Deux prestataires indépendants qui ont présenté leur métier. « Être bûcheron, ce n’est pas juste faire tomber un arbre à la tronçonneuse. Si vous calculez mal la chute du tronc, le bois peut se fendre et perdre toute sa valeur », devait conclure David Pivot.

Fibois 01 renouvellera cette opération « Vis ma vie… » sur le secteur d’Oyonnax, mercredi 21 octobre.


Par Sébastien Jacquart

Une Eco de l'AinCet article vient en complément du papier paru dans le magazine ECO de l’Ain du 3 septembre 2020, sur les enjeux de la forêt privée. Pour retrouver l’intégralité des articles de notre hebdomadaire, mais aussi nos suppléments et hors-séries, c’est ICI et ICI.