Médecins en Nord-Isère : qui pour porter la blouse ?

Médecins en Nord-Isère : qui pour porter  la blouse ?

Une “campagne” pour lutter contre le désert médical, puisque des internes de médecine invités par le département à découvrir le Nord-Isère pour mieux s’y installer.

En 10 ans, l’Isère a perdu 10 % de ses médecins généralistes. De plus, sur les 1200 que compte le département, 567 d’entre eux partiront à la retraite d’ici à 10 ans. Bref, ici comme ailleurs, l’inquiétude liée au manque de médecin gagne du terrain.

Pour tenter de “remédier” à cela, la cellule “Isère Médecins” du Département, en partenariat avec le Syndicat de médecine de Lyon, SYREL-IMG, a organisé une journée “découverte de l’Isère”, plus particulièrement du Nord-Isère, à destination des internes de médecine 1re année. Accueillis à Morestel sur le site de Roche-Plage par Annie Pourtier, conseillère départementale et des techniciens du Département, cette initiative s’inscrivait dans la thématique “Santé et accès à la nature”.

Le but était de montrer aux internes l’attractivité du territoire afin de leur donner envie de venir s’y installer à la fin de leurs études. Ils ont pu ainsi échanger librement avec les médecins généralistes Gilles Vigliano et Frédérique Chapuis, tous deux installés sur la commune de Morestel. L’un étant établi sur le territoire depuis près de 40 ans, l’autre depuis 15 ans, ils viennent de prendre possession de leur nouveau cabinet situé au sein de la Maison de Santé de Morestel.

Les échanges entre Patrice Morand, doyen de la Faculté de médecine de Grenoble, Jean-Yves Grall, Directeur général de l’Association Régionale de Santé Auvergne-Rhône- Alpes (ARS), Monique Sorrentino, Directrice générale du CHU Grenoble- Alpes, Jérôme Fauconnier, médecin et Lucie Garcien, interne en médecine générale de Lyon et présidente des internes de médecine générale France (ISNAR), ont également permis de donner des pistes pour alimenter l’action du Département.

La cellule “Isère Médecins” du Département, en partenariat avec le Syndicat de médecine de Lyon, SYREL-IMG, a organisé une journée “découverte de l’Isère”, plus particulièrement du Nord-Isère, à destination des internes de médecine 1re année.

Le paradoxe isérois

Selon une étude récente, près de 4 millions de nos concitoyens vivent dans des territoires qui ressemblent de plus en plus à des déserts médicaux. En ville comme à la campagne, l’Isère n’est pas épargnée par le problème. Sachant que la fin du fameux numerus clausus ne produira pas ses effets avant 2025, qu’il faut près de dix ans pour former un médecin, le Département s’est emparé sans plus attendre de la question.

« La santé, plus particulièrement la difficulté d’accès aux soins, est à la fois une préoccupation majeure et une inquiétude pour les Isérois. Même si la santé publique n’est pas une compétence des Départements, nous comprenons cette attente. Tout le sens du dispositif Isère Médecins est d’y répondre ! », explique Jean-Pierre Barbier, Président du Département. Néanmoins, recruter 400 médecins généralistes dans les zones fragilisées, tel est l’objectif “400 médecins” établi dans le cadre de “Ma Santé 2022”.

Il propose des solutions attractives et adaptées à leurs besoins avec une garantie financière pendant deux ans. Si le volet “exercice partagé” permet de découvrir deux modes d’exercice, le volet “salariat” permet de participer à la redynamisation d’un territoire, tout en préservant la qualité de vie. « Dans bon nombre de communes périurbaines et rurales situées sur un arc Nord-Ouest du département, la densité médicale est inférieure à 7 médecins pour 10 000 habitants. C’est un paradoxe dans ces territoires dotés de crèches, de collèges, de musées, d’équipements sportifs, de zones commerciales, de sites de pleine nature et même de stations de ski », martèle Jean-Pierre Barbier.

« Aux grands maux les grands remèdes », c’est ce que prône le Département en lançant sa posologie “miracle”. Il y a urgence aux urgences ! Au CHU de Grenoble, par exemple, le nombre de passage aux urgences a doublé alors qu’un tiers des patients qui s’y présente pourrait consulter un médecin généraliste installé en libéral.

Ça urge !

Bonne nouvelle ! Des partenariats ambitieux s’engagent avec les Facultés de médecine pour assurer la promotion et l’animation du dispositif de la bourse d’étude auprès des internes et du dispositif tuteur de stage auprès des médecins.

Il assure la mise en relation entre les internes et les médecins et participe aux instances de suivi, de pilotage et à l’évaluation du dispositif. Le dispositif oeuvre également avec l’ARS qui propose des formations aux futurs tuteurs Maîtres de Stage des Universités ou encore les communes et les intercommunalités qui facilitent l’installation des jeunes médecins en les aidant à trouver leurs locaux. De quoi permettre aux patients de… patienter un peu mieux !

Bourgoin-Jallieu compose avec la médecine de demain

Au 1er trimestre 2020, la ville accueillera de nouveaux généralistes et spécialistes. Le quartier de La Grive se métamorphose avec la création d’une Maison de Santé Pluridisciplinaire (MSP). Le site se trouve à environ 1 500 mètres du Médipôle, le pôle médical du Nord-Isère. La population à proximité immédiate est de 3 500 personnes et de 10 000 dans les communes proches : Saint-Alban-de- Roche, Domarin et Villefontaine.

Le principe de ces MSP est d’apporter la réponse à plusieurs problématiques de santé publique, en particulier, la désertification médicale. À Bourgoin- Jallieu, ce projet privé est un travail de longue haleine. Le rez-de-chaussée de 500 m2 sera à usage médical et paramédical. Quant au premier étage, il accueillera 6 médecins, des infirmières, ostéopathes, pédicures, orthoptistes, kinésithérapeutes sur 625 m2 avec accès PMR (Personnes à Mobilité Réduite).

Le promoteur Marc Bernet nous précise que les choses ont pu aboutir grâce à la mairie qui a été moteur du projet. Il n’y a aucun coût pour la collectivité. Pour le promoteur, l’investissement se chiffre à 3,3 M€ pour la MSP et le bâtiment de la rue des Silos. Celui-ci comprendra des commerces décalés dans l’offre. Ils n’entreront pas en confrontation avec les commerces existant sur le centreville et sa périphérie.

Cœur de ville

Et cela ne s’arrêtera pas là puisqu’une autre MSP est en projet autour de la place Hector-Berlioz, avec une annexe dans le quartier de Champaret. Voilà deux projets d’envergure suivis de très près par Michel Carron, adjoint au maire en charge de l’Urbanisme et du Foncier. À l’heure de la télémédecine, Bourgoin-Jallieu mise tout sur l’avenir médical de proximité.


Par Carole Muet


Cet article est paru dans votre magazine ECO Nord Isère du 18 octobre 2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, vous pouvez vous abonner ici.

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