Travailler moins… sans forcément travailler moins, mais pour de meilleurs résultats. C’est l’objectif de la semaine de 4 jours, qu’une SAS haut-savoyarde veut promouvoir.
« On ne fait pas les mêmes choses avec un jour de moins : on repense ses choix, on réfléchit à son organisation. Passer à 4 jours, c’est un projet transformationnel et qui doit être fédérateur de l’entreprise », explique Philippe du Payrat, co-fondateur avec Anthony Garcia de la plateforme 4 jours.work (la plateforme web est éditée et juridiquement portée par la SAS Tempo Libre, fondée en février, basée à Fillière, au nord d’Annecy et présidée par Anthony Garcia, NDLR).
Consultant chez Accenture puis analyste chez Google, manager chez Aramisauto ou La Ruche qui dit oui, fondateur de startups, le jeune dirigeant ne semble pas du genre à vouloir travailler moins par principe. Alors pourquoi investir ce créneau de la semaine de 4 jours ?
« Parce que j’aime l’innovation et que cela correspond à une tendance de fond de notre société », réplique-t-il.
« Les nouvelles générations se disent “Je vais devoir travailler jusqu’à 70 ans, la planète brûle, je n’aurai pas le même niveau de vie que mes parents…” Les entreprises doivent donc s’interroger sur la manière dont elles peuvent apporter une meilleure qualité de vie à leurs salariés, pour les motiver et les fidéliser, sans pour autant renoncer à la performance. »

Travailler un jour de moins par semaine ne se fait toutefois pas en un claquement de doigts. Il faut d’abord opter entre semaine en quatre jours (maintien des 35 heures) et semaine de quatre jours (potentielle réduction à 32 heures voire moins). Puis bien se préparer et s’organiser.
La SAS haut-savoyarde (pas de salariés mais un réseau d’experts indépendants comme prestataires) propose aux entreprises un accompagnement sur 2 mois, avec des cours en ligne, un accès à la communauté des structures ayant déjà franchi le pas, du support juridique et même une mise en relation avec l’EM Lyon, partenaire “académique” de la SAS (qui recueille des données pour pouvoir tirer un bilan fiable à l’échelle macro).
Philippe du Payrat croit dur comme fer aux vertus des 4 jours comme vecteur de changements sociétaux : égalité femme-homme, baisse des troubles de santé mentale liés au travail, temps disponible pour les activités sociales et associatives…
Et l’entreprise ? « Elle y gagne aussi ! Les craintes exprimées aujourd’hui sont du même registre que celles faites à Henry Ford il y a un siècle quand il a fait passer son groupe à… 5 jours (au lieu de 6). On lui avait dit : “vos salariés vont devenir oisifs et alcooliques” et vous avez vu ce qu’il s’est passé… (la productivité et la consommation de masse ont augmenté – NDLR)… », sourit Philippe du Payrat.
Selon lui, plus de 90 % des entreprises accompagnées par “4 Day Week Global” (leader mondial dans le domaine, dont il est le partenaire dans l’Hexagone), dans une vingtaine de pays, ont choisi de pérenniser l’expérience : de quoi inciter les entreprises qui s’interrogent à se lancer, a minima, dans 4 jours… de réflexion.
Pas de crispation patronale
« Des vrais passages aux 4 jours j’en connais peu en Savoie, mais des passages à 4,5 jours ça, il y en a beaucoup plus, avec des journées plus longues et des pauses plus courtes. Cela répond à une demande des salariés : plus que de l’argent, les jeunes veulent du temps en plus », commente Marine Coquand, secrétaire générale du Medef Savoie.
Pourtant toujours vindicatif contre les 35 heures, le mouvement patronal dans son ensemble ne semble pas allergique par principe au passage à 4 jours, en maintenant toutefois le temps de travail hebdomadaire.
Éric Renevier








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