Citygie diversifie ses horizons

par | 5 Août 2021

Le leader des blocs sanitaires préfabriqués en France, notamment pour les toilettes d’autoroute, envisage le marché de la construction de maisons individuelle, ainsi qu’une filiale aux États-Unis.

Citygie, c’est avant tout une marque, Francioli, qui produit depuis son usine de Chaleins (90 personnes) des sanitaires publics en préfabrication béton. Elle détient ainsi 100 % du marché français des autoroutes. Mais, elle compte aussi pour clientes, des collectivités locales de toutes tailles, notamment à travers l’équipement des aires d’accueil des gens du voyage, ou encore la SNCF, avec l’intégration de nouveaux sanitaires dans les gares existantes. Cette activité représente 75 % d’un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros. Le reste se partage entre la fabrication de mobilier urbain (bancs, corbeilles, jardinières, abris de bus, tables de pique-nique, etc.) à hauteur de 5 %, d’abris containers pour protéger les bacs à roulette de la collecte des déchets (sous la marque Bihr Environnement) et un service de maintenance et de nettoyage des sanitaires (sous la marque Protecsan).

Renouveler la clientèle

Le groupe n’entend cependant pas en rester là. Il cherche à diversifier son portefeuille clients et réfléchit notamment à un moyen d’intégrer le marché des écoles. Mais surtout, il investit à l’international et dans l’innovation. « Nous venons de créer une filiale aux États-Unis. Pour nous, c’est un marché émergent dans la mesure où l’on y trouve peu de sanitaires publics », annonce en premier lieu son directeur général, Éric Piroud. Par ailleurs, Citygie développe en partenariat avec la société de R & D Cubik-Home, un système de construction hors site, un habitat modulaire utilisant le béton pour l’enveloppe extérieure, du bois pour la structure intérieure et des isolants biosourcés que l’on peut recouvrir de plaques de plâtre, de feuilles de pierre, de bois… Un procédé breveté, sur lequel a planché l’Insa et qui a été financé par Bpifrance. « Ce sont comme des boîtes à chaussures que l’on va agencer, associer, superposer, etc. On peut laisser une toiture-terrasse ou couvrir avec une toiture à deux ou quatre pans », décrit David Damichey, fondateur de Cubik-Home. « Il est ainsi possible de construire une maison de 180 m2, en quatre heures, par l’assemblage de cinq modules », ajoute Éric Piroud.

Une nouvelle usine ?

Un premier prototype doit être construit en Seine-Saint-Denis prochainement, puis un deuxième, à Chaleins, d’ici un an. Ils doivent permettre d’obtenir les agréments techniques nécessaires à l’assurance des bâtiments construits via ce système et à l’industrialisation du process. Une nouvelle usine de 30 à 40 personnes, dédiée à cette production, pourrait alors voir le jour en 2022. Éric Piroud l’envisage dans un rayon de 30 km autour du siège de Citygie, « dans un secteur où l’emploi est un peu moins tendu ». « Nous faisons des bâtiments modulaires depuis des années. Ce projet s’inscrit donc dans une continuité, tout en nous permettant de toucher une clientèle privée. »

Des emplois

Même sans ces nouvelles perspectives, Citygie reste une entreprise en développement. Elle a recruté dernièrement et cherche encore une dizaine de personnes. « Préfabrication et assemblage des bétons, électricité, plomberie… Nos besoins en compétences sont variés, note le directeur général. Comme il n’existe pas d’école de la préfabrication, nous cherchons à développer un module de formation avec le Greta, que l’on espère opérationnel en septembre. » Il permettrait d’obtenir un Certificat de qualification professionnelle.


Sébastien Jacquart

Photo : Citygie a invité la préfète Catherine de la Robertie à découvrir ses installations, fin juin.

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