Les élus de la CCI de l’Ain ont visité les infrastructures portuaires sur la Saône, à Mâcon, où s’ouvrent pour les entreprises, de nouvelles perspectives de transport combiné rail-route.

À l’invitation de Michel Suchaut, président de la CCI de Saône-et-Loire, quelques élus de la Chambre de commerce de l’Ain ont découvert le port de Mâcon et les services que ses infrastructures offrent aux entreprises, notamment en termes de solution de transport combiné rail-route. Car le site constitue une plateforme trimodale où se croisent le transport fluvial, ferroviaire et routier, d’autant qu’il est possible d’y pratiquer le ferroutage. Le transporteur Alainé notamment, installé sur le port, exploite depuis le mois de mars, cette possibilité de placer directement des semi-remorques — préhensibles de type P400 — ou des containers, sur l’autoroute ferroviaire Calais-Le Boulou. Dans l’Ain, l’entreprise logistique Astr’In, de Saint-Vulbas, devrait utiliser ce service dès janvier 2020. « Cette solution permet également de pallier une pénurie de chauffeurs routiers et d’anticiper la transposition à venir de la réglementation européenne qui impose un retour au pays toutes les quatre semaines pour les chauffeurs et tracteurs », observe Patrice Fontenat, président de la CCI de l’Ain. Aussi, la Chambre a décidé d’organiser prochainement, une rencontre entre le port de Mâcon et les entreprises de la Plaine de l’Ain, logisticiens et transporteurs en particulier.

« Un vrai intérêt »

« Les solutions offertes par le port présentent un vrai intérêt pour le transport de marchandises en vrac, afin d’alimenter nos usines, une barge représentant l’équivalent de 40 à 50 camions », a commenté Guy Monnet, dirigeant de Monnet-Sève, qui a participé à cette visite. Un intérêt que n’a pas démenti Lionel Fratta, PDG des Transports Feuillet, « en particulier pour les longs trajets ». « Le problème de ce type de solutions rail-route, c’est leur gestion par la SNCF qui favorise les voyageurs au détriment du fret », a-t-il estimé.

Cela n’empêche pas le port de Mâcon d’afficher de solides ambitions. Ce site de 28 hectares manutentionne aujourd’hui, tous modes confondus (eau, rail et route), 2,6 millions de tonnes de marchandises en vrac (agrégats et produits de l’agro-industrie), ainsi que 75 000 conteneurs et remorques, pour un chiffre d’affaires de 5,3 millions d’euros. Son objectif est de passer, d’ici 3 à 5 ans, à 3,5 millions de tonnes de vrac et 100 000 remorques et conteneurs manutentionnés, pour un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros.

Quant à VIIA, l’opérateur des autoroutes ferroviaires de la SNCF, il affirme que la ligne Calais-Le Boulou permet d’éviter l’émission de 26 000 tonnes de CO2, par le transfert des camions de la route vers le rail.


Par Sébastien Jacquart


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