Les FCE, des racines et des ailes

Les FCE, des racines et des ailes

De la valeur du partage d’expérience à la force du collectif, en passant par le réseau, les femmes chef d’entreprise de l’Ain ont pris de la hauteur sur ces sujets prégnants.

« Ce que l’on vise ? S’inscrire dans l’excellence, en gardant notre sang-froid. Aujourd’hui, quelle que soit notre activité, pour pouvoir en vivre, nous n’avons d’autre choix que de viser l’excellence. Quels sont les leviers mis en œuvre pour y parvenir et s’inscrire au quotidien dans cette performance ? » Le 27 juin dernier, sous une chaleur torride, la délégation de l’Ain des FCE (Femmes chefs d’entreprise) célébrait ses 20 ans, avec comme sujet brûlant, les réseaux professionnels.

Et Virginie Guyot, première femme leader de la patrouille de France, a brillé par son expertise en matière de management. La puissance du collectif a trouvé tout son sens au travers de son intervention. Embarquement immédiat…

Force du collectif

« Le point de départ, ce qui soude une équipe, c’est lorsque tout le monde regarde dans la même direction au sein de l’entreprise, du réseau, d’un groupe projet, considère Virginie Guyot. Si je parle de la patrouille de France, tous les Français ont cette image en tête : le défilé du 14 juillet. Il s’agit d’un vol chargé en émotion, il symbolise au mieux notre vocation, notre mission : représenter l’excellence française. »

Selon elle, il est primordial de faire perdurer ce sentiment d’appartenance, « qui donne envie de Coconstruire ensemble nos vols tous les jours et de nous dépasser ».

Indéniablement, « il s’agit d’une base solide sur laquelle s’appuyer pour prendre de la hauteur, et parvenir à prendre les décisions importantes. S’ouvrir, ne pas rester isolé, même pour les professionnels qui exercent seuls : cela participe à cet état d’esprit du collectif. Nous avons toujours des clients, des partenaires. En regardant dans une direction commune, il est plus facile de s’ouvrir. Le sens, c’est vraiment ce qui permet d’échanger ».

Les valeurs communes sont également fondamentales, et notamment la confiance. « Centrale, chez nous, elle est même poussée à l’extrême : à chaque fois que l’on part en vol, on remet notre vie entre les mains d’un coéquipier et réciproquement, dans l’objectif final d’une haute performance technique. » À bord d’un Alphajet lancé à 700 km/h, la confiance dans son équipe semble évidemment essentielle.

« Dans un collectif, chacun se fait confiance et lâche prise, cela libère de l’énergie et les talents », comment Virginie Guyot. Et d’ajouter, quant à la progression hiérarchique : « Entre deux pilotes, on ne choisira pas nécessairement comme leader le plus qualifié techniquement, mais plutôt celui – ou celle – qui a le mieux compris l’état d’esprit de la patrouille de France, et il – ou elle – mettra toute son énergie et son expertise au service de l’équipe. »

Comme dans toute entreprise, différents corps de métiers se côtoient et œuvrent de concert à un projet commun. « On ne peut attendre d’être à 700 km/h pour comprendre les contraintes des mécaniciens, et que ceux-ci assimilent les contraintes et les besoins des pilotes. Tout doit s’opérer dans un respect mutuel, et chacun met son expertise au service du collectif. De plus, nous encourageons la curiosité et l’ouverture d’esprit. Lorsqu’une personne est intégrée, elle passe par différents postes : une journée à la tour de contrôle, une journée avec un mécanicien, etc. Ceci permet de mieux comprendre ce que les gens vivent. S’ouvrir, être curieux et créer du lien, encourage l’esprit collaboratif. »

Confiance, performance

« Comment incarne-t-on ces valeurs de respect et de confiance ? Tout un chacun peut être un leader dans son domaine d’expertise, chacun peut être inspirant pour les autres par ses compétences, par son savoir-faire et son savoir-être. Pour réussir une mission, nous avons besoin du bon expert, au bon endroit et au bon moment. » Et pour réussir, la communication est omniprésente. « Lorsque l’on est en l’air, en pleine vitesse, ce n’est pas le moment de raconter ce qui nous passe par la tête, nous fonctionnons en mode “rigueur et discipline”, considérant qu’il y a un temps pour parler et un temps pour agir. Cela nécessite beaucoup de communication en amont et en aval : le briefing et le débriefing sont extrêmement importants pour agir collectivement. Le leader évoque les plans B auxquels il a pensé en cas d’imprévu, il donne des pistes, car l’on accepte plus facilement une décision que l’on comprend. Des suggestions se font pour que l’équipe soit la mieux armée possible pour faire face à son vol. » Dans cette démarche intellectuelle et collective, le débrief tient une place primordiale. « Efficace et structuré, il permet à chaque pilote d’évoquer ses propres erreurs, ajoute Virginie Guyot. Pour cela, il faut faire preuve de courage et d’humilité. C’est le moment idéal pour partager de l’expérience, pour se faire grandir les uns les autres, individuellement et collectivement, mais évidemment sans jugement de valeur. On se dit les choses parce que justement on s’apprécie, et que l’on ne veut pas que le collègue se mette en danger. C’est une forme de bienveillance, pour faire progresser l’équipe et que la patrouille de France soit collectivement forte. »

