Conjoncture : pourquoi l’économie régionale a ralenti

Conjoncture : pourquoi l’économie régionale a ralenti
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Selon l’INSEE Auvergne-Rhône-Alpes, l’économie régionale enregistre au premier trimestre 2018 un léger coup d’arrêt consécutif à une année 2017 très, ou trop, dynamique. Explications…

«On a vécu, globalement, une année 2017 particulièrement dynamique, à la fois sur les plans national et international, avec un impact sur l’économie régionale. Le début d’année 2018 l’est moins.., son taux de croissance est un peu plus faible », explique Jean- Philippe Grouthier, directeur de l’Insee Auvergne-Rhône-Alpes. La dernière lettre « Conjoncture » que L’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques régional qu’il dirige a publiée, fait état, en effet, d’un léger ralentissement, conséquence plus ou moins attendue, selon lui… « On était arrivé au second semestre 2017 à des rythmes qui n’étaient pas loin des 3 % annuels et une croissance qui, probablement, n’était pas soutenable sur le long terme. »

« Qu’il y ait un ralentissement, poursuit-il, c’est un effet purement mécanique qui fait que quand vous roulez à plus de 130 km/h sur l’autoroute, vous avez plus de chances de ralentir que de continuer à accélérer ! ». Entre 2016 et 2017, une expression revenait souvent dans la bouche des observateurs pour expliquer cette période un peu plus faste, le fameux « alignement des planètes ». Tout, ou presque, souriait à l’économie dans une période où les prix du pétrole étaient particulièrement bas, où la politique monétaire ne pouvait être plus accommodante et expansionniste, ou l’euro avait tendance à baisser et concurrencer ainsi le dollar. Bref, à divers échelons, toute une série de facteurs qui accéléraient la croissance. « Si je voulais être un brin provocateur, je dirais que la conjoncture de la région, quelque part, c’est un objet qui n’existe pas ! Il y a une conjoncture nationale ou internationale, et elle trouve une traduction dans l’économie de la région », confesse Jean-Philippe Grouthier.

Faible impact des grèves et du mondial

Fin 2017, début 2018, ces mêmes facteurs ont tenu un peu de l’inverse de « l’alignement des planètes ». Le prix du pétrole a fortement augmenté. L’euro également, freinant, quelque peu, l’activité économique. On pense à l’aéronautique qui pèse lourd dans les exportations, où les prix de vente sont entièrement libellés en dollar et les coûts de production en euro. Ce coup de frein qui s’est observé aux plans national et international, s’observe à présent au plan régional. La dynamique se poursuit, certes, mais plus à rythme aussi soutenu…

Selon l’INSEE, un deuxième élément vient corroborer cet état de fait et que l’on peut qualifier de ponctuel : « une certaine atonie de la consommation ». Elle proviendrait du nombre de prélèvements ou d’augmentations qui a eu lieu début 2018 et des mesures compensatoires dont les effets escomptés ne seront visibles qu’au second semestre. « Typiquement, c’est, d’un côté, la croissance de la CSG et de l’autre, la suppression, pour une part importante de la population, de la Taxe d’habitation, voire, certaines baisses de cotisations sociales. Mécaniquement, cela pèse sur la consommation ! On pourrait également évoquer un autre facteur très ponctuel, celui des grèves. On a toujours l’impression que ça impacte l’économie, mais, d’un point de vue macro économique, c’est toujours extraordinairement limité. C’est d’ailleurs la même chose concernant la victoire de la France à la Coupe du Monde de football », précise avec un peu d’ironie le responsable régional de l’INSEE.

Mais ce qui pourrait, selon lui, ralentir la croissance au second semestre 2018, ce sont les tensions qui apparaissent sur les capacités de production, en particulier en Allemagne, mais aussi en France : « Dans une échéance de 5 à 10 ans, le manque de main-d’oeuvre pourrait se révéler un facteur limitant de la croissance économique ». Même si la prévision de croissance pour la France reste à 1,7 %, avec un ralentissement au premier semestre et un redémarrage contenu au second, l’emploi total s’accroitrait moins vite que précédemment. A cela, une explication parmi d’autres : les dizaines de milliers d’emplois aidés qui ne sont plus. « On en crée beaucoup quand la conjoncture économique est faible et on fait strictement l’inverse quand elle est meilleure ! Les emplois aidés jouant parfaitement leur rôle contracyclique ! », explique le directeur régional de l’INSEE qui se veut, malgré tout, résolument confiant, si tant est que « ralentissement ne veut pas dire récession… »

Les microentreprises ont le vent en poupe

Plus de 19 500 entreprises ont été créées en Auvergne-RhôneAlpes lors du premier trimestre 2018, essentiellement localisées dans le Rhône (sources INSEE ARA). Ce nombre augmente continuellement depuis un an et demi et atteint un niveau record depuis 2000. En hausse de 4,7 % par rapport au trimestre précédent, les créations d’entreprises progressent dans tous les secteurs d’activité. Les services représentent le plus gros volume (11 400 créations) ainsi que la plus forte augmentation sur un an (+18,5 %). Toutefois, c’est dans la construction et le commerce que la hausse est la plus forte sur le trimestre (+5,9 % et +4,8 %).

Défaillances en baisse

Les créations de micro-entreprises sont en forte hausse aussi ce trimestre là (+8,3 %) et retrouvent leur niveau de 2014 (plus de 8 000 microentreprises créées par trimestre). Mais la tendance reste moins marquée qu’au niveau national (+9,5 %). Si 41 % des entreprises créées dans la région sont des micro-entreprises, cette proportion demeure, comme toujours, plus basse qu’au niveau national (44 %). À l’inverse, les créations d’entreprises classiques augmentent faiblement (+2,4 %), mais plus rapidement qu’au niveau national (+1,6 %). Les défaillances d’entreprises sont en baisse régulière depuis 2016 et le phénomène s’amplifie sur le dernier trimestre. Avec 6200 défaillances enregistrées en Auvergne-Rhône-Alpes ces 12 derniers mois, le recul s’établit à 9,2 % sur un an (– 7,1 % en France ).


Par Eliséo Mucciante

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