Si vous cherchez de l’originalité, passez votre chemin ! Le travailleur frontalier français en suisse est souvent un homme âgé de moins de 45 ans résidant en Haute-Savoie et exerçant dans des professions très bien rémunérées…
Une étude de l’URSSAF (sur la base de chiffres datant de 2022 et 2023) dévoilée en début d’année 2024 dresse le profil des frontaliers affiliés à la Sécurité sociale française, soit près de 75 % des 215 000 Hexagonaux recensés par l’Office fédéral de la statistique (OFS) en 2023. L’enquête ne prend pas en compte ceux qui ont choisi la LAMal suisse, la couverture de base obligatoire.
44 % des frontaliers travaillant en Suisse résident en Haute-Savoie. Le reste étant en majorité dans le Doubs (19 %), le Haut-Rhin (15 %) et l’Ain (11 %). Ces quatre départements en totalisent 90 %.

Rémunérations attractives
Sans surprise, les frontaliers travaillent en majorité dans le secteur bancaire et les institutions financières, dans les métiers autour de la santé, l’informatique, les télécommunications, l’ingénierie, le conseil en gestion, en marketing, en ressources humaines, et dans le commerce international.
C’est la ville de Genève qui concentre la plus forte part des frontaliers du pays, 28 % en 2024 selon l’OFS, dans des secteurs à forte rémunération.
« Les travailleurs français à Genève et à Lausanne exercent dans des métiers assez variés, relativement peu dans l’industrie finalement », précise Marie-Claire Roy, directrice territoriale des URSSAF de Haute-Savoie et de Savoie (Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d’allocations familiales).
398 569 : c’est le nombre total de frontaliers étrangers actifs en Suisse au 2e trimestre 2024. La majorité réside en France (57,5 %), devant l’Italie (23 %) et l’Allemagne (16,3 %). L’industrie manufacturière regroupe plus d’un emploi sur cinq, devant le commerce et la réparation d’automobiles et motocycles (13 %) et les activités spécialisées, scientifiques et techniques (11,3 %).

Liens forts avec la Haute-Savoie
Ce sont en majorité des hommes – près de 60 % – et ils sont âgés de moins de 44 ans en moyenne, tout comme les femmes. Leur revenu annuel moyen est légèrement supérieur à 52 000 euros, avec un écart entre hommes et femmes de près de 10 000 euros, respectivement 56 815 euros et 47 098 euros.
Décalage qui s’explique en grande partie par les types de métiers exercés, les femmes étant plus présentes dans les professions moins rémunérées de l’hôtellerie, de la santé et du service à la personne.
Les revenus les plus hauts sont concentrés dans le bassin annécien et le Chablais.La Haute-Savoie, en tête pour le travail transfrontalier, est composée pour 20 % de sa population active de frontaliers affiliés à l’URSSAF.
Dans certaines intercommunalités proches de la frontière, plus d’un salarié sur deux exerce en Suisse. Une part atteignant 60 % dans les communautés de communes du Pays de Gex et du Genevois.
D’ici à 2035, l’Observatoire des frontaliers estime que leur nombre pourrait doubler à Genève et dépasser la barre des 200 000 salariés français en Suisse. Avant 2030, avec les départs en retraite, il y aura 330 000 postes à pourvoir dans le canton qui devra continuer à compter sur les travailleurs étrangers pour maintenir son dynamisme économique.
130 514 frontaliers domiciliés dans l’Ain et la Haute-Savoie travaillent en Suisse au 2e trimestre 2024. Près de 80 % d’entre eux travaillent dans le canton de Genève, 18,4 % dans celui de Vaud et 1,6 % dans celui du Valais. Genève est la ville la plus prisée avec 31,2 % des effectifs, suivie de Meyrin (9,1 %) et Carouge (7,1 %).

Sandra Molloy
Photo à la une de Hunters Race sur Unsplash
Cet article est issu de notre magazine La frontière en chiffres 2024-2025, disponible au format papier ou au format liseuse en ligne.










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