Industrie vidéoludique : Pixminds se prend au jeu

par | 27 Juil 2018

En forte croissance, le groupe savoyard PIXMINDS, basé à La Ravoire, s’installe durant l’été sur un second site, à Barberaz, tout en préparant la construction de son futur campus.

«Même si on tutoie les grands noms du jeu vidéo, on reste une petite entreprise rassemblant une bande de copains », plaisante Lionel Chataignier. S’il garde la tête froide et une passion intacte pour le jeu, le fondateur et président de Pixminds est en passe de concrétiser un coup de maître. En janvier dernier, au CES de Las Vegas, sa société devenait la première française à décrocher cinq Innovation Awards en une seule fois, dont trois pour Lexip, sa souris intuitive permettant aux joueurs de combiner les actions avec une seule main. Elle se classe aussi au premier rang mondial, dans la catégorie petit accessoire informatique, des campagnes réussies de financement participatif avec 600 000 dollars levés sur Kickstarter. « Cette campagne nous a donné de la visibilité et de la notoriété aux États- Unis où nous avons 6 000 joueurs qui ont acheté Lexip et l’attendent. Le buzz ainsi créé a enflammé le petit monde du jeu vidéo », souligne Lionel Chataignier.

Vers la création d’un campus

Pixminds, qui réalisait il y a deux ans un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros, a bouclé son exercice 2017- 2018 (clôture en mars) à 16 millions d’euros (+30 %). Il pourrait atteindre les 20 millions d’euros l’année prochaine. Pour faire face à sa croissance, la société s’installe durant le mois d’août dans un nouveau bâtiment de 3 000 mètres carrés à Barberaz où seront transférés des bureaux, une partie de la production et de la logistique. Le siège de La Ravoire conserve, entre autres, la R&D. Cette double implantation va permettre au groupe de patienter, le temps de concrétiser son campus sur un site qui sera arrêté durant le mois d’août. L’opération qui devrait aboutir d’ici deux ans comprendra trois ou quatre bâtiments accueillant les activités du groupe, mais aussi celui de « sociétés partenaires ». « Mon ambition est de créer une sorte d’accélérateur, un creuset pour surdoués », poursuit Lionel Chataignier.

En ordre de marche

La holding Pixminds rassemble diverses sociétés gravitant dans le monde du jeu vidéo. La doyenne E-Concept (environ 30 personnes) est spécialisée dans la distribution de jeux et accessoires (environ 10 000 références). Elle a été rejointe par R-Cade (4 à 5 salariés centrés sur la fabrication) et Ark (une dizaine de collaborateurs pour la R&D). Compte tenu des innovations profondes qu’elle apporte et des tendances données par le “baromètre kickstater”, Lexip fait l’objet d’une société à part entière. Deux filiales – l’une aux États- Unis, l’autre en Chine – sont aussi en cours de création. Au-delà du travail réalisé pour se structurer et renforcer son encadrement, le groupe a consolidé sa situation financière. Après le Crédit Agricole, entré à hauteur de 500 000 euros à son capital, il a annoncé en mai dernier une levée de fonds de 2,5 millions d’euros auprès de Maelo, une société de capital investissement rhônalpine fédérant des investisseurs chefs d’entreprise. Les premières livraisons de souris attendues pour l’automne devraient confirmer le succès commercial de Lexip. La marque d’accessoires Steelplay va par ailleurs s’étoffer avec la mise sur le marché d’autres produits innovants.


Par Sophie Boutrelle

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