Interview / Alain Ettori : mobilité-liberté, deux valeurs très liées

Interview / Alain Ettori : mobilité-liberté, deux valeurs très liées
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Architecte établi à Annecy depuis plus de 40 ans, Alain Ettori est passionné par les enjeux liés à la mobilité et à l’urbanisme. Il est à l’origine du premier salon City Flux, qui ambitionne de trouver des outils et des moyens pour mieux adapter la ville et ses espaces urbains aux effets induits par l’insertion des nouvelles mobilités électriques.

Comment est né le salon City Flux ?

Je suis architecte et me suis rendu compte que les mondes de la mobilité et de la ville avaient du mal à communiquer ensemble, que c’étaient deux univers complètement séparés. On a beaucoup de salons sur les villes, on a beaucoup de salons sur les mobilités, mais il n’y en a pas encore qui essayent de mettre en relation l’urbanisme, la ville et la mobilité. D’où l’idée de cet événement.

Quels sont les enjeux en matière de mobilité et d’urbanisme aujourd’hui selon vous ?

La mobilité et la liberté sont deux valeurs qui sont très liées. Si on supprime de la mobilité à quelqu’un, on va lui supprimer sa liberté. Dans le salon, on souhaite traiter de toutes les mobilités, aussi bien collectives qu’individuelles. Pourquoi ? Parce que les chiffres sont alarmants. Les villes sont de plus en plus importantes. Aujourd’hui, on est environ 7,6 milliards sur terre et on va passer à 11,2 milliards en 2100. Cette accélération de la progression du nombre d’habitants a un impact direct sur la population des villes qui croît deux fois plus vite que la population en général. Comment faire, dans ce contexte, pour que les hommes vivent bien, en santé et en sécurité ? Aujourd’hui, deux millions de personnes meurent chaque année sur la planète à cause de la mauvaise qualité de l’air, un phénomène partiellement lié aux transports. Donc, les transports du futur doivent être essentiellement électriques. Après, reste à savoir avec quels types de sources : l’hydrogène ? les batteries électriques ? L’hydrogène est en pleine expansion. Il est notamment utilisé dans les transports en commun, mais il est encore peu développé dans la mobilité individuelle. Quant aux batteries, elles sont aussi polluantes…

Quel est votre constat sur la mobilité dans notre région ?

Toutes les villes, ici ou ailleurs, connaissent des problèmes de circulation. Et chacune tente de trouver des solutions. Mon but est d’essayer de les réunir de façon à favoriser des retours d’expérience. Il s’agit de donner des outils à ceux qui font la ville. Ce qui est passionnant, c’est que la mobilité est à la fois collective et individuelle. La mobilité collective, grâce au numérique, est en train de s’individualiser, c’est à dire que le moyen de transport collectif va de plus en plus se rapprocher des besoins de l’usager et le prendre là où il est, le déposer là où il a besoin d’aller. Et paradoxalement, le transport individuel est en train de se partager avec le covoiturage ou les voitures en partage. Donc on est à la croisée des chemins aujourd’hui, où le transport collectif s’individualise, le transport individuel se collectivise, pour arriver probablement vers des modèles semblables aux véhicules autonomes. Tout cela avec des nouvelles mobilités individuelles incarnées par les vélos et trottinettes électriques, les segways, les hoverboards… C’est une vraie révolution, et il faut que les villes se préparent.

Des exemples en France ou à l’étranger vous inspirent-ils plus particulièrement ?

Oui, par exemple au Japon. La gare est le centre de la ville, parce que c’est l’intermodalité qui prime. C’est quelque chose qui s’est un peu perdu chez nous, mais que l’on va retrouver : si l’on veut bien vivre la ville avec sa mobilité, il faut que la gare devienne véritablement plus qu’une gare et qu’un centre de transport, mais un pôle urbain dynamique avec des services, de l’administration, etc. Car c’est un passage obligé des populations qui travaillent. Dans mon métier d’architecte, j’ai eu la chance de connaître des villes nouvelles, des écoquartiers, notamment en Allemagne. Au début, il n’y avait pas un seul bâtiment, la seule chose que l’on voyait c’était un tram. On disait ça coûte une fortune de faire un tram alors il n’y a personne à desservir. Mais aujourd’hui, le tram est pleinement opérationnel ! Il apporte un vrai service à tous les habitants. L’argent, qui a été avancé au départ, a d’après moi, été largement rentabilisé par la suite, dans la mesure où il n’a pas fallu refaire les infrastructures primaires qui sont les plus lourdes et les plus onéreuses.


La première édition du salon City Flux a lieu les 27 et 28 novembre à l’Impérial Palace d’Annecy.
www.cityflux.fr


Propos recueillis par Romain Fournier


Cet article est paru dans votre magazine L’Extension Hiver 2018-2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, et pour soutenir la presse, vous pouvez vous abonner ici.

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