Réduire l’impact écologique des trajets liés au travail

par | 27 Juil 2022

En France, le transport est le secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre (GES) et le seul dont les émissions n’ont pas baissé depuis 1990.

Les trajets en lien avec le travail constituent le premier motif des déplacements effectués en voiture. Les employeurs, publics et privés, ont donc un rôle à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique. La législation leur donne les moyens d’agir tant sur les trajets domicile-travail de leurs collaborateurs que sur leurs déplacements professionnels.

« Nous entrons clairement dans une phase de mutation des mobilités et de l’organisation du travail en général. »

Les raisons d’agir

L’intérêt des employeurs à agir est multiple.

Sur le plan réglementaire : la loi Climat et Résilience votée le 22 août 2021 prévoit, entre autres, la fin de la vente des voitures neuves les plus polluantes (émettant plus de 95 g de CO2/ km) en 2030 et des poids-lourds les plus polluants en 2040, la création de zones à faibles émissions (ZEF), l’interdiction de circulation de certains véhicules dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants (1) avant la fin de 2024, ou encore la limitation des vols intérieurs lorsque le même trajet peut être effectué en train en moins de 2 heures et demie.

La loi d’orientation des Mobilités impose également l’accélération de l’évolution des flottes d’entreprises vers 100 % de véhicules à faibles et très faibles émissions (VTFE) :

  • pour les flottes administratives (mairies, police, etc) supérieures à 20 véhicules, un taux minimum de 50 % de VTFE est à appliquer dès maintenant ;
  • concernant les collectivités territoriales et entreprises nationales, le taux minimum est à 30 % depuis le 1er juillet 2021 et passera à 37 % en 2026 ;
  • pour les flottes professionnelles supérieures à 100 véhicules, le taux augmentera progressivement à 10 % en 2022, 20 % en 2024, 35 % en 2027 puis 50 % en 2030.

Sur le plan économique : l’expérience montre que les parcs de véhicules ne sont souvent pas gérés de manière optimale et que d’importantes économies sont réalisables.

Sur le plan social : les déplacements liés au travail pèsent sur la santé, sur la motivation et sur le pouvoir d’achat du personnel. Des marges d’amélioration existent. Agir sur les déplacement professionnels revêt également un caractère stratégique car nous entrons clairement dans une phase de mutation des mobilités et de l’organisation du travail en général. On ne circulera plus demain comme on circule aujourd’hui.

Des solutions et des opportunités existent pour opérer la transition dans de bonnes conditions. Grâce aux efforts conjugués des collectivités et des industriels, l’offre de mobilité s’élargit et se diversifie. De nouveaux types de véhicules, moins polluants, sont mis sur le marché. Des services adaptés, et de plus en plus performants, sont déployés, en transports collectifs, en autopartage, en covoiturage, à vélo, en intermodalité, etc. En investissant les mobilités durables, les entreprises oeuvrent plus décisivement qu’elles le croient à l’indispensable transition écologique du territoire, en sensibilisant leurs collaborateurs, en leur faisant découvrir et tester ces nouvelles mobilités et en contribuant directement ou indirectement à leur développement.

Comment s’y prendre ?

Les moyens d’agir sont variables d’une entreprise à l’autre et dépendent étroitement du domaine d’activité, de la taille, de l’implantation, etc. C’est donc au cas par cas qu’il faut s’attacher à mettre en évidence les enjeux et à identifier les opportunités et contraintes propres à chaque entreprise. Le plan d’action qui en découle pourra intégrer, par exemple, des mesures organisationnelles pour réduire le nombre de déplacements, un plan d’optimisation et de verdissement de la flotte, la promotion des modes alternatifs…

Pour mener un premier niveau de réflexion, de nombreuses ressources – sous forme de guides, de formations ou d’accompagnement – sont disponibles auprès des collectivités et des organismes publics ou privés spécialisés. Mais pour garantir la réussite des démarches, un engagement fort de la direction et l’implication des salariés sont cruciaux. (1) Annecy, Annemasse et Chambéry sont concernées.


Crédit photo à la une : ©Grand Chambéry


Pour aller plus loin : https://theshiftproject.org/guide-de-la-mobilite-quotidienne-bas-carbone/

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