À La Ravoire, l’association reGarde collecte et transforme les meubles provenant d’hébergements touristiques pour les revendre aux professionnels. Un cercle vertueux visant à réduire les déchets et à créer de l’emploi.
Lorsque Sarah Thomas-Rutter fonde reGarde, en janvier 2026, c’est avec l’objectif de mettre en place une filière de réemploi en Pays de Savoie. « En France, chaque année, 250 000 tonnes de mobilier professionnel sont achetées et 130 000 jetées ! Mais une tonne de mobilier réemployé équivaut à 1,35 tonne de CO2 en moins… », pointe la présidente, qui a été consultante chez Solucir avant de lancer son projet, en 2024, basé sur une étude de faisabilité avec Les Chantiers valoristes, soutenue financièrement par l’Ademe et la fondation EDF.
Si le statut d’association a été adopté au départ, « nous avons l’intention de créer une société coopérative d’intérêt collectif (Scic) afin d’intégrer d’autres acteurs publics et privés (entreprises de la filière, collectivités, etc.) », dit-elle. Avec pour mission de réduire, dans les Savoie, les déchets issus de l’hébergement touristique (résidences de tourisme, hôtels…), mais aussi de créer de l’activité économique en faveur, notamment, des structures d’insertion.
Collecter pour revaloriser
Pour l’heure, reGarde collecte uniquement le mobilier de salon (fauteuils, canapés, bibliothèques, petites tables, etc.). Dernièrement, elle a été contactée par Pro BTP-Vacances. « Cet exploitant possède, entre autres, une résidence de tourisme de 135 appartements aux Carroz-d’Arâches, qu’il souhaite vider de son mobilier pour le renouveler », se réjouit Sarah Thomas-Rutter.
Il est question, au total, de 30 tonnes de meubles à évacuer (dont 8 t de meubles de salon). La présidente mise sur ce secteur pour collecter le plus possible. Le groupe chambérien Madame Vacances s’est dit aussi intéressé.
Le mobilier est ensuite stocké dans l’atelier de l’association, qui sert aussi d’entrepôt, à La Ravoire (73). Pour coller à la demande de la clientèle quant au choix du bois et des matières écoresponsables, il n’est transformé et valorisé qu’une fois la commande passée.
« Nous travaillons, pour cela, avec plusieurs structures d’insertion comme Les Chantiers valoristes, Espoir 73, un Esat et l’atelier de couture Lapsuss, selon un cahier des charges précis pour garantir la qualité du travail », explique la fondatrice, qui les accompagne aussi dans la recherche de financements pour la formation et l’achat de machines. « Au-delà d’être des prestataires, ce sont de vrais partenaires », insiste-t-elle.
Achat et location
Les meubles sont vendus aux professionnels, comme les entreprises et, pourquoi pas, des établissements touristiques. Par ailleurs, l’association répond à des appels d’offres des collectivités (tenues d’acheter 20 % de leur mobilier en réemploi, selon la loi Agec) et sollicite les sociétés qui ont mis en place une charte d’achats responsables. Elle envisage également, dès l’an prochain, de se lancer dans la location de mobilier pour l’événementiel et l’hôtellerie.
« Nous avons été retenus pour équiper les espaces “conférences” sur le salon HorecAlpes, qui se tiendra à La Roche-sur-Foron fin mars », sourit la présidente de ReGarde.
Pour aller jusqu’au bout de sa démarche d’économie circulaire et solidaire, l’association propose de coordonner la collecte de mobilier avec d’autres acteurs locaux du réemploi (Emmaüs, Les Scouts de Cluses…) et donne à des associations humanitaires, « afin que rien ne se perde et que chacun puisse en bénéficier, tout en réduisant les déchets », assure Sarah Thomas-Rutter.
La structure, qui compte huit membres actifs et veut recruter, vise un chiffre d’affaires de 100 000 € cette année et de 320 000 € d’ici trois ans.

Patricia Rey
Photo Une : Sarah Thomas-Rutter, fondatrice et présidente de l’association reGarde – crédit reGarde








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