L’attaque conjointe menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran a aussi des répercussions locales. À la fin du premier trimestre 2026, près d’une entreprise sur trois de la filière plasturgie-composites se disait exposée à des risques de rupture d’approvisionnement. Un signal d’alerte qui pourrait encore durer.
« Nous entrons dans un choc des disponibilités. En conséquence, de plus en plus d’industriels nous font part d’arrêts de production », déplore Bibiane Barbaza, responsable affaires économiques au sein de Polyvia. Pour l’instant, ces interruptions de production sont partielles pour la plupart des entreprises, mais elles pourraient s’aggraver et se démultiplier à compter du mois de mai du fait de l’épuisement des stocks de matériaux et de produits finis.
Les industriels cherchent en effet à reporter ces hausses de prix à leurs clients, parfois sans succès. Dans ce cas de figure, les productions sont arrêtées car la perte de rentabilité est importante. La crise de 2022 avait montré que lorsque la filière est confrontée à des vagues d’augmentations de prix successives des matières plastiques, les clients finissent par ne plus suivre.
La hausse des prix de certains polymères est telle que la plupart des industriels ne peuvent déjà plus se permettre de maintenir certaines productions si leurs clients n’absorbent pas au moins une partie des augmentations.
« En conséquence, certains plasturgistes nous signalent avoir lancé, ou envisager de lancer, des démarches de recours au dispositif de chômage partiel », indique la responsable affaires économiques au sein de Polyvia.
En quête d’alternatives
La réglementation européenne sur la concurrence empêche toute coordination au niveau de la filière en matière de comportements d’achat ou d’approvisionnement.
« On observe en revanche bien un déport de la demande de polymères vierges (pétrosourcés) vers les matériaux recyclés lorsque leur utilisation est permise. Pour d’autres industriels, l’utilisation de matériaux vierges de substitution, préalablement choisis avec leurs donneurs d’ordre, reste une possibilité de court terme, dans la mesure où les pénuries touchent de plus en plus de matériaux », précise-t-elle évoquant des secteurs où l’utilisation des matériaux est très encadrée avec des options sont restreintes, comme le médical ou l’électronique.
« La situation devient critique car les stocks de produits finis s’amenuisent plus rapidement que les stocks de matières premières ne se remplissent. »

Consolider la filière recyclage
« La crise actuelle montre une nouvelle fois que la dépendance de l’Union européenne à des puissances externes pour des énergies et matières premières critiques est mortifère », constate Bibiane Barbaza. Dans le contexte particulier de la plasturgie, le développement et la pérennisation des activités de recyclage des déchets plastiques sont désormais une affaire de souveraineté.
La préservation du tissu industriel de la filière au sens large doit passer par le renforcement des industriels du recyclage déjà installés, mais aussi par l’installation de nouveaux acteurs pour augmenter les capacités disponibles.
« Il faut en revanche améliorer le cadre réglementaire actuel pour autoriser l’utilisation des matières plastiques recyclées dans des secteurs où la réglementation l’interdit, estime-t-elle. On peut, par exemple, imaginer que certains polyéthylènes et polypropylènes recyclés puissent être utilisés dans l’emballage agroalimentaire si les procédés de recyclage mécanique sont validés par l’EFSA (agence de sécurité alimentaire de l’UE). »
Sandra Molloy
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Cet article est issu de notre magazine ECOMECA Juin 2026, disponible gratuitement au format liseuse en ligne.












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