En un peu plus de 35 ans, le Montreux Comedy Festival, dont la prochaine édition se déroule du 12 au 22 novembre prochain, est passé d’un festival local à une marque globale. Une success story qui compte cinq festivals et s’écrit sur trois continents.
« Comme beaucoup de belles histoires, le Montreux Comedy Festival a commencé un peu par hasard, se souvient Grégoire Furrer, son fondateur et actuel patron. C’était en 1990. J’avais 21 ans, j’étais étudiant à la Haute école de commerce de Lausanne et j’avais organisé un premier événement pour présenter certains de mes copains qui faisaient du one-man-show. J’avais appelé l’événement « festival » pour lui donner de l’ampleur. En fait, c’était un peu un défi d’étudiant. »

Aujourd’hui, le Montreux Comedy est une marque francophone mondiale avec cinq festivals répartis en Europe – Lille, Liège -, en Amérique du Nord, à Montréal et en Afrique. « Je viens de rentrer du Bénin où nous avons un projet en cours. En fait, nous sommes les seuls à pouvoir opérer sur trois continents. J’ai les équipes pour le faire. »
Dès le début, Grégoire Furrer est convaincu que l’humour n’est pas régional, comme beaucoup le pensaient. « L’humour n’a pas de frontière, ce qui est drôle ici l’est ailleurs, mais il a fallu convaincre. De plus j’étais convaincu, ce qui n’était pas évident à l’époque, que l’humour doit s’imaginer sur la scène et dans les médias. Une bonne vanne touche les milliers de personnes qui sont dans la salle, mais mon idée était d’aller plus loin. Or, à l’époque on ne mélangeait pas la scène et la vidéo. »
Dès 1995, le Montreux Comedy, qui s’appelle alors le Festival du rire de Montreux, est diffusé à la télévision française, sur France 3, et dès le début des années 2000 sur la RTS. La diffusion ne cesse de l’élargir et en 2009, le Montreux Comedy lance sa chaîne sur youtube. « C’est un moyen de révéler des talents, souligne Grégoire Furrer. En 2020, par exemple, l’humoriste français Paul Mirabel s’est fait connaître par son passage à Montreux. Sa prestation a été vue 26 millions de fois et il est devenu une star du jour au lendemain. »
Pas de business model
Avec environ 150 000 billets vendus par année, tous projets confondus, un chiffre d’affaires entre 10 et 15 millions de francs et huit millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, le Montreux Comedy est un succès. Pourtant, comme le souligne son fondateur, il ne repose pas sur un business model précis.
« Aujourd’hui encore nous n’avons pas un business model clair parce que nous sommes des défricheurs de territoire. J’ai une machette, je vais dans la jungle et je fais mon chemin en essayant de structurer tout cela en même temps. Mon business model est complexe car il s’appuie sur plusieurs éléments. Il y a les fonds locaux avec des partenaires régionaux comme les mairies, les villes et des sponsors, ce qui demande énormément d’énergie. Il y a la billetterie avec une communauté qui se déplace de plus en plus de Lille à Montreux, par exemple, et les revenus générés par les contenus. »
Le développement futur passera par une meilleure monétisation globale du festival. « Il y a une marge d’amélioration », analyse Grégoire Furrer.
Repères en chiffres
Date de fondation : 1990
Siège : Montreux
Chiffre d’affaires : 10 à 15 millions de francs par an
Collaborateurs : 40 dans le monde
Festivals : 5
Nombre de spectateurs : environ 25 000 à Montreux
Odile Habel
Cet article est issu de notre magazine L’Extension Automne 2025, disponible gratuitement au format liseuse en ligne ici >>









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