Pour faire face à la crise sanitaire et favoriser la reprise, le Conseil départemental flèche notamment 2 millions d’euros en faveur des entreprises et 5 millions en direction du tourisme.
« A période exceptionnelle, mesures exceptionnelles », commente Jean Deguerry, président du Conseil départemental de l’Ain. Celui-ci a présenté mardi 5 mai, un plan d’action de 32 millions d’euros, « un chiffre important, inédit, sans précédent », pour répondre à la crise sanitaire et accompagner un certain nombre de secteurs mis en difficulté par elle. Ce plan ne sera voté en session que le 25 mai. Mais, le président a souhaité communiquer dès à présent sur le dispositif, pour permettre aux acteurs concernés de s’en emparer.
Le gros de la dépense est fléché en direction des solidarités, principale compétence du Département, avec 13,1 millions. Il s’agit d’achats de masques pour les établissement d’hébergements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), mais aussi de tablettes pour rompre l’isolement des résidents ou encore, d’un renforcement du soutien psychologique, avec un doublement des effectifs dédiés à cette mission, de 40 à 80 personnes, pendant six mois. Hors grand âge, la collectivité anticipe une augmentation de 5 millions d’euros de ses dépenses de RSA, étant donnée la crise économique qui se profile. Un dispositif exceptionnel d’aide au paiement des loyers, sous conditions, va être de surcroît créé pour les personnes ayant subi des baisses de revenus. Enfin, un accompagnement est prévu pour compenser, dans la mesure du possible, les pertes d’activité et de recettes des établissements médico-sociaux et des structures d’insertion.
Compenser les pertes d’activités
Vient ensuite le secteur du tourisme, particulièrement impacté par la crise sanitaire et les mesures de confinement, qui se voit attribuer 5,7 millions d’euros. Les restaurants et hôtels (hors chaîne), de même que les hébergements de toutes natures bénéficieront d’aides forfaitaires, tandis que le Département compte lancer une campagne de communication pour inciter les Aindinois et leurs voisins de Rhône-Alpes, de Franche-Comté et de Suisse à profiter du patrimoine naturel, historique et environnemental local. Les 117 centres équestres du territoire seront accompagnés, à hauteur de 2 000 euros chacun, pour faire face à la situation et préparer la reprise.
Relancer les chantiers
Quelque 2 millions d’euros sont par ailleurs fléchés en direction de l’économie. Une somme qui intègre la contribution du Département au Fonds de solidarité régional, à hauteur de 2 euros par habitant, soit 1,3 million d’euros. Entre également dans le calcul, la fourniture de masques réutilisables à toutes les personnes occupant un emploi dans l’Ain, opération financée à cinquante-cinquante avec les intercommunalités. Par ailleurs, désireux de montrer l’exemple, le Conseil départemental a relancé 150 chantiers depuis le 24 avril, avec des avances augmentées pour les entreprises titulaires des marchés publics. D’ailleurs, il a été décidé de maintenir les fonds de réserve dédiés à la transition énergétique (4 millions d’euros) et à la préservation du petit patrimoine (1 million d’euros) à destination des communes et intercommunalités, quand bien même la nouvelle contractualisation que le Département souhaitait établir n’a pu être mise sur pied, à cause du report de la constitution des conseils municipaux et du deuxième tour des municipales. Jean Deguerry y voit un moyen de soutenir indirectement les entreprises.
Le monde agricole ne sera pas oublié. La preuve, alerté par la filière volaille de Bresse, frappée de plein fouet par la fermeture des restaurants, le Département a commandé pour les cantines des collèges, 2 500 poulets AOP livrables sitôt que ces dernières pourront rouvrir. Enfin, le Conseil départemental a prévu une enveloppe de 5 millions d’euros pour subvenir à des besoins auxquels il n’aurait pas pensé, pour ne pas être empêchés d’agir si nécessaire.
Cet effort financier sera étalé sur les budgets 2020 et 2021 : 22 millions la première année, 10 la deuxième. Il se répartit par ailleurs entre de nouveaux crédits à hauteur de 21,2 millions et des réaffectations à hauteur de 10,8 millions. « Nous avons pu le faire car nous avions une bonne gestion depuis 2015. La suppression des emprunts toxiques et la baisse des frais de fonctionnement nous ont permis de constituer des réserves auxquelles nous pouvons recourir aujourd’hui », relève Jean Deguerry qui maintient la promesse électorale de sa majorité, de ne pas augmenter les impôts.
« La preuve de l’utilité des départements »
Pour Jean Deguerry, « la crise a montré tout l’intérêt des départements » qui ont été « replacés au cœur du dispositif national » et ont été renforcés. « Tout le monde nous a sollicité, l’Etat, notamment par l’intermédiaire de l’Agence régionale de santé, la Région, les intercommunalités, les communes et les chambres consulaires. Et nous avons joué notre rôle de coordinateur, observe-t-il. La carte des zones rouges ou vertes de déconfinement reprend la carte des départements, pas celle des régions ou des grandes villes. Aujourd’hui, nous sommes une collectivité au cœur de la reprise. »
Sébastien Jacquart








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