Les coulisses du tourisme hivernal ne sont pas toujours roses. La neige vire même au rouge sous la plume noire et concise de Jacques Leleu. Le journaliste retraité prête son verbe à une nouvelle version de lui-même : romancier.
Lorsque la fiction dépasse la réalité… Les événements échappent à tout contrôle dans la station huppée de Val d’Arel, en Savoie, où Jacques Leleu campe son premier roman, Neige rouge, publié chez Guérin (éditions Paulsen).
Val d’Arel ? Toute ressemblance avec une station savoyarde ne saurait être fortuite… Pas facile de partager la montagne avec un milliardaire russe ténébreux, flanqué de ses hommes de main qui sèment la terreur et la mort. Autant de personnages qui soufflent un froid sibérien sur les pentes neigeuses de Savoie.
Meurtres et corruption

Jacques Leleu précise : « J’aime les personnages complexes. J’ai voulu faire en sorte que les sujets antipathiques aient une intériorité aussi riche que les autres. Comme je n’ai jamais rencontré de tueur (rire), j’ai dû imaginer ce qui peut bien se passer dans le crâne d’un ancien agent des forces spéciales russes atteint de stress post-traumatique. Il faut admettre que mon assassin est bien “fracassé” ». Il l’est !
Après une carrière au Dauphiné Libéré, Jacques Leleu franchit donc le Rubicon : l’encre de sa plume n’a jamais eu le temps de sécher, finalement. Il confie : « Lorsque l’on arrête de travailler, surtout dans mon métier, une sensation de manque s’installe. Écrire est une manière de me dire : Tu n’es plus journaliste, accepte-le. Mais es-tu capable d’utiliser autrement ce que tu as appris ? » La réponse coule dans les pages noircies de Neige rouge.
Derrière l’imaginaire de Jacