Attractivité : les multinationales moins sensibles aux sirènes helvètes

Attractivité : les multinationales moins sensibles aux sirènes helvètes

Selon une étude, la suisse ne serait plus que la troisième destination favorite des multinationales souhaitant installer leur siège social en europe, alors qu’elle était la première il y a dix ans.

La Suisse est-elle en train de payer son manque d’ancrage avec l’Union européenne (UE) ? Selon une nouvelle étude intitulée Suisse, réveille-toi, menée auprès de plus de 120 directeurs généraux par la société d’audit McKinsey et la Chambre de commerce Suisse-États-Unis, le pays n’est plus la destination favorite des multinationales en Europe, position enviable qu’elle détenait encore en 2009.

Aujourd’hui, les Pays-Bas et l’Irlande lui sont préférés, et la Suisse recule à la troisième place, suivie par le Royaume-Uni, qui a chuté d’une place. La part de marché de la Confédération est passée de 27 % en 2009-2013 à 19 % en 2014-2018.

« Parmi les multinationales qui quitteront le Royaume- Uni après le Brexit pour s’installer dans un autre pôle européen, aucune n’a choisi la Suisse comme nouveau lieu d’implantation », déplore le rapport. Par ailleurs, a  l’échelle mondiale, la Suisse fait face à la concurrence d’autres pôles d’implantation très dynamiques : Singapour et Dubaï.

Selon l’étude, le pays a manqué les opportunités liées à la re-domiciliation de grandes multinationales de secteurs à forte croissance, comme Netflix, Uber, Tesla, Kraft Heinz, Uniqlo et Panasonic, qui se sont installés aux Pays-Bas, ou encore Airbnb, Dropbox, LinkedIn et Twitter qui ont élu domicile en Irlande. « La Suisse n’attire pas les grandes entreprises mondiales de technologie et les entreprises chinoises. »

Accords bilatéraux avec l’Union Européenne

Par ailleurs, les multinationales déjà en Suisse ont commencé a  déplacer des activités a  l’étranger, pour « développer ou déplacer des centres de compétences, centres d’analyse de données et centres pour l’intelligence artificielle par exemple, hors de Suisse ».

L’étude met en avant plusieurs facteurs pour expliquer ce désintérêt, notamment le manque de disponibilité de talents et le faible quota de permis de travail accordé à la main-d’oeuvre en provenance de pays tiers. Elle évoque également la perception d’un manque d’ancrage du pays dans le marché intérieur européen.

Pour améliorer son attractivité, « le pays va devoir prendre des décisions importantes concernant des sujets tels que les accords bilatéraux avec l’UE, la proposition de réforme de la fiscalité suisse, les accords de libre-échange transatlantiques (États-Unis-UE et États-Unis- Suisse) », conclu le rapport. Il doit aussi revoir « le régime d’immigration pour les talents hautement qualifiés et très demandés ».


Par Romain Fournier

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