En septembre et octobre, le théâtre historique de Chambéry célèbre son bicentenaire, entre mémoire et festivités.
« Nous avons souhaité une programmation la plus ouverte possible, vers les Chambériennes, les Chambériens et vers la ville », introduit Thierry Repentin, maire de la cité ducale, au moment d’évoquer les célébrations du bicentenaire du théâtre Charles Dullin (qui doit son nom, depuis 1978, à un homme de théâtre français du XXe siècle, originaire de Savoie).
Le budget consacré à l’événement s’élève à 130 000 € : concerts, visites du théâtre mais aussi exposition au Musée des Beaux-Arts et sélection d’archives à découvrir à la médiathèque Jean-Jacques Rousseau sont au programme. Sans oublier l’animation des façades grâce à un video mapping conçu en local (lire encadré).
Les murs séculaires du théâtre ne désemplissent pas : il a ainsi accueilli plus d’un quart des 170 représentations proposées par Malraux Scène nationale l’an dernier : 47 levers de rideau (34 spectacles). À ces rendez-vous s’ajoutent de nombreuses prestations scolaires et le reste du temps les planches résonnent du rythme des répétitions.
Ce qui fait dire à la directrice de Malraux, Frédérique Payn : « Le théâtre Charles Dullin n’est jamais vide. Son superbe plateau, le studio à l’étage, les loges, l’incroyable acoustique… c’est un format idéal de répétition et de création artistique ». L’exploitant, Malraux Scène nationale, compte 33 permanents -50 ETP avec les intermittents et les agents d’accueil – pour 6M€ de budget.
« Il est difficile de concevoir aujourd’hui que le théâtre Dullin était le seul lieu de représentation pour les tournées, les galas de danse et de gym, les concerts… », relève quant à lui Jean-Pierre Casazza, maire-adjoint à la culture et à l’éducation populaire. « De cette riche programmation est née la Maison de la Culture, puis la Scène nationale. »
Lorsqu’en 1820, le comte de Boigne finance la reconstruction du théâtre, il investit en faveur d’une culture qualitative… qui se vérifie toujours, deux siècles plus tard.
Un peu d’histoire…
Érigé entre 1820 et 1824 sous la monarchie sarde, l’édifice qui se nomme alors « théâtre royal » est ravagé par un incendie en 1864. Seuls le rez-de-chaussée et les fondations survivent ainsi que, miraculeusement, le rideau de toile peinte datant de 1824 (photo) toujours en service. Rouvert en 1866, ce magnifique théâtre “à l’italienne” conçu comme une miniature de la Scala de Milan, est classé aux Monuments historiques en 1986.








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