Aux 20 ans des FCE de l'Ain : Virginie Guyot, ex-leader de la Patrouille de France
Virginie Guyot est la première femme à avoir été leader de la Patrouille de France.

La citation

Virginie Guyot, femme d’exception et première leader de la patrouille de France, affectionne cette citation de Saint-Exupéry : « La grandeur d’un métier est peut-être avant tout d’unir les hommes, mais il n’y a qu’un luxe véritable et c’est celui des relations humaines ». Cette (désormais) conférencière de haut vol fait figure de pionnière : dès lors, il ne s’agissait pas d’un choix (d) étonnant, pour des FCE qui portent haut leurs valeurs, notamment de partage d’expériences (lire ci-dessous).

Tout pour les femmes… chefs d’entreprise

« Seules, nous sommes invisibles. Ensemble, nous sommes invincibles ». La devise des FCE participe à la définition même des réseaux.

« Dans un département comme le nôtre, les femmes sont encore largement sous-représentées dans les instances dirigeantes : on dénombre 21 % de femmes chef d’entreprise dans l’Ain, contre 30 % au niveau national et 37,5 % en Europe, a commenté Marie-Claude Girod, présidente de la délégation de l’Ain des FCE, créée en 1999. Pour remédier à cet état de fait, notre raison d’être est de pousser les femmes à acquérir toujours plus de responsabilités. Ceci passe par une prise de conscience individuelle, mais aussi par la possibilité d’être épaulée par toutes et tous ceux qui sont passés par là. Nous avons tous et toutes connu des moments de doutes, au moment de donner une nouvelle dimension à notre vie. C’est là que notre réseau intervient ! Le partage d’expérience est un atout précieux. »

Et de rappeler que cette prise de responsabilités passe également par la conquête de différents mandats, locaux, régionaux ou nationaux, dans les établissements consulaires, les tribunaux de commerce, les prud’hommes, etc. Sans oublier la création reprise d’entreprise ! « Les femmes doivent avoir toute leur place dans l’économie », a-t-elle ainsi assuré. Avant de scander le slogan cher aux FCE : « Seules, nous sommes invisibles. Ensemble, nous sommes invincibles. »

Aujourd’hui, la délégation de l’Ain accueille environ une trentaine de femmes chef d’entreprise, mais tendra peut-être à se développer, tant « le réseau est essentiel à toutes et tous et ouvre de nombreuses opportunités ».

Les FCE assurent un maillage territorial dense, et « dans chaque délégation, les femmes partagent du temps, comme on partage un moment de vie. Nous sommes le réseau qui accompagne les entreprises dirigées par des femmes. Nous représentons 2 000 membres, 50 000 emplois en France (le réseau national a été créé en 1945, NDLR), sommes présentes dans 54 délégations. FCE est représentée dans le monde entier ». Dans un objectif commun : le partage des compétences, de l’échange, avec un creuset de compétences.


Un réseau, des réseaux

Deux tables rondes ont émaillé la soirée anniversaire des FCE de l’Ain : “Les réseaux sont-ils un effet de mode ou une nécessité” et “Le réseau perçu comme accélérateur de performance”. Pour répondre à ces problématiques, de nombreux interlocuteurs, notamment bien connus dans l’écosystème économique local, ont répondu à l’appel. Le chef multi-étoilé et patron des établissements éponymes, Georges Blanc, qui accueillait l’événement des FCE de l’Ain, a rappelé, lors de la première table ronde, combien les réseaux, quels qu’ils soient, peuvent revêtir une importance fondamentale dans le business. « Le réseau, les réseaux, y compris ceux auxquels on ne pense peut-être pas comme le réseau routier et autoroutier, sont d’une importance capitale. » Et de rappeler la nécessité, à l’heure d’internet, de se renouveler en permanence. Un autre aspect des réseaux… Sociaux.


Par Myriam Denis

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