L’UIMM et le Medef plaident pour que les industriels poursuivent leurs activités, avec des mesures barrières, tandis que le BTP hésite toujours à reprendre les chantiers. Le point.

Dans un communiqué daté du 19 mars, François Perrier, président de l’UIMM de l’Ain, s’inquiète des mesures de chômage partiel et des fermetures de sites industriels qui « prennent des proportions très inquiétantes ». « Le maintien de l’activité économique qui semblait possible, hors activités interdites, en tout début de semaine, devient de plus en plus difficile. Un arrêt de l’activité économique française, en raison des conséquences de l’épidémie de Covid-19, mettrait en danger tous les secteurs, y compris ceux vitaux à la vie des Français, alerte-t-il. L’ensemble de l’industrie est largement impliqué dans la production d’électricité, dans l’agroalimentaire, dans le maintien de l’ensemble des réseaux, etc. La production et la distribution des biens essentiels sont une chaîne : même des activités, apparemment non vitales, pourraient mettre le pays en danger si elles s’arrêtaient. L’emballage est indispensable pour l’agroalimentaire, les automatismes doivent rester opérationnels dans de nombreux domaines, la chimie est nécessaire à la production de médicaments, etc. Un arrêt en chaîne des activités industrielles serait dangereux pour tous et mettrait en péril notre système collectif. Dans ce contexte, notre organisation préconise que les industriels maintiennent le plus possible leurs activités tout en mettant en oeuvre les mesures barrières que nous connaissons tous. »

L’industrie pousse à la roue

Cet avis est largement partagé au Medef de l’Ain, dont le président, Stéphane Rostaing, a montré l’exemple en mettant en place un plan de continuité dans son entreprise de production de gants techniques (lire notre édition du 26 mars). Le 19 mars, lors d’une réunion en visioconférence destinée à informer les adhérents de l’organisation patronale, l’un d’eux, industriel de l’agroalimentaire, ne cachait pas son agacement, s’estimant lâché par l’entreprise qui devait réaliser des travaux dans son usine. « Nous ne demandons pas mieux que de reprendre les chantiers, mais nous n’avons ni béton, ni acier. Et nos salariés ont fait valoir leur droit de retrait, lui a répondu le dirigeant d’une société burgienne de construction qui leur donne raison. Nous ne sommes pas en capacité d’assurer les mesures barrières pour nos équipes, qui voyagent, se changent, mangent et travaillent les uns à coté des autres sur les chantiers. »

Le BTP freine des quatre fers

Lundi 23 mars, la FFB, la FRTP et la Capeb Auvergne-Rhône-Alpes recommandaient aux entreprises de ne pas reprendre leur activité avant la parution officielle du guide de bonnes pratiques, issu des négociations conduites avec le Gouvernement, le 21, pour déterminer dans quelles conditions, le bâtiment et les travaux publics pourraient se remettre au travail. Le secteur a obtenu que soit écrit noir sur blanc, que « toutes les entreprises quelle que soit leur taille bénéficieront des mesures d’activité partielle pour leurs salariés, si elles le souhaitent, pendant la période de confinement ».

L’industrie n’est pourtant pas toujours mieux lotie que le BTP. Quelques uns voient leurs usines tourner à plein régime, notamment pour la production de gel hydroalcoolique. Mais d’autres tournent au ralenti. Enfin, entre ruptures d’approvisionnement, droit de retrait, salariés en arrêt pour garde d’enfant, annulations de commande et autres difficultés à appliquer les mesures barrières, plusieurs d’entre elles ont choisi de fermer.


Par Sébastien Jacquart

Une Eco de l'AinCet article vient compléter le papier paru dans le magazine ECO de l’Ain du 26 mars 2020, sur le flou dans lequel évoluent les entreprises depuis les mesures de confinement. Pour retrouver l’intégralité des articles de notre hebdomadaire, mais aussi nos suppléments et hors-séries, c’est ICI et ICI.