Le gestionnaire du réseau de distribution a fait passer une ligne de 20 000 V à travers le lit du fleuve, par des techniques de forage.

 


Cet article est une version enrichie de l’article paru dans l’Eco de l’Ain du 22 mars. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour avoir accès à l’intégralité des articles de l’Eco de l’Ain ainsi que de ses suppléments et hors-série, c’est ICI.


 

Pour raccorder au réseau électrique la nouvelle station de pompage de l’Association syndicale d’irrigation de l’Ain (Asia), installation de 3,5 MW en bordure du Rhône à Lagnieu, Enedis (ex-ErDF) a choisi de faire passer la ligne sous le lit du fleuve, à une dizaine de mètres de profondeur, sur une distance de près de 300 m. Le chantier a été réalisé par For-Drill, une entreprise du Vaucluse spécialisée dans le forage dirigé sans tranchée, et SBTP.

Enedis, forage sous le Rhône

Le forage dirigé sous le Rhône a été réalisé à une dizaine de mètres de profondeur, sur une distance de près de 300 m.

« Grâce à ce forage nous économisons du câble et des tranchées, avec au final, un coût de raccordement moindre pour le client », justifie le directeur territorial d’Enedis dans l’Ain, Hugues Madignier. « Initialement, nous devions procéder à une extension de ligne de 20 000 V depuis Meximieux, soit 14 km, détaille Olivier Nicod, chargé de projet au service des raccordements. Le coût était bien trop élevé pour tout le monde, d’autant que les besoins d’irrigation ne sont que ponctuels. De plus, les contraintes ne nous permettaient pas de passer sous le pont de Lagnieu. L’alternative consiste donc à tirer une ligne depuis Vertrieu, en Isère, à 2 500 m, avec un renforcement du réseau sur le village de La Balme-des-Grottes où trois postes de transformation ont été changés et 1 km de lignes ont été enterrées, pour garantir la puissance sur le site. »

L’opération, qui participe à l’amélioration de la qualité du réseau pour tous les usagers du secteur, aura nécessité une quinzaine d’heures de coupures d’électricité sur six jours. Ces coupures ont notamment impacté un site isérois de l’entreprise Biomérieux, avec qui ont été négociés le jour et le créneau horaire les moins pénalisants, le samedi de 8 heures à 16 heures.

Préserver la nappe

L’Asia compte 18 pompages sur le Rhône, la Plaine de l’Ain, la nappe de la Dombes et la nappe de la Saône, pour l’irrigation de quelque 5 000 ha de cultures sur le département. Sa nouvelle station de pompage, d’une capacité de 3 800 m3/h, est destinée à irriguer 1 300 ha. Elle permettra surtout de puiser dans le Rhône, une eau de surface, plutôt que dans la nappe phréatique de la rivière d’Ain. Environ 40 puits où étaient prélevés 4,5 millions de mètres cubes par an seront fermés. Le coût de raccordement s’élève à 450 000 euros, dont 250 000 à la charge de l’association. Le prix de l’électricité inclut en effet les coûts de raccordement à hauteur de 40 %, dans un système de péréquation. La construction de la nouvelle station de pompage, elle, coûtera au total, 12 millions d’euros.

La nouvelle station de pompage de l'Asia

La nouvelle station de pompage de l’Asia est destinée à l’irrigation de 1 300 ha de culture sur la Plaine de l’Ain.


À propos d’Enedis

Gestionnaire du réseau public de distribution, électrique, Enedis développe et entretient près de 13 500 km de lignes basse et moyenne tension sur le département. Chargé également du raccordement des clients dudit réseau, il en a réalisé 2 600 dans l’Ain, en 2017.

Enedis tel que l’entreprise présente ses missions (video officielle réalisée par Enedis) :


Par Sébastien Jacquart