Il est des escapades dont on se souvient. Une micro-aventure hors du temps, bienveillante, qui vous reconnecte aux plaisirs simples. Rendez-vous avec Mélodie Jacquelin pour un week-end en pleine nature, auprès des chevaux, à la Ferme du Berbois.
La route qui serpente entre les champs et la forêt de La Pesse amène à se demander si la Ferme de Berbois apparaîtra un jour. Déjà, le trajet est dépaysant. Rapidement, le réseau disparaît et l’on se fie finalement plus aux panneaux qu’au GPS. Lorsque Le Berbois apparaît enfin, le téléphone est éteint depuis longtemps et le charme opère. À côté de la ferme équestre et du refuge, les chevaux broutent paisiblement dans les prés.
Retour aux plaisirs simples
Les bottes à peine enfilées qu’une ambiance chaleureuse et familiale se fait sentir en ce début d’après-midi. Le petit groupe échange avec Mélodie Jacquelin, la gérante. « Ce séjour a pour vocation d’apprendre ou réapprendre à communiquer avec le cheval, à côté et sur son dos, mais aussi de s’immerger dans la nature, par son biais », explique-t-elle.
Après une visite rapide, quelques questions posées sur les rapports aux équidés et la pratique de l’équitation, j’ai le choix entre deux chevaux : un grand Frison noir, et Rieky, petite jument baie qui sait se faire comprendre quand elle n’est pas d’accord avec son cavalier et qui a de l’énergie à revendre. Elle a ma préférence.
Une fois les montures préparées, nous partons à pied sur le bord de route afin de rejoindre le début du sentier. C’est l’occasion de s’échauffer et d’établir tranquillement la connexion avec l’animal. Une fois sur son dos, nous profitons dès les premiers instants du décor alentour, rênes longues, dos droit pour ne pas le gêner. Ici, les chevaux sont tous montés en licol plat (sans mors) et sans fers (hipposandales pour certains).

La troupe se met en file indienne. Chacun a sa place. Durant tout l’après-midi, nous nous laissons guider au fil de la forêt et des champs. La nature est si paisible que nous sentons déjà les bienfaits de la balade sur soi. Les oiseaux chantent, des chevreuils bondissent dans les champs alentour sans que les chevaux ne soient perturbés. Ils sont bien dans leurs sabots et il n’y a rien de plus agréable. Arrivés sur les hauteurs, une vue à 360 °C s’offre à nous sur la chaîne du Jura. On aperçoit même le massif du mont Blanc au loin.
Puis retour à la case départ. Les soins aux chevaux terminés, direction le refuge de Berbois pour prendre possession de sa chambre. Laurence Bougeot, la gardienne, prépare le souper, servi à 19 heures. Dans la salle, les tables sont déjà composées : une pour les cyclistes, une autre pour les motards et cavaliers en itinérance. La dernière est pour notre petit groupe venu se ressourcer chez Mélodie.
Au menu, de quoi reprendre des forces pour la journée du lendemain : poireaux, blanquette de veau, fromage et mousse au chocolat. Tout est fait maison par la gardienne des lieux, qui connaît même les intolérances et allergies des habitués et adapte donc les plats en fonction. Nous aurons également la chance, le lendemain, de goûter son fameux gâteau aux marrons qui ravit nos papilles !

Se remettre en question
Le dimanche matin est consacré au travail à pied. Une matinée où tout ce que nous apprenons dans un centre équestre classique est remis en question, où nous nous remettons nous-même en question. L’objectif ? Réapprendre à connaître le cheval, en mêlant communication et respect. Nous lui enseignons par exemple à reculer avec la voix et les gestes, en surveillant son attitude (s’il a les oreilles en avant, c’est qu’il est à l’écoute). Nous lui parlons en lui montrant que nous sommes les leaders, de façon à gagner sa confiance. Car s’il a confiance, il nous suivra. Une très belle expérience dont on repart ressourcé à souhait.

Mélodie Jacquelin : la passion simple du cheval
Originaire du premier plateau du Jura, Mélodie Jacquelin a choisi de s’installer, en 2019, dans un petit coin de paradis : à La Pesse, au cœur du Haut Jura, au pied du Crêt de Chalam, là où l’homme s’adapte à la nature et non le contraire. Le genre d’endroit rêvé pour se ressourcer et se reconnecter à ce qui nous entoure. La jeune femme l’a bien compris puisqu’elle y vit au rythme de ses chevaux.
Assise sur un banc en bois, elle contemple ses animaux qui paissent dans les prés autour de la ferme. Il suffit de l’observer pour voir tout l’amour qu’elle leur porte. Celle qui pratique l’équitation depuis l’âge de 10 ans en a fait du chemin depuis. À 20 ans, Maëva, sa toute première jument qui l’accompagnera toute sa vie, la rejoint. Côté professionnel et après un BTS, elle devient toutefois d’abord comptable, puis naturopathe à Saint-Claude avant de s’installer à La Pesse avec sa famille, cinq chevaux et trois ânes ! Même si elle n’a pas, au départ, le projet de travailler dans le milieu du tourisme équestre, de fil en aiguille, le troupeau s’agrandit et l’idée émerge.
Aujourd’hui, les équidés vivent dans plusieurs prés répartis autour de La Pesse, en fonction des affinités de chacun. Un point sur lequel Mélodie garde un œil attentif, puisque cela contribue au bon fonctionnement des troupeaux. De mémoire de cavalière, l’approche qu’a Mélodie du cheval est rare. Un lien précieux qui s’est tissé année après année et qu’on ne croise pas tous les jours. Tout réside dans la confiance. Durant la matinée de travail à pied, la jeune femme explique qu’il est nécessaire de comprendre que le cheval est un être à part entière. Sans pour autant jamais parler d’éthologie.
La relation avec lui passe par la conscientisation de son corps. Pour que la complicité entre l’équidé et le cavalier puisse naître, ce dernier doit gagner la confiance, le respect du premier. Rien ne se fait par la force. Tout passe par le consentement de l’animal. C’est aussi pour cela et pour favoriser le bien-être de ses chevaux que Mélodie n’utilise pas de fers, seulement des hipposandales pour certains lors des balades, mais rien de plus. Pas de mors non plus. Les randonnées se font en licol, ce qui permet aux cavaliers de mieux faire confiance à leur compagnon de route.
Finalement, Mélodie est de ces personnes qui, à son échelle, bouscule les croyances. Grâce à elle, chacun repart avec une nouvelle idée de l’équitation. Celle dans laquelle les chevaux aussi ont le droit d’éprouver du plaisir à vivre et à randonner.




Marine Pitteloud
Photo à la une : https://www.stephane-godin.com/ pour https://lafermeduberbois.com/
Cet article est issu de notre magazine Naturez-Vous Printemps-Été 2025, accès libre et gratuit ici >>










Bravo vous avez bien saisi et la nana et son oeuvre…félicitations..les mots sont justes, vrais, tout est bien senti.