Le tour de table de 19,4 millions d’euros bouclé par la société savoyarde Lexip (ex-Pixminds) lui permet de viser les 20 millions de chiffre d’affaires d’ici à trois ans.
La partie qui s’engage pour Lexip (ex-Pixminds) s’annonce prometteuse et devrait lui permettre de quintupler son chiffre d’affaires d’ici trois ans, pour atteindre les 20 M€.
Pour y parvenir, la société savoyarde, qui vient d’adopter le nom de sa marque de périphériques et accessoires, Lexip, a rassemblé autour d’elle des partenaires de la tech, de la finance et de l’industrie de l’édition, pour un tour de table qui s’élève au total à 19,4 M€.
« La levée de fonds s’effectue via des obligations convertibles à échéance 2031, qui seront rémunérées in fine. Elle nous permet de nous renforcer tout en conservant notre indépendance de PME », souligne Hugo Loi, son directeur général et vice-président.
Une vingtaine de brevets déposés
Cet apport est utilisé, pour moitié, pour solder la dette bancaire souscrite ces dix dernières années afin de financer les travaux de recherche et renouveler des propriétés de licence.
Riche de 109 références, le portefeuille de Lexip comprend notamment Les Sims, Naruto, Batman, Superman, etc. « Nous avons déposé plus d’une vingtaine de brevets depuis 2015, ce qui nous a donné un profil très visible sur le marché. Nous sommes les seuls à être en capacité d’offrir certaines solutions. C’est le ticket d’entrée pour travailler avec des acteurs comme Ubisoft ou Sony », ajoute Hugo Loi.
Exemple avec une gamme d’accessoires (claviers, casques, tapis, souris…) dont la matière et le processus unique de fabrication représentent un manche de katana, au plus grand bonheur des fans du jeu vidéo Assassin’s Creed Shadows, qui se déroule dans le Japon du XVIe siècle.
Travail avec des Esat
Lexip, qui se charge de l’ensemble du développement et du design confie l’assemblage à des établissements et services d’accompagnement par le travail (Esat) implantés dans la région. En stoppant son métier de grossiste (achat et revente de produits), la société a ramené son chiffre d’affaires à 3,65 millions en 2024 (il atteignait les 15 millions en 2019), avec une trentaine de salariés.
Désormais centrée sur ses activités à plus forte valeur ajoutée, elle compte bien se réengager dans une stratégie de croissance avec des marges plus substantielles.
Trois décennies de développements
L’origine de Lexip se situe dans les années 1990, à Chambéry, avec un magasin, Ludotec, spécialisé dans la vente de consoles et de jeux vidéo neufs et d’occasion. À l’époque, Lionel Chataignier, son fondateur, avait tout juste 24 ans et seulement 50 000 francs en poche, mais il contacte directement Sony pour acheter les consoles dernier cri et les écrans les plus grands du marché. La stratégie fonctionne : bien avant l’émergence des réseaux sociaux, le magasin réussit à fédérer une communauté de passionnés de jeux vidéo.
Après l’ouverture de quatre autres magasins, Lionel Chataignier se lance en tant que grossiste, avec E-Concept, puis crée Pixminds Innovation, dédiée au développement de produits propres comme les bornes Arcade. Il détient actuellement 34 % du capital de la société, le management 26 %. Les 40 % restants appartiennent au fonds d’investissement Maelo Chambéry, entré à son capital en 2018 à hauteur de 2,5 M€.
Sophie Boutrelle
Crédit photo : ©2024 Ubisoft Entertainment. All Rights Reserved









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