Michel Dantin : « Nous ne pouvons plus aménager le territoire en ignorant le changement climatique qui s’opère »

Michel Dantin : « Nous ne pouvons plus aménager le territoire en ignorant le changement climatique qui s’opère »

Moins d’eau, plus d’utilisateurs : le président du Comité intersyndical d’assainissement du lac du Bourget (Cisalb) Michel Dantin explique pourquoi les politiques de l’eau changent.

A l’occasion du lancement officiel du troisième contrat de bassin versant du lac du Bourget, Michel Dantin, qui fut dix ans président du comité de bassin Rhône-Méditerranée, a longuement expliqué comment rien ne sera plus jamais comme avant en matière de politique de l’eau. « Au cours de la dernière décennie, à Voglans, nous avons perdu l’équivalent d’une année de précipitations par rapport aux années soixante, et la température moyenne a augmenté de deux degrés entre le milieu des années soixante-dix et ces dernières années ». Avant d’en appeler au volontarisme politique et à des actions de pédagogie, il a brossé un tableau plutôt sombre de l’avenir.

« Le changement climatique devrait affecter la demande, qui va croître, devenir plus rigide et donc plus vulnérable ; les réserves, qui deviendront à minima moins fiables et diminueront peut-être ; et les règles de protection de l’environnement, qui se feront plus exigeantes ».

Michel Dantin, président du Cisalb

Dit autrement : « demain, nous aurons moins d’eau facilement disponible et nous serons plus nombreux à devoir la partager. Demain, nous serons plus vulnérables face aux inondations parce que nous sommes, chaque année, plus nombreux à vivre derrière des digues anciennes. Nous sommes aussi plus vulnérables parce que nous avons remblayé 50 % des zones humides qui écrêtaient autrefois les crues. Demain, nos rivières seront probablement sans eau et sans vie de mai à octobre ; les rejets polluants y seront plus concentrés. Demain, sans eau et avec une évapotranspiration élevée, notre agriculture sera fragilisée ».

Protéger, renaturer

Le troisième contrat amorce une transition vers une politique de l’eau plus orientée vers « une gestion des ressources et un calcul de leur disponibilité, et du niveau de stress hydrique au niveau local ». Il marque clairement « la fin d’une simple gestion de la demande ».

Avant, « la politique de l’eau était aux ordres de l’aménagement du territoire : elle consistait à tirer des conduites d’eau potable et d’eaux usées, autant que nécessaire ». C’est fini.

Michel Dantin

Le nouveau document acte l’investissement de 64 millions d’euros sur trois ans (2019-2023), dont 24 apportés par l’agence de l’eau. Les actions d’équipement marquent le pas (3 millions de Grand Chambéry dans la valorisation des biogaz, 10 millions de travaux d’assainissement) au bénéfice d’actions portant sur la protection des milieux et l’amélioration du cycle de l’eau (1,5 millions pour des actions de désimperméabilisation de certains secteurs, 6,6 millions pour aider les entreprises à lutter contre les rejets toxiques, 11 millions pour la poursuite des travaux en rivières, 2 millions pour la réhabilitation de zones humides, un million pour la gestion des plantes invasives et des roselières. Mais encore 8 millions de travaux d’économie d’eau, 13 millions pour des travaux de substitution des ressources déficitaires, 2 millions pour la protection et le traitement de la ressource.

Trois contrats

Le premier contrat de bassin versant du lac du Bourget a couvert la décennie 2000-2010, pour 80 millions de travaux d’assainissement, de dépollution dans les entreprises, sur l’axe autoroutier, pour se protéger contre les crues (bras de décharge de la Leysse, confluence Leysse-Albanne), pour restaurer les roselières et les zones humides.

Le second contrat couvre la période 2011-2017 et a permis d’engager 160 millions d’euros de travaux, dont les deux bassins de stockage-restitution des flux d’orage des Biâtres à Aix-les-Bains et de Chambéry, le confortement des digues et la restauration écologique de la Leysse. Il a consolidé le réseau de distribution d’eau potable en interconnectant des réseaux, en sécurisant l’approvisionnement du massif de l’Epine, en luttant contre les fuites… Il a accompagné 30 communes dans une opération zéro pesticide. Il a mis sous cloche 670 hectares de zones humides remarquables, et a permis d’engager des travaux de restauration sur 300 autres hectares.

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