L’édito de Myriam Denis : “Terra incognita”

L’édito de Myriam Denis : “Terra incognita”
L’édito de Myriam Denis : “Terra incognita”
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Dans son édito, Myriam Denis s’agace qu’en termes de dessertes ferroviaires, on en soit toujours à des logiques centralisatrices.

Myriam DenisLors de mes années d’études, et ce devait être au collège il me semble, ma prof de géographie tentait de nous faire comprendre les disparités entre la capitale de la France, sa prépondérance à tous niveaux et son étalement, et la province. Elle appelait ça “Paris et le désert français”, locution tirée d’un ouvrage du même nom. L’expression, qui m’avait alors considérablement marquée, m’est revenue en mémoire lorsque j’ai lu cette semaine, différents articles sur le fait que certaines régions s’inquiètent de la disparition des dessertes TGV. Dans Le Monde, j’ai ri (jaune) devant le dessin où l’on découvre deux petits bonshommes devant une carte de France : « C’est quoi, toutes ces zones blanches ? », demande le premier. « Terra incognita, répond le second. Crocodiles, bêtes sauvages, etc. » tandis que le graphique illustrant les dessertes TGV françaises ne prenait l’allure que d’une vague étoile à cinq branches.

Oui, sorti de la région parisienne et des métropoles, notre pays est effectivement considéré comme une “terra incognita”. Je crois que c’est aussi cela qui nourrit le mouvement des gilets jaunes, une façon de rappeler aux plus hauts sommets de l’État que partout sur le territoire, des gens existent, travaillent, se déplacent, élèvent leurs enfants, ont des loisirs (ou essaient), etc. Actuellement, selon les informations que l’on peut glaner, ce sont des liaisons province-province qui pourraient, à terme, être revues. Et tandis que certains TGV ne semblent pas remplir ni leurs rames, ni les poches de la SNCF, à l’inverse, la problématique des TER de la région se trouve délaissée au bord de la route. Lorsque j’étais étudiante dans les années 2000, bien souvent, prendre le train pour aller à Lyon (ou revenir), c’était Koh Lanta. Il fallait vraiment être motivé pour s’astreindre à ce voyage. Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui, où près de 3 000 personnes empruntent quotidiennement la ligne Lyon-Bourg ? Sur internet, les réseaux sociaux ou via le traditionnel bouche-à-oreille, on se rend compte que non, rien n’a changé. Les voyageurs sont régulièrement transportés dans des conditions incroyables, entassés dans les wagons, jusqu’aux toilettes !

« TANDIS QUE CERTAINS TGV NE SEMBLENT PAS REMPLIR NI LEURS RAMES, NI LES POCHES DE LA SNCF, LA PROBLÉMATIQUE DES TER DE LA RÉGION SE TROUVE DÉLAISSÉE AU BORD DE LA ROUTE. »

On se targue constamment d’être un territoire idéalement placé, situé entre deux grands pôles métropolitains que l’on ne présente plus. Parallèlement, on connaît les difficultés de recrutement rencontrées par nombre d’entreprises du département, et l’on sait que la mobilité est un levier important dans cette problématique. Il est temps de faire bouger les lignes.

Myriam Denis
Rédactrice en chef
m.denis@eco-ain.fr

 

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