L’édito de Myriam Denis : “Changer le monde commence par soi-même”

Dans son édito, Myriam Denis revient sur les résultats des dernières élections européennes où de nombreuses frustrations semblent s’être exprimées.

Myriam DenisCela m’aurait embêté si le premier mot de l’un de mes adorables bambins fut “non”. Tout de suite, cela aurait jeté un froid, j’aurais alors imaginé qu’il s’agit d’une marque de revendication particulièrement précoce. En même temps, mes enfants auraient été à la page, comme on dit. Mais peut-être pas suffisamment entendus à leur goût pour autant.

Parce que revendiquer, c’est bien, mais encore faut-il être écouté et compris pour que cela puisse avoir du sens. Sans écho, la revendication conduit bien souvent à la colère.

Ainsi, le climat doux-amer inhérent aux résultats de l’élection européenne est propice à l’émergence d’un certain sentiment de frustration. On peut choisir de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein, c’est selon. On peut se dire que l’abstention est pour une fois moins forte en France qu’elle ne fut lors des précédents appels aux urnes. On peut se dire que l’écologie fait un bond en avant remarqué sur la scène européenne, pouvant lui conférer un poids intéressant, manifestation concrète des préoccupations évolutives des Européens. On peut se dire aussi que le populisme progresse, dans notre pays comme ailleurs, j’en veux pour preuve les votes italiens ou belges, notamment.

“EN FRANCE, LES DEUX GRANDS PARTIS CLASSIQUES ET HISTORIQUES ONT EXPLOSÉ, LITTÉRALEMENT PULVÉRISÉS PAR UN PROFOND BESOIN DE RENOUVEAU.”

En France, les deux grands partis classiques et historiques ont explosé, littéralement pulvérisés par des revendications d’un tout autre acabit que celles prises en compte et par un profond besoin de renouveau. Le Rassemblement National a joué une carte intéressante, avec en tête de liste un jeune de 23 ans, qui n’a jamais hésité à mettre en avant ses origines populaires, afin de permettre à une grande partie des électeurs, une certaine identification.

Je crois fondamentalement que le mauvais score de la droite aux européennes tient – pour une large part – à cette négation de la chute d’un ancien monde politique. Le travers a été de croire que la roue allait tourner, et que les Français ayant une sensibilité de droite, un jour ou l’autre lassés de la République en Marche, reviendraient au bercail. Sauf qu’il n’en est rien, manifestement. Quant à la gauche, éparpillée en ordre dispersé, incapable de renouveau ou même de s’entendre, gauche divisée et plurielle, elle est finalement devenue invisible. LREM souhaite s’imposer comme un rempart contre l’avènement du Rassemblement National, quand Europe Écologie les Verts se rêve en nouvelle alternative. Au lendemain de chaque élection et depuis des années, les grands pontes des partis inondent les journaux télévisés de “je vous ai compris”, qui passent vite à la trappe une fois les lumières des projecteurs braqués sur une quelconque nouvelle affaire. Sauf que depuis six mois, un nombre incalculable d’actes des gilets jaunes tente de démontrer que la France traverse une crise et cherche des réponses. Cela s’est traduit dans les urnes. Et cela se traduira encore… Il est temps de changer !

Myriam Denis
Rédactrice en chef
m.denis@eco-ain.fr

Note : La citation en titre est de Roger Mondoloni, écrivain français.

Les institutions européennes vues par Faro

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