L'édito de Myriam Denis : "Jeu d'enfant"

par | 7 décembre 2017 à 8H30

Aujourd’hui, jeudi 7 décembre, mon fils a trois ans.

Myriam Denis

Trois ans ! Pour moi, encore un bébé, pour lui, déjà un grand. Haut comme trois pommes (polyphosphatées et couvertes de pesticides), pianotant régulièrement sur mon téléphone portable (dès qu’il peut l’attraper au fond de mon sac) et élève en première année de maternelle où il apprend le « graphisme » (écrire son prénom). Et oui que voulez-vous, je parle de mes enfants, en tant que femme et en plus, sans le moindre complexe. (Je dis mes, car j’ai aussi le bonheur d’avoir une adorable petite fille de cinq ans. Mais son anniversaire est en août, donc pas d’édito à cette date.) En fait et vous l’aurez compris, en tant que mère, femme et professionnelle des médias (dans l’ordre, ou pas), je prends ce point de départ pour évoquer d’autres sujets : je m’interroge sur la société que mes petits connaîtront. Pas fan du concept du « c’était mieux avant », je me questionne sur ce qui fera « l’après ».

« Avant », ma fille aurait connu les discriminations diverses et variées liées à sa condition féminine. Elle n’aurait jamais pu espérer accéder un jour à de hautes fonctions, limitée par le plafond de verre. « Avant », mon fils aurait probablement dû se comporter à l’âge adulte en macho paternaliste (ce que j’espère, mon fils, tu ne feras pas). « Avant », je n’aurais certainement pas pu exercer ce métier qui me passionne avec deux petits. Mais tout ça, c’était avant… N’est-ce pas ? J’anticipe, vous croyez ? Peut-être…

Suivez-moi, imaginons « l’après ». Dans quinze jours, c’est Noël, on a bien le droit de rêver un peu. Oui, même dans une publication économique. Des étoiles plein les yeux, j’imagine un « après » sans discrimination d’aucune sorte, des gens qui iraient travailler le sourire aux lèvres avec leur chien (on a dit, pas de discrimination), une valeur travail remise au goût du jour et des dirigeants politiques en qui on pourrait avoir toute confiance (soyons d’accord, cela relève du domaine onirique).

« Je m’interroge sur la société que mes petits connaîtront. Pas fan du concept du “c’était mieux avant”, je me questionne sur ce qui fera “l’après”. »

Le mot « patron » ne serait plus grossier, aimer son job dans un pays qui recommence à créer de l’emploi serait normal, il n’y aurait plus autant de chômeurs face à des entreprises qui peinent encore et toujours à recruter. On ne parlerait plus de secteurs d’activité insuffisamment sexy ou de secteurs géographiques peu attractifs. Ni de démographie médicale en berne, de médecins qui partent en Suisse ou cèdent à l’appel des grandes villes au détriment du reste de la France. Et, fantasme quand tu nous tiens, la SNCF respecterait ses engagements horaires et ce modèle ne stagnerait plus, en panne récurrente. On ne serait plus intoxiqués par des écrans dans notre quotidien, les Facebook and cie ne chercheraient pas par tous les moyens à venir polluer nos enfants dès leur plus jeune âge via des messengers for kids. On ne verserait pas dans un égocentrisme sans nom au profit d’un consumérisme certain et d’une fuite en avant toujours plus consommatrice de chair fraîche. Nos dirigeant·e·s seraient véritablement préoccupé·e·s par le bien commun plutôt que par leurs intérêts personnels. Macron se ferait même apprécier des maires auxquels, à grand renfort de « je vous ai compris », il vient encore de sucrer quelques subsides. D’ailleurs, heureusement que je n’ai plus besoin de crèche, les places vont en effet devenir chères, bercées par des dépenses publiques toujours plus vacillantes. Et puis, au niveau international, « l’après » ne peut s’imaginer uniquement à la condition que ce cher M. Trump n’ait pas fait sauter la moitié de la planète, dans ses velléités guerrières contre – notamment – la Corée du Nord. Imaginer « l’après », c’est peut-être un jeu d’enfant. Reste maintenant à le – ou se – réaliser.

Myriam Denis

Rédactrice en chef adjointe
m.denis@eco-ain.fr

 La panne de la SNCF vue par Faro

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bourse : tout voir >

PUBLIEZ VOTRE ANNONCE LÉGALE EN LIGNE

Devis immédiat 24h/24
Attestation parution par mail
Paiement CB sécurisé

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

4807,47 mètres, c’est l’altitude 2026 du mont Blanc, soit 1,88 mètre de plus qu’en 2023 et 27 centimètres au-dessus de la mesure historique de 1894.

ABONNEZ-VOUS

10.90€ / mois
Paiement CB sécurisé
Déblocage immédiat
Tous les contenus premium
Résiliable à tout moment

À lire également :

La Kiwee de Metacar.

Ain : La mobilité inclusive au cœur de Transpolis

La ville laboratoire a accueilli le 22 octobre, un événement sur les mobilités inclusives et durables, autour d’un concept d’autopartage pensé pour les espaces périurbains et ruraux. Ville laboratoire des solutions de déplacement de demain à Saint-Maurice-de-Rémens,...

Élus locaux et parlementaires ceints de l’écharpe tricolore lors du 10e Congrès et Salon des communes de l’Ain. © Carole Muet

Ain : Eau, logement, finances… les défis des collectivités

Réunis à l’occasion du 10e Congrès et Salon des communes de l’Ain, les élus ont évoqué les principaux enjeux auxquels ils sont aujourd’hui confrontés. «Être élu est un sacerdoce républicain. Mais être maire est une exigence de tous les instants ». Par cette formule,...

La Frontière en chiffres 2027

100% en ligne, feuilletez directement votre hors-série La Frontière en chiffres 2027 sur ordinateur, tablette ou smartphone. Réservé aux abonnés. Feuilletez l'édition ECO Savoie Mont Blanc : Feuilletez l'édition L'Extension : Le saviez-vous ?Vous pouvez afficher la...

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire (chaque lundi à 7H00)

Linkedin

Suivez-nous sur nos pages Linkedin dédiées à l'économie de vos territoires

Abonnement

Restez informé.e en vous abonnant à nos publications économiques

Annonce légale

Devis instantané, publication et attestation sans délai, paiement CB sécurisé