C’est vrai ça ! On était si tranquille, à se demander si Rudy Garcia était ou non le coach idéal de l’Olympique Lyonnais ou si Gérard n’était pas le compagnon rêvé de Sophie dans la nouvelle saison de L’Amour est dans le Pré qui démarre ! Et puis, patatras ! La cabane est tombée sur le chien. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, tous ces petits riens qui font notre vie ne sont plus.

Nous voilà à présent en quarantaine, au piquet de la vie. « À cause d’un pauvre type en Chine qui a posé ses doigts sur une chauve-souris malade, le rayon de papier hygiénique de l’ALDI de Melun est en rupture de stock », évoque avec un brin humour (il en faut bien dans cette situation) un post sur les réseaux sociaux. Nous voilà donc à travailler chez nous, ou pas, mais confinés, avec cette fois une autodiscipline sévère à respecter. Les images de gens massés dans les jardins publics ont choqué l’opinion. Ce n’est rien à comparer de cette folie qui a poussé nos hauts responsables à organiser le premier tour des élections municipales.

« Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe plus de 300 sortes de fromages », déclarait en son temps le général de Gaulle, dont le film qui lui rend hommage, excellent, devra nécessairement s’inscrire sur vos tablettes une fois tout cela passé. C’est la deuxième fois en cinq ans que ces mots « Nous sommes en guerre ! » reviennent dans la bouche d’un président de la république pour faire prendre conscience du danger qui nous guette.

En 2015, c’est François Hollande qui les prononçait après les attentats de Charlie Hebdo et de l’hyper Cacher. Cette fois, c’est Emmanuel Macron qui s’y est employé pour évoquer une guerre contre le virus. Le ton est solennel. J’imagine ce que devait être la consternation de ceux qui, en 1914 ou 1939, lors de l’entrée en guerre de la France, écoutaient une telle allocation présidentielle qui se concluait par : « Si vous avez plus de 18 ans et moins de 45 ans, faites votre paquetage et rallier la gare la plus proche ! Mobilisation générale ! ».

Comme dit l’autre, ce n’est pas 45 jours dans son canapé à regarder Netflix qui vous attendait, mais la baïonnette ou le canon. Sommes-nous devenus moins courageux que ceux qui nous ont permis de vivre libre aujourd’hui ? Sûrement ! Pourquoi ? Nous n’avons pas subi les mêmes sacrifices ! Il est certain qu’il y aura un avant et un après coronavirus, et cela nous obligera à regarder le monde différemment.

A réfléchir pourquoi une pauvre pièce d’assemblage automobile ou une simple barquette de fraises traverse tous les pays avant de revenir chez nous, alors que nous avons un spécialiste à quelques pas. Il faudra bien essayer aussi d’apprécier encore plus ces petits riens et peut-être faire notre cette citation de Confucius : « On a deux vies et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on en a qu’une… ». En attendant, restez chez vous !

Eliseo Mucciante
Rédacteur en chef ECO Nord Isère
e.mucciante@lecourrierliberte.fr

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