Fips, une initiative des industriels pour les industriels

par | 13 Jan 2023

15 dirigeants ont lancé Forces Industrielles des Pays de Savoie (Fips) pour répondre aux enjeux actuels. Ils ont dévoilé les grandes lignes de leur feuille de route, le 12 janvier.

Fondée en septembre 2022 par quinze chefs d’entreprise, Forces industrielles des Pays de Savoie (Fips) est une association qui reflète la richesse du tissu industriel haut-savoyard. « C’est assez extraordinaire. Nous sommes quinze sociétés de secteurs industriels et de tailles complètement différents, mais avec le même besoin pour chacun : savoir où l’on va demain », résume Jean- Luc Moënne-Loccoz, dirigeant de Gaston-Perrollaz, à Magland.

Les ambitions de l’association s’articulent autour de cinq valeurs clés : l’agilité, en lien avec l’intelligence collective ; la confiance ; l’innovation de rupture, technologique ou managériale ; l’audace ; la convivialité. « Selon moi, les valeurs importantes sont le partage, l’entraide et la confiance entre les membres, pour avancer tous ensemble et développer le territoire », affiche Jean-Marc Dalmasso, directeur général de Stäubli, à Faverges.

Ce que confirme Jean- Luc Moënne-Loccoz, reprenant la devise des trois mousquetaires : « Un pour tous et tous pour un ! Les valeurs des Fips, c’est ça : pouvoir s’enrichir, partager ses connaissances, s’entraider. » Si elle cherche à se montrer innovante dans ses objectifs, l’association l’est en tout cas dans son fonctionnement. Dotée d’un mode de gouvernance unique reposant sur la collégialité, Fips permet à chaque membre de disposer d’une voix, quel que soit son poids économique.

Jeudi 12 janvier, Fips a organisé une journée de rencontre ouverte aux industriels des deux départements, afin d’expliquer ses objectifs et de dévoiler sa feuille de route, co-construite l’après-midi avec tous les volontaires présents lors de travaux de groupes interactifs.

« Le souhait des Fips dans la composition de l’association est assez inédit : pas de président, pas de lieu, mais un système collégial. Je me retrouve à part égale au sein de la gouvernance. Ma parole est aussi importante que celle des autres membres de l’association », poursuit le dirigeant de Gaston-Perrollaz. Dans un premier temps, les membres sont issus de Haute- Savoie mais la volonté des quinze fondateurs est claire : l’association a vocation à s’ouvrir aux entreprises industrielles et de services à l’industrie savoyardes.

« La route sera longue et périlleuse. Nos industries sont malmenées depuis des années. En haut lieu, on veut réindustrialiser et, en même temps, on fait tout pour détruire l’industrie. Nos différents plans d’action vont concerner l’écologie, les problèmes de logement – en collaboration avec les pouvoirs publics –, les frontaliers, et les ressources pour demain, qui vont manquer », annonce Jean‑Luc Moënne-Loccoz.

Un premier travail avait déjà été mené, en amont de la journée du 12 janvier, pour identifier les axes prioritaires. « Nous avons ciblé quatre domaines stratégiques : le business responsable ; l’utilisation et l’optimisation des ressources ; l’humain, autour de l’attractivité et de la gestion des talents ; et les frontières, en créant de nouvelles opportunités entre les pays mais aussi entre les filières industrielles, et en collaborant avec les autres structures d’accompagnement », détaille Jean-Marc Dalmasso. « Nous avons fait une analyse de la situation dès la création, car Fips se veut complémentaire de ce qui existe déjà. »

Sans la nommer, les fondateurs de Fips font notamment référence à la nouvelle antenne haut-savoyarde de l’agence Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises.« Le positionnement des Fips est différent sur plusieurs points, précise Jean-Luc Moënne-Loccoz : tout d’abord, par le système de gouvernance de l’association, mais également parce que ce sont des industriels qui sont à l’initiative du groupement, sans aucun financement public. »

Forces industrielles des Pays de Savoie se veut une réponse aux besoins des entreprises, orphelines depuis la dissolution de Mont-Blanc Industries, de partager, d’échanger, de collaborer en mode collectif pour l’écosystème. L’idée est de ne plus subir les changements dans un monde de plus en plus volatil, mais de les anticiper et de s’en nourrir pour développer les entreprises et, au-delà, le territoire des Pays de Savoie, en créant de la valeur.

« Le monde a bien changé, et les codes ont évolué à vitesse grand V », rappelle Jean-Luc Moënne-Loccoz. « Prenez par exemple le secteur aéronautique. Avant 2020, ils avaient des perspectives d’activité sur dix ans. Et du jour au lendemain, tout s’est arrêté ! »

Forces industrielles des Pays de Savoie se veut une réponse aux besoins des entreprises, orphelines depuis la dissolution de Mont-Blanc Industries, de partager, d’échanger, de collaborer en mode collectif pour l’écosystème.

Fondateurs

Les membres fondateurs sont quinze dirigeants d’ entreprises industrielles de la Haute-Savoie : Bontaz, Bosch, Bucci Industries, Clufix, Decorec, Gaston-Perrollaz, Gouvernon, HBP, Inventhys, La Precision Industry, Nicomatic, NTN-SNR, Pfeiffer Vacuum, Pracartis, Stäubli.

Stäubli : « Nous avons besoin de partenaires forts »

Jean-Marc Dalmasso, directeur général de Stäubli à Faverges (600 M€ de chiffre d’affaires, 1 650 collaborateurs), croit fortement en Fips : « Stäubli existe depuis 110 ans et a une vraie légitimité en tant que force industrielle des Pays de Savoie. La société poursuit son fort développement sur le territoire. Historiquement, le groupe a la volonté d’être présent dans les initiatives et les actions de partage. Il est important d’avoir une association qui regroupe des entreprises de tailles différentes, exerçant dans des domaines variés et avec des implantations réparties dans l’ensemble des Pays de Savoie. Il est nécessaire de toucher le développement de tout le tissu industriel pour faciliter notre propre développement. Nous avons besoin de partenaires forts, et beaucoup sont locaux : 45 % de nos achats de production sont réalisés dans la région Auvergne-Rhône- Alpes. La gouvernance pour laquelle nous avons opté est importante et indispensable : le but est que ce soit collégial dans la prise de décision. »

« Baisser les charges plutôt que subventionner »

Jean-Luc Moënne-Loccoz, dirigeant de l’entreprise Gaston-Perrollaz (4,85 M€ de chiffre d’affaires en 2021, 20 collaborateurs), à Magland : « Comparé à d’autres de mes collègues des Fips, il y a encore trois ans en arrière j’avais la tête dans mon usine, sans porter d’intérêt à l’associatif industriel. Je suis rentré au Pôle Mont-Blanc où j’ai découvert le partage, l’aide, la communication et la découverte de notre écosystème. J’attends et j’espère, pour notre territoire, que l’on arrête de subventionner certaines entreprises et pas d’autres, mais que l’on aille plus vers une diminution des différentes charges. Pour mon entreprise, j’attends que ces échanges puissent aussi m’aiguiller pour faire les bons choix, pour être toujours là demain. Mon entreprise a beaucoup réfléchi et travaillé sur l’optimisation des gains en améliorant l’écologie. Nous avons été dans les premiers Coqs Verts de France (BPI). Je pense pouvoir apporter et partager ces améliorations. Je souhaite également partager mes connaissances pour donner l’envie aux jeunes de se former dans les métiers de la mécanique. »


Sandra Molloy
Crédit image à la une : Fips

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