Stations de ski : des réservations très en avance !

par | 13 Oct 2022

G2A annonce pour cet hiver des réservations aujourd’hui en hausse de 20,2 %, par rapport à l’an dernier. Seule ombre au tableau : la consommation, sur fond d’inflation.

Comme traditionnellement à la veille de l’hiver, le cabinet d’études G2A Consulting dévoile ses premières tendances de réservation à la montagne. Et elles sont au beau fixe. « À début octobre, nous avons un mois d’avance », relève, satisfait, son directeur général Denis Maurer, qui a analysé 140 stations et plus de 90 % de lits touristiques. La hausse est de 20,2 % tous massifs confondus, par rapport à un an plus tôt. Pour autant, la fréquentation hivernale devrait s’établir au global à 58 millions de nuitées… soit 1,7 % de plus. « Mais si l’on compare à l’hiver 2019/2020, qui s’annonçait exceptionnel s’il n’avait pas été stoppé par la pandémie, les réservations sont stables, voire en léger retrait », fait remarquer Tamara Mejias, en charge des études chez G2A. Plusieurs raisons sont avancées : le contexte sanitaire pesant qui, l’an dernier, freinait les vacanciers dans leurs choix, auquel s’ajoute désormais l’inflation qui amène les clientèles françaises mais aussi néerlandaises, britanniques et belges à réserver plus tôt, de crainte que les prix n’augmentent encore.

« On n’aura peut-être pas la même lecture en termes de chiffre d’affaires », tempère Denis Maurer.

La montagne séduit

D’après l’étude sur les intentions de départ, quatre Français sur dix partiront en vacances cet hiver. Idem pour les Anglais, les Néerlandais et dans une moindre mesure (trois sur dix) les Belges, défavorisés par le calendrier scolaire. Bonne nouvelle, la clientèle française, qui plébiscite à 42 % nos stations, est constituée à 90 % de skieurs motivés.

S’agissant de la fréquentation globale, G2A pointe des variations sensibles. Ainsi les fêtes de fin d’année, qui en 2022 s’étaleront sur trois semaines (Noël et jour de l’an tombent un dimanche), affichent déjà +6,9 %. L’intervacances de janvier suit la même tendance, avec le retour des classes de neige, à l’instar des vacances d’hiver où un pic est observé sur les deux semaines intermédiaires, contrebalançant en partie le recul des autres semaines. Et la fin de saison s’effrite du fait de l’enneigement incertain.

(Source G2A Consulting)

Une belle dynamique que corroborent également les hébergeurs et tour-opérateurs. Ainsi, l’UCPA entérine une progression de 30 % des séjours adultes et assure vouloir reconquérir les 18-25 ans avec de nouveaux produits plus attractifs. De leurs côtés, les agences immobilières de la Compagnie des Alpes indiquent +20 %, et MMV, spécialiste des villages et hôtels clubs racheté dernièrement par la CDA, +40 %. Enfin, Travelski (une filiale de la CDA), qui vend 200 000 séjours packagés à la montagne par an, confirme, lui aussi, avoir un mois d’avance sur ses ventes.

Dans cette élan, et pour accélérer la décarbonation des transports, le premier tour-opérateur européen reconduit cet hiver le Travelski Express entre Londres et Bourg-Saint-Maurice afin de

« rendre la montagne accessible en train et satisfaire une clientèle plus soucieuse de l’environnement », souligne Guillaume de Marsillac, directeur général de Travelfactory.

Il annonce le lancement d’une nouvelle offre packagée au départ de Paris gare de Lyon à destination de 21 stations de la Tarentaise et de la Maurienne, du 24 décembre au 11 mars 2023. Cinq gares seront desservies par des TGV de la SNCF et Trenitalia. Cette desserte ferroviaire vient compléter le Thalys Neige (environ 7 000 sièges) qui, cet hiver encore, acheminera les skieurs depuis la Belgique (Anvers et Bruxelles) et la Hollande (Amsterdam) vers la Tarentaise.

Consommation : des arbitrages à faire

Reste le pouvoir d’achat, qui n’en finit pas de baisser. D’ailleurs, 7 clients habitués à la montagne sur 10 prévoient de diminuer leur budget. Cela devrait se traduire par moins de restaurants, moins de forfaits de ski et des hébergements moins chers. « Tous les marchés sont inquiets », confirme François gaillard, directeur de France Montagnes, qui anticipe un impact sur la consommation malgré un niveau de réservation très encourageant.


Patricia Rey


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