Alors que Chamonix (Les Houches) s’apprête à accueillir de nouvelles épreuves de coupe du monde de ski alpin ce week-end, rétrospective sur les premiers Jeux Olympiques d’hiver, en 1924, dont la capitale de l’alpinisme… et des sports d’hiver va célébrer le centenaire tout au long de l’année.
La Maison de la mémoire et du patrimoine de Chamonix accueille, jusqu’au 15 mars 2025, une très belle exposition rétrospective. Mention spéciale aux archives vidéo exceptionnelles qui permettent de plonger dans l’ambiance pittoresque des épreuves ! La Maison de village d’Argentière présente, elle, jusqu’au 29 juin 2024, des athlètes chamoniards ayant marqué l’histoire des JO d’hiver (chaque édition a toujours compté des locaux parmi les concurrents).
Chamonix 1924, les premiers Jeux olympiques d’hiver est le titre du livre anniversaire consacré à l’événement par les éditions Glénat en partenariat avec la ville de Chamonix. Signe particulier : édité en anglais et en français, il a intégré la collection Héritage du Comité international olympique et se vend dans les musées olympiques du monde entier.
Ce 25 janvier 1924, la température est glaciale, mais le soleil brille au pied du mont Blanc. Après une semaine de conditions atmosphériques déplorables, laissant imaginer une annulation pure et simple de l’événement, la Semaine internationale de sports d’hiver de Chamonix-Mont-Blanc*, organisée « sous le haut patronage du Comité international olympique à l’occasion de la célébration de la VIIIe Olympiade de l’ère moderne », démarre en fanfare.

Elle s’étendait sur 36 000 m². Photo : Auguste Couttet / Archives municipales de Chamonix-Mont-Blanc – Fonds Gay-Couttet
260 athlètes
Entre la mairie et le parc olympique, qui abrite alors l’immense patinoire à ciel ouvert, le cortège réunit les officiels, le Syndicat des guides, et, derrière leurs porte-drapeau respectifs, les 260 participants (13 femmes et 247 hommes de 16 nations) qui, jusqu’au 5 février, en découdront dans neuf disciplines : hockey sur glace, patinage de vitesse, patinage artistique, curling, bobsleigh, ski de fond, saut à ski, combiné nordique et ski militaire, ancêtre du biathlon. Les joueurs de curling défilent avec leur balai, les patineurs avec leurs patins autour du cou, les skieurs militaires en uniforme…
Une parenthèse joyeuse débute ainsi, en cette période encore lourde d’après-guerre ; parenthèse suivie par 80 journalistes et plus de 10 000 spectateurs.

Photo : Hélène Vermare
Pour l’occasion, Chamonix a notamment dû construire, en un temps record, une immense patinoire de 36 000 m2 sur les bords de l’Arve, un tremplin de saut non loin du glacier des Bossons, mais aussi une piste de bobsleigh. Technique et très rapide, cette infrastructure, dotée de huit virages majeurs avec réservoirs d’eau pour le glaçage, est édifiée, sur 1 500 mètres de long, à proximité du funiculaire aérien de l’Aiguille-du-Midi, au lieu-dit Les Pèlerins.
S’il ne reste rien du premier équipement, il est en revanche toujours possible de partir sur les traces des suivants et de se plonger dans l’ambiance.
La gare des Glaciers tout d’abord. Situé aux Pèlerins, c’était la gare de départ du fameux funiculaire de l’Aiguille-du-Midi, imaginé dès 1910 pour une clientèle touristique plutôt bourgeoise. S’il reste encore fermé au public en 1924, « la benne de service a servi lors des JO, pour acheminer les équipages et les bobsleighs jusqu’au point de départ », témoigne Denis Cardoso, vrai passionné de l’histoire des transports par câble dans la vallée. « La piste avait été volontairement construite à proximité de la remontée. »
La piste, justement, sera utilisée jusqu’en 1951, puis fermée à la suite d’un terrible accident mortel. « Dans la forêt au-dessus des Pèlerins, subsistent encore quelques virages construits en pierres sèches, en particulier le fameux virage Jacques-Balmat. »
Quant au tremplin de saut à ski du Mont, livré le 20 décembre 1923, aux Bossons, il reste encore ponctuellement utilisé aujourd’hui. « C’est l’un des plus beaux au monde, avec l’aiguille du Midi à sa gauche », assure Henri-François Morand, président de la section “saut à ski” du Club des sports de Chamonix.
« En 1924, il a accueilli les concours du saut spécial et du combiné nordique. Le saut le plus long était alors de 49,50 mètres. Le record du tremplin est actuellement de 110 mètres, détenu par deux Français. C’est rare de voir un équipement olympique des années 20 toujours utilisé ! »
Pour boucler la boucle, un détour par la salle des pas perdus de l’actuelle gare du téléphérique de l’Aiguille-du-Midi s’impose enfin, pour découvrir la cabine n°1 du funiculaire initial, entièrement restaurée.

Temps forts
Plusieurs temps forts au programme : le 16 mars notamment, cérémonie officielle et populaire des 100 ans ; le 23 juin, relais de la flamme olympique de Paris 2024… Du 2 au 4 février, lors de la Coupe du monde de ski alpin du Kandahar, aux Houches, seront par ailleurs fêtés les 100 ans de la Fédération internationale de ski, créée à Chamonix lors des JO de 1924.

L’ouvrage
Chamonix 1924, les premiers Jeux olympiques d’hiver est le titre du livre anniversaire consacré à l’événement par les éditions Glénat en partenariat avec la ville de Chamonix. Signe particulier : édité en anglais et en français, il a intégré la collection Héritage du Comité international olympique et se vend dans les musées olympiques du monde entier.









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