L’entreprise solidaire du bassin annécien se voit contrainte de modifier son modèle pour des contraintes budgétaires.
Faire autant avec moins. Tel a été le casse-tête de fin d’année pour de nombreuses structures d’insertion par l’activité économique confrontées à une baisse de 14 % de l’aide au poste attribuée par l’Etat pour mener à bien leur mission. Solal, Solution locale et solidaire de services, basée à Annecy, n’a pas échappé à ces coupes et s’est en conséquence réorganisée pour poursuivre son action en faveur des plus défavorisés d’entre nous.
« L’idée était de maintenir le nombre de postes de manière à toujours pouvoir aider autant de monde, explique Perrine Metral, sa directrice. En revanche, nous proposerons désormais moins de postes très aidés par l’Etat au sein de notre chantier d’insertion, au profit de notre entreprise d’insertion dont l’équipe va passer d’un équivalent temps plein (ETP, NDLR) à quatre. » Ce qui signifie, en d’autres termes, que les profils les plus éloignés de l’emploi seront également les plus grands perdants, avec moins de possibilités de travail.
Solal, qui agit depuis 35 ans dans un large périmètre autour d’Annecy (de Cruseilles à Faverges en passant par l’Albanais et Seyssel), réalise trois types de missions différentes. La première d’entre elles consiste à mettre du personnel à disposition de particuliers, d’entreprises, de syndics ou de collectivités, de façon fixe ou temporaire, pour des travaux très variés (ménage, renforcement d’équipes de cantines, veille nocturne, jardinage, bricolage, manutention, etc.).
Plus de 40 % des salariés concernés ont plus de 50 ans et ont déjà travaillé, disposant ainsi des codes nécessaires à une intégration rapide. « Cette activité touche environ 220 personnes par an et représente entre 25 et 30 ETP. Elle nous permet de réaliser les deux tiers de notre chiffre d’affaires global, soit 1 M€ », précise-t-elle. Le reste provient du chantier d’insertion (220 000 €) et de l’entreprise d’insertion (50 000 €).
Le chantier est une ressourcerie située à Giez, dénommée le Galta. Elle accueille une trentaine de personnes par an (entre 9 et 10 ETP), particulièrement fragilisées en termes de reprise d’emploi. Encadrées par deux permanents (sur les 10 que compte l’association), elles pèsent les collectes, les trient et les répertorient par atelier (livres, vaisselle, jouets, meubles, électroménager, bricolage, etc.) avant de leur redonner un coup de jeune et de les mettre en valeur dans le magasin adjacent.
« Nos ventes sont en croissance et nous avons pour projet de racheter ces locaux à la communauté de communes des Sources du lac cette année. » Un gros investissement qui devra s’accompagner de 500 000 à 700 000 € de travaux, à réaliser par phases.

La troisième activité de Solal vient en complément de la ressourcerie. Créée depuis fin 2024, elle consiste, sous la forme d’une entreprise d’insertion, à proposer un service de débarras et de collecte auprès de particuliers ou de professionnels (notaires, agences immobilières, syndics de copropriété…). « Nos équipes vident des maisons ou des bureaux de A à Z puis, ce qui peut être valorisé est trié au Galta. »
L’idée, pour 2026, est donc de monter en puissance sur cette prestation, en passant d’un ETP à quatre et d’un camion à deux. « Nous avons de la demande », assure-t-elle. En corollaire, le nombre de personnes travaillant au Galta – postes davantage aidés par l’Etat – sera diminué. « C’est une transition obligatoire pour pouvoir continuer à répondre à nos préoccupations d’insertion dans un contexte de restriction budgétaire », conclut-elle, non sans regretter cette situation qui pénalise les plus fragiles.
Maraîchage
En juillet dernier, Solal et la Ville d’Annecy ont dû conjointement renoncer à un projet de chantier d’insertion en maraîchage à Meythet, pour cause de baisse des financements de l’Etat de l’insertion par l’activité économique. Le chantier nécessitait 10 à 12 ETP, ce qui n’était plus envisageable dans ces conditions budgétaires.








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