Dans son édito, Myriam Denis se tourne vers le ciel. Cet hiver très doux est-il appelé à devenir la norme ? Y-a-t-il encore un salut sur terre… ou sur mars ?

Myriam Denis Le soleil caresse délicatement votre peau, il fait une température idéale – dans les 20 degrés – et un léger zéphyr effleure votre visage. Il fait vraiment un temps éclatant pour un mois de mai ! Sauf que… nous sommes début février. Loin d’une simple considération météorologique, le constat est édifiant : avons-nous eu (vraiment) froid cet hiver ? Naturellement, nous n’avons pas tous et toutes la même notion de froid, qui n’est sans doute pas la même, que l’on vive dehors ou dans un confortable home sweet home. Partons du postulat que nous nous trouvons dans la deuxième option. Donc : avons-nous eu vraiment froid cet hiver ? Ce quoi ? Avons-nous connu un hiver cette année ? Nous avons bien gratouillé les voitures, quelques matins un peu plus frais. Mais un réel hiver, avec un air glacé comme un dentifrice ultra-mentholé, non. Pas (beaucoup) de neige, non plus. Est-ce à cela que vont désormais ressembler nos hivers ? La neige à Noël sera-t-elle un lointain souvenir ? La nature se met au diapason de notre humanité : fade et lisse, gommant les aspérités qui faisaient tout son charme.

LA NATURE SE MET AU DIAPASON DE NOTRE HUMANITÉ : FADE ET LISSE, GOMMANT LES ASPÉRITÉS QUI FAISAIENT TOUT SON CHARME.”

Rassurez-vous ! Les scientifiques, éminents ingénieurs, astrophysiciens et autres astronautes ont une idée : conquérir la planète Mars. J’ai trop respiré de gaz d’échappement ? Pas du tout ! (Enfin, j’espère). Grâce à Curiosity, les scientifiques se sont aperçus que la planète rouge abritait autrefois de l’eau – d’immenses quantités d’eau, ce qui semble l’ériger au rang de planète la plus « habitable » de notre galaxie. L’idée fait son chemin : loin des climatosceptiques, certains imaginent déjà que notre humanité pourrait courir un danger à long terme, entre un environnement qui se détériore et d’éventuels conflits mondiaux d’ampleur inédite. La solution ? Agrandir notre territoire de chasse, notre zone de chalandise, notre espace de vie, bref : trouver un relais à notre bonne vieille Terre lorsque celle-ci ne sera vraisemblablement plus en mesure de nous abriter convenablement. Sur Mars, la vie pourrait être possible, à condition de régler certains détails techniques. Il faudrait faire remonter la température de la planète (ça, nous savons manifestement le faire), pour que l’eau emprisonnée dans les roches, par exemple, puisse créer une nouvelle atmosphère. Certes, la vie sur Mars ne ressemblerait sans doute pas à un quatre-étoiles, mais quand même. Tout serait à construire, dans cet environnement hostile et quasi vierge. On pourrait également se poser la question éthique : de quel droit irions-nous coloniser une planète qui, de toute évidence, ne nous appartient aucunement ? Toujours est-il que nombre de pays se rêvent en futurs martiens à l’horizon 2100. Pour nous, cela paraît un peu lointain. Mais à l’échelle de l’humanité, c’est demain. Quelle émulation ! Quelle stimulation ! Que de nouveaux horizons s’ouvriraient alors !

Oui, c’est vrai. On pourrait aussi s’employer à mettre tous ces beaux moyens – humains, financiers et techniques – à essayer de sauver les murs de notre habitat actuel, qui en aurait certainement bien besoin.

Myriam Denis
Rédactrice en chef
m.denis@eco-ain.fr

Le Coronavirus vu par Faro