International Cleantech Week, Denis Horeau : « On a tous un petit bout de solution »

International Cleantech Week, Denis Horeau : « On a tous un petit bout de solution »

Denis Horeau, ancien directeur de course du Vendée Globe, a pris la barre du premier festival international des technologies vertes, l’International Cleantech Week, un événement qui devrait accueillir 150 startup, une trentaine de pays et 15 000 visiteurs pour sa 2e édition, du 19 au 22 juin, à Annecy. Rencontre.

Son père adorait la mer… Pendant ses dix années passées au pensionnat, Denis Horeau dessine des bateaux par milliers. Il s’invente un monde parallèle sur les flots, rêve d’immensité et de navigation pour s’évader d’un quotidien qui ne lui convient guère.

Sa ligne d’horizon, c’est aussi Ray Charles, figure majeure de la musique afro-américaine qui symbolise pour lui la liberté, l’aventure, l’engagement… Trois mots qui rythment aujourd’hui encore la vie de ce Breton désormais installé à Passy, en Haute-Savoie.

Co-fondateur du Vendée Globe en 1989

La liberté ? Il va la chercher non pas sous les pavés mais en mer en 1968. Alors que les manifestations secouent la France, il devient contre vent et marées et après plusieurs mois de patience, marin-pêcheur au Croisic, une « belle vie » qui dure trois ans mais lui apporte aussi ses premières interrogations environnementales : quid de ces bateaux espagnols qui fonctionnent encore au charbon, de ces poubelles que tout le monde jettent par dessus bord, de la ressource halieutique dont personne ne se préoccupe ?

Bonnes questions ! Il quitte alors la liberté pour l’aventure. Lui qui s’est formé parallèlement au journalisme commence à écumer toutes les mers du monde, devient navigateur professionnel et participe à de nombreuses courses à la grande époque des multicoques.

De coureur à organisateur il n’y a qu’un pas… En 1989, il répond à la sollicitation du navigateur Philippe Jeantot et s’engage à ses côtés pour lancer une course à la voile en solitaire autour du monde. Elle s’appellera le Vendée Globe… Débute alors pour ce passionné une (autre) fabuleuse aventure qui va durer… 27 ans !

L’Humain au cœur

Denis Horeau est à la barre des éditions 1989, 2004, 2008, et 2012 de ce prestigieux événement qui ne cesse de monter en puissance. Trop ? En 2016, à huit mois d’une nouvelle édition, le directeur de course qu’il est jette l’éponge, fatigué de se battre pour maintenir l’essence même de cet événement qu’il a vu naître et grandir.

« Je voulais remettre de l’humain au coeur de la course, réduire le coût des bateaux pour que la victoire ne soit pas indexée au montant des budgets. Je souhaitais aussi que les voiliers engagés dans la course puissent servir de laboratoire pour tester la fabrication de leur électricité à partir de nouvelles sources d’énergie comme l’éolien, l’hydrolien, le photovoltaïque…. L’électricité à bord, c’est le nerf de la guerre. Et, pour moi, le sport et l’aventure se doivent avoir une autre signification. Je n’étais plus en accord avec les valeurs de l’événement. »

« Si on continue à miser sur le thermique, on va dans le mur. Si on continue de travailler en silo, on ne va pas y arriver… »

Se mettre au service de la planète

Il tourne alors une nouvelle page. Sa mère aimait la montagne, lui aussi. Il y a souvent séjourné. Il veut habiter face au mont Blanc, s’installe sur les hauteurs de Passy et décide de s’inscrire dans la lignée des grands marins qui se sont mis au service de la planète comme Isabelle Autissier ou Helen McArthur.

Il crée l’association 5e élément pour favoriser la recherche, le développement, la promotion des Green technologies, ces fameuses technologies vertes qui contribuent à l’amélioration de la qualité de l’environnement par la réduction des rejets toxiques dans l’air, l’eau ou le sol par l’économie de ressources, l’utilisation de ressources renouvelables…

Puis il imagine un événement ouvert sur le monde qui « permettrait de passer du XXe au XXIe siècle, de réfléchir à une vie plus harmonieuse autour de l’homme, de la nature et de la technologie tout en conservant nos acquis, de promouvoir les technologies vertes au plus proche du grand public… »

Le tout, en favorisant les échanges entre universitaires, mécènes, startupers, financiers, visiteurs, scolaires… Il souhaite créer de la richesse et contribuer à la promotion d’une nouvelle économie. « Si on continue à miser sur le thermique, on va dans le mur. Si on continue de travailler en silo, on ne va pas y arriver… On a tous un petit bout de solution à partager ».

Un nouveau challenge… vert

L’international Cleantech Week voit le jour en juin 2018, à Annecy. Quelque 80 startup et plus de 7 000 visiteurs plébiscitent cette première qui reçoit même la visite de Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Le double est attendu l’édition 2019, organisée avec le concours de 40 partenaires (25 en 2018) et ponctuée de 25 conférences autour de journées thématiques dont l’économie circulaire avec le concours de la Fondation Helen MacArthur.

Du 10 au 14 avril, on retrouvera par ailleurs ce festival au Salon international des inventions de Genève, sur l’Ile Verte, espace dédié aux technologies vertes, qui accueille depuis six ans, des inventeurs français et suisse. Et là n’est sans doute que le début d’une nouvelle histoire pour Denis Horeau qui lancera aussi, en septembre, les rencontres internationales de la mobilité durable à la demande de la ville de Saint- Tropez.

Plus d’infos : https://www.internationalcleantechweek.com/


Hélène Vermare

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