La rénovation-extension du collège chambérien, portée par le Département, va durer trois ans, dans des conditions très contraintes.
Le Département de la Savoie poursuit son vaste programme de modernisation des collèges. Lancé en 2018 pour dix ans, ce plan d’investissement représente 235 M€. À Chambéry, l’un de ses chantiers les plus emblématiques concerne le collège Louise de Savoie (1).
L’établissement, dont certaines parties datent de plus d’un siècle, fait l’objet d’une restructuration et d’une extension d’envergure. L’objectif est de le doter, à l’horizon 2028, des mêmes fonctionnalités qu’un collège neuf, sans dénaturer son caractère patrimonial.
Le projet prévoit la rénovation complète des trois ailes du bâtiment, la mise en accessibilité des locaux, la création d’une salle polyvalente et d’une salle informatique, l’agrandissement des salles de sciences, la modernisation de la demi-pension ainsi qu’une amélioration des performances énergétiques et acoustiques. À l’extérieur, la cour sera désimperméabilisée et végétalisée, tandis qu’un abri à vélos sera installé.
Un chantier complexe en site contraint
« Nous investissons 18 M€ pour cette restructuration. C’est un montant considérable : à titre de comparaison, la construction du futur collège de La Ravoire va coûter près de 35 M€ », souligne Nathalie Schmitt, vice-présidente du Département déléguée à la jeunesse et aux collèges. L’opération se déroule en cinq phases jusqu’à fin 2028. La première, engagée en février 2026, porte sur la rénovation de l’aile A, la plus ancienne du complexe et la construction d’une extension destinée à la vie scolaire et à l’accueil des familles.
« Nous avons mis près de deux ans à finaliser le projet avant le démarrage des travaux », explique Marc Jorcin, directeur adjoint “Constructions et Performance énergétique” au Département. « Il a fallu concilier les exigences des Architectes des bâtiments de France, les contraintes d’accès des services de secours, la préservation d’un cèdre remarquable dans la cour et les objectifs environnementaux liés à la gestion des eaux pluviales. »
« Cette exigence contribue à la qualité finale de l’opération et à la valeur patrimoniale de l’établissement », commente Nicolas Hofman, architecte associé au sein de l’agence Paris et Associés (38). Le chantier comporte également une importante dimension technique. Plusieurs bâtiments amiantés ont dû être déconstruits, tandis que la toiture de l’ancienne conciergerie, conservée pour son intérêt patrimonial, fait l’objet d’un désamiantage complet.
Financé principalement par le Département, le projet bénéficie également d’une subvention de 940 000 € de l’État au titre de la dotation de soutien à l’investissement des départements, de 800 000 € du Fonds vert et d’une contribution de 10 000 € de l’éco-organisme Ecomaison.
Patrimoine et transition climatique
Si le chantier avance conformément au calendrier, une difficulté est toutefois apparue cet été. L’entreprise Avantages Eco Énergie (69), titulaire du marché des façades des deux bâtiments neufs, a été placée en liquidation judiciaire, obligeant la maîtrise d’ouvrage à relancer rapidement la consultation, en lien avec le liquidateur judiciaire.
« C’est aujourd’hui la seule mauvaise surprise du chantier », indique Sylvain Moussy, chargé d’opération à la Semcoda (01), assistant à maîtrise d’ouvrage du Département sur cette opération. La livraison de la première aile en cours de rénovation est attendue pour la rentrée 2027.
(1) Parmi les autres grands chantiers en cours dans les collèges publics de Savoie, notons aussi la rénovation-extension de Joseph Fontanet à Frontenex pour 16,5 M€ et celle du collège de Bissy à Chambéry pour 13 M€.








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