Le mix entre présentiel et distanciel est désormais pleinement intégré, voire souhaité par les salariés. Il devient même facteur d’attractivité pour les entreprises. Mais, l’exercice a ses limites.
«Pour 50 % des télétravailleurs, il est hors de question de revenir au bureau comme avant. Ils sont même 38 % à envisager de quitter leur entreprise, si jamais leur manager venait à imposer une présence quotidienne. Parmi eux, beaucoup de moins de 35 ans », a lancé Nathalie Turquet de Beauregard, manager spécialisée en capital humain chez Implid. Comme un écho à notre dossier RH-Management sur le télétravail, la soirée Rouge et Noir, du club affaires d’Oyonnax Rugby, mardi 12 octobre au stade Mathon, a porté sur le “travail hybride, levier d’attractivité des talents, facteur de fidélisation, avec un cadre légal à respecter”. Un rendez-vous organisé avec Implid, un collectif de tiers de confiance : experts-comptables (son premier métier), consultants, auditeurs, avocats, notaires, huissiers, etc.
Créer du lien
Forte de ces chiffres, Nathalie Turquet fait entrer de plain-pied cette organisation mêlant distanciel et présentiel, dans les facteurs d’attractivité pour les entreprises. Des facteurs dont le trio de tête est constitué, selon différentes études, de l’intérêt du poste, des rapports avec son supérieur et des relations avec ses collègues, suivi, en quatrième position, de l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. « Dans un format hybride, la première des choses à faire va être de recréer et entretenir un collectif, conseille-t-elle. Maintenez un maximum de rituels d’équipe et favorisez le travail en binôme ou en trinôme, même à distance. Le mode de management du télétravail, c’est la confiance. Aussi, il est important de prendre du temps pour expliquer et motiver les salariés, notamment de rappeler le cadre de fonctionnement et la manière de faire circuler l’info. » Enfin, parce que ces fameux confinements ont été source de détresse psychologique chez 50 % des managers, Nathalie Turquet suggère de créer des équipes rapprochées, de six à huit personnes, pour favoriser la proximité.
Trouver un cadre légal
Reste à poser un cadre légal sur ce travail hybride. « Aujourd’hui que le télétravail n’est plus imposé par les mesures sanitaires, il doit être consenti, assorti de règles claires, avec pour support, un accord collectif ou une charte », commente Aymeric d’Alençon, avocat spécialisé en droit du travail, lui aussi chez Implid. Et celui-ci de relever différents points d’attention, à commencer par le lieu d’exercice du télétravail que l’entreprise autorise : domicile, résidence secondaire, domicile du proche aidant… « Cela ne peut pas être n’importe quel lieu voulu par le salarié. Un certain nombre de caractéristiques sont communément exigées, comme une attestation de conformité électrique du domicile, une connexion internet de qualité, une couverture du télétravail par l’assurance habitation… D’ailleurs, en tant qu’employeur, avez-vous averti votre propre assureur ? Certaines limitations peuvent être imposées. Le télétravail à l’étranger, par exemple, dont la mise en œuvre peut être complexe et enfreindre la législation locale. Il va falloir appliquer le droit à la déconnexion et donc, définir des plages horaires de contact. Et puis, il va se poser la question de la prise en charge des frais. Les limites admises par l’Urssaf pour une indemnisation forfaitaire s’élèvent à 10 euros par mois pour une journée de télétravail par semaine ou 2,50 euros par jour télétravaillé. Si aucun bureau n’est mis à disposition, vous risquez de devoir payer une indemnité d’occupation du domicile. »
Un employeur ne peut pas interdire à un salarié de s’installer à 300 ou même 500 km de son lieu de travail. Il peut seulement exiger que celui-ci soit à l’heure, les jours de présentiel. En revanche, l’employé peut demander une prise en charge à hauteur de 50 % des frais d’abonnement aux transports publics. Certaines entreprises ont eu des surprises. « Cela s’est réglé, pour l’instant, en proposant une prise en charge de la moitié du prix du billet, au cas par cas, plutôt qu’un abonnement. » Enfin, le télétravail devrait être intégré au Document unique d’évaluation des risques professionnels, que chaque entreprise est censée tenir à jour. N’est-ce pas ?
Attirer et garder des talents, avec Joe El Abd

Après l’intervention d’Implid, le coach d’Oyonnax Rugby, Joe El Abd, a partagé son expérience, non pas sur le télétravail des rugbymen, mais sur la manière d’attirer et garder des talents. « La rémunération prend de l’importance dans le rugby pro. Il est donc important de proposer de bons contrats et de les respecter, contrairement à d’autres clubs. Mais, le principal levier, c’est notre stratégie : comment on voit notre avenir, quelles sont nos valeurs, etc. Je valorise aussi le territoire avec de belles photos car beaucoup préfèrent la campagne à la ville. Mais, il ne faut pas mentir, Oyonnax, ce n’est pas le lieu pour sortir en boîte ou faire les grands magasins. L’Oyomen Factory, notre centre d’entraînement, est un vrai atout, notamment pour attirer des jeunes qui veulent progresser. Pour les garder, on tâche de créer un environnement épanouissant. On parle d’autonomie et de compétences. Et on mise sur l’appartenance sociale. On essaie de créer des souvenirs inoubliables. »
78 %
À 78 %, les talents français plébiscitent une organisation hybride du travail, entre présentiel et distanciel, avec un max de deux jours en télétravail pour 64 % des répondants.
Source : Sondage BCG et The Network (Cadremploi), mars 2021.
Des nouvelles du club
Les soirées Rouge et Noir sont parrainées cette année par Implid. Le collectif de tiers de confiance proposera donc une fois par mois, une intervention comme celle de ce mardi 12 octobre. Une soirée où le club affaires a accueilli et présenté trois nouvelles entreprises membres, Soteb, Novatech et Isowatt. Sur le plan sportif, Oyonnax Rugby vient de recruter un entraîneur « de haut niveau », pour travailler la touche, point faible des Oyomen, selon les retours des premiers matchs de la saison. Une saison où l’équipe s’est pour l’instant révélée être la plus disciplinée de la Pro D2, avec un très faible nombre de penaltys concédés. Il faut dire qu’un arbitre vient conseiller les joueurs, toutes les semaines. Avec 15 points encaissés par match, Oyonnax Rugby s’affirme également, pour le moment, comme la meilleure défense. Mais, avec seulement 11 essais marqués, il lui faut travailler l’attaque. Enfin, le club affiche la meilleure moyenne JIFF (Joueurs issus de la filière de formation) de Pro D2.
Sébastien Jacquart








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