Formation : comment repenser l’apprentissage ?

par | 21 Juin 2018

Au deuxième jour du Spido, le 14 juin, le Greta et Plasticampus ont animé une conférence sur l’évolution de la formation à l’ère du numérique et de l’évolution des besoins.

Formation à distance, e-learning, mooc, chatbot, le vocabulaire propre à l’univers de la formation s’est considérablement enrichi ces dernières années. Hasard ou évolution logique alors que les nouvelles technologies inondent toujours plus notre quotidien ? Toujours est-il que, de nos jours, la formation n’échappe pas au changement : son approche ose l’originalité mais surtout, l’innovation intervient davantage dans la pédagogie. « On parle d’innovation industrielle et d’innovation sociale, mais le champ de la formation est aussi concerné, a expliqué Françoise Feit, conseillère en formation continue au Greta de l’Ain. Les salariés cherchent continuellement à parfaire leurs compétences. Ils souhaitent s’armer pour envisager leur carrière autrement. Certains espèrent obtenir une certification, gage de reconnaissance de leurs pairs. Globalement, se former permet de rester un professionnel agile. » Pour répondre aux besoins des salariés, le mode même de la formation doit être repensé. Il semblerait que l’époque où les apprenants suivaient un même cursus au contenu identique, au même rythme, dans un même lieu, soit bel et bien révolu. « Aujourd’hui, la formation est ouverte, individuelle, totalement personnalisée, affirme Françoise Feit. Elle s’effectue à la demande avec un contenu co-construit. Il n’y a plus rien de prédéfini, le programme est adapté aux volontés du financeur et de l’apprenant, selon les capacités du centre de formation. » En somme, nous vivons une ère où les postures sont modifiées : l’apprenant devient acteur de sa formation et le formateur se mue en chef de projet, animateur voire accompagnateur. Mais, si chacun d’entre nous admet volontiers que la formation prend le train de l’innovation, comment cela se traduit-il dans les faits ?

Adapter les méthodes

Plasticampus, formation

Plasticampus s’appuie sur la plateforme technologique Plastetude pour établir des coopérations technologiques entre les entreprises et les établissements de formation au travers d’échanges de ressources et de compétences.

Aurélie Fromont, directrice du campus des métiers et des qualifications à Plasticampus a évoqué les nouvelles façons d’apprendre. Chacune présentant des avantages et des inconvénients. À commencer par la méthode du cours magistral, qui implique une maîtrise parfaite du cours mais participe à la passivité du public. La lecture (via une plateforme à distance par exemple) facilite l’appropriation du contenu par le stagiaire ainsi que l’accès aux informations. Toutefois, celui-ci ne peut disposer des explications complémentaires pour approfondir le cours. L’audiovisuel et la consommation de vidéos en ligne sont d’usage fréquent lors des formations. « Cela rend l’apprentissage plus animé, plus ludique. Mais cela n’empêche pas la passivité de l’assistance et ne permet pas toujours la communication », a commenté Aurélie Fromont, en guise de bémol. La démonstration, souvent réalisée lors des salons et des ateliers écoles présente l’avantage de rassembler les apprenants à l’extérieur et de toucher un public plus large. Un environnement bruyant et une position statique peuvent figurer parmi les défauts de cette méthode d’apprentissage. Dans le cas de l’échange, chacun est libre de partager ses connaissances et son expérience. « C’est enrichissant mais cela requiert la mobilisation d’une personne pour animer les discussions et synthétiser le travail du groupe lors de la phase de mémorisation », a complété Aurélie Fromont. Avec la mise en pratique, la manipulation est de mise pour devenir acteur de sa situation professionnelle. Problème, il ne reste aucune trace écrite des actions.

Flexibilité des modules

De plus en plus, l’entreprise virtuelle peut s’appliquer dans le cadre d’une formation, par la confrontation d’un stagiaire à des situations réelles. De la même manière qu’un simulateur de vol pour un pilote, l’entreprise virtuelle prend corps dans un espace professionnel simulant un bureau et un cadre de travail. C’est un lieu où le stagiaire prend des initiatives dans un environnement technologique comprenant des applications métiers. Dans ce cas, le formateur-accompagnateur établit le lien avec les savoirs associés à travers la médiation, l’auto-évaluation et la confrontation à ses pairs.

17 millions

C’est le nombre de personnes formées chaque année en France.

150 000

C’est le nombre de salariés employés dans le secteur de la formation professionnelle. 36% de la population active bénéficie chaque année d’une action de formation. C’est significativement moins important qu’au Royaume-Uni (56%), qu’en Allemagne (53%) et que la moyenne de l’OCDE (50%).
Source : Fédération de la formation professionnelle.

RH Plastics Vallée

Le Salon professionnel des savoir-faire de la Plastics Vallée a mis en lumière la plateforme RH Plastics Vallée, inaugurée le 14 juin. Cette démarche singulière dans le Haut-Bugey est née d’un constat partagé depuis de nombreuses années par l’ensemble des acteurs du territoire . Malgré un dynamisme économique fort, les difficultés de recrutement persistent.

L’Unité départementale de la Direccte a proposé, courant 2017, le déploiement de la gestion prévisionnelle territoriale des emplois et des compétences. Appliqué à l’entreprise (et disponible pour les salariés), cet outil est conçu pour anticiper les besoins en ressources humaines à court et moyen terme.

Cheminement vers la compréhension

« L’une des priorités en matière de formation, est la maîtrise des contenus qui inclut des équipements technologiques de dernière génération », a indiqué Christelle Albis, directrice déléguée aux formations technologiques et professionnelles au lycée Arbez Carme. D’après Françoise Feit, si les méthodes d’apprentissage sont multiples c’est bien leur mélange et utilisation commune, qui permet une mémorisation complète. « Il faut pouvoir mêler la distance et le présentiel, le projet et la pratique. »

« Si on veut évoluer, il faut s’ouvrir aux autres »

La première table ronde du congrès économique de la plastics vallée abordait le sujet de l’innovation collaborative.

Spido 2018 ©Jean-François Basset - Haut-Bugey Agglomération

Les participants à la première table ronde du Congrès économique de la Plastics Vallée (CEPV).

« Un état d’esprit d’innovation ne se décrète pas, cela s’apprend et se nourrit au quotidien. Les entreprises doivent se connaître, c’est l’évolution naturelle du travail, à l’heure où il faut être meilleur plus vite », a réagi Emmanuelle Bouvier, présidente de Plastipolis, lors de la table ronde sur l’innovation collaborative. En marge du Spido, le Congrès économique de la Plastics Vallée (CEPV), a réuni près de 400 personnes au centre culturel Aragon d’Oyonnax le 13 juin. « Ayant cette forte conviction de l’innovation, je crois que toute entreprise doit être en mesure d’anticiper les marchés futurs et prévoir le travail de production. Nous sommes tous innovateurs dans l’âme, il faut simplement échanger car il n’y a pas de sotte idée », a ajouté la présidente du pôle de compétitivité. Un discours corroboré par Becher Al Awa, dirigeant de l’entreprise Ain Fibres à Oyonnax depuis 2015 et labellisée Entreprise innovante des pôles par Plastipolis. « Si on veut évoluer, il faut s’ouvrir aux autres », a avancé Becher Al Awa.

Collaboration entre pôles ?

À la CCI de l’Ain, l’enjeu est de sensibiliser les entreprises sur le bien-fondé de la discussion et de la réflexion à plusieurs. « L’innovation nous amène souvent sur des sujets qui ne sont pas du ressort de l’entreprise du fait de la réunion de différentes technologies. Or, nous ne pouvons pas être omniscients, d’où l’importance de travailler ensemble », a défendu le président de la chambre consulaire, Patrice Fontenat.

Jean-Claude Sève, président de l’entreprise familiale Monnet-Sève spécialiste du bois (Outriaz), imagine l’innovation collaborative entre les métiers. « Pourquoi ne pas envisager de collaborer avec Plastipolis ? Après tout, certains sujets sont transversaux et intéressent nos deux filières. Aujourd’hui les matériaux se mélangent dans le bâtiment. »


Par Sarah N’tsia

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