Emploi : climat social glacial chez Swissport

par | 18 Fév 2021

En raison de la crise, le leader mondial de l’assistance aéroportuaire Swissport veut baisser la rémunération de ses salariés genevois. Les syndicats s’y opposent. Swissport menace de licencier les récalcitrants.

Tout a commencé début janvier, lorsque Swissport a demandé à ses quelque 1 200 salariés – dont de nombreux frontaliers – de signer les nouveaux contrats de travail qu’elle venait de leur adresser.

Des contrats de travail qui prévoient notamment : des baisses de salaire, pouvant aller, selon les syndicats, de 400 à 1 200 francs suisses par mois ; un allongement du temps hebdomadaire de travail, passant de 40 à 41,25 heures ; une annualisation du temps de travail ; et une réduction des congés payés. La démarche est évidemment un casus belli pour les salariés. Depuis un mois, ils multiplient les actions pour défendre leurs intérêts. « On est en train de couper un quart du traitement du personnel », affirmait ainsi Jamshid Pouranpir, secrétaire syndical du Syndicat des services publics (SSP), lors d’une manifestation le 12 janvier dernier.

75 % d’activité en moins

Initialement, les salariés avaient jusqu’au 28 janvier pour signer leur nouveau contrat. Mais face à la grogne sociale et à l’intervention de quelques hommes politiques, la direction du leader mondial de l’assistance aéroportuaire leur a finalement octroyé une quinzaine supplémentaire, jusqu’au 15 février. De quoi laisser aux nouvelles négociations, menées sous la médiation de l’ancien conseiller d’État genevois David Hiler, le temps d’échouer à leur tour…

Lors d’une assemblée générale convoquée le 12 février au matin, les près de 200 salariés présents ont refusé la proposition d’une nouvelle convention collective de travail (CCT), dite « de crise », pour les deux ans à venir. Les syndicats estiment en effet que celle-ci reviendrait à entériner les conditions de travail prévues dans les nouveaux contrats.

« Nous devrons malheureusement donner leur congé aux personnes qui n’accepteront pas les nouvelles conditions dans le délai prévu », indiquait le même jour la direction de Swissport Genève au Temps. Ils étaient alors encore près de 380 salariés à ne pas avoir signé les nouveaux contrats de travail qui doivent entrer en vigueur le 1er juin prochain. Pour justifier sa position, Swissport Genève rappelle, dans un communiqué, qu’elle « a connu une baisse de production moyenne d’environ 75 % depuis le début de la crise » et indique perdre plus d’un million de francs (env. 925 000 €) par mois.

Elle explique devoir également composer avec la pression de compagnies aériennes elles-mêmes en difficulté. « Nous sommes donc contraints de produire à moindre coût pour assurer la pérennité de l’entreprise en restant compétitifs. Sinon, nous risquons de perdre des clients au profit de concurrents moins chers », assure Antoine Gervais, le directeur de Swissport Genève.

L’argumentaire ne convainc pas les syndicats qui en appellent au conseil d’État (exécutif cantonal), qui botte pour l’instant en touche. L’hiver social est parti pour durer sur le tarmac…


Par Matthieu Challier


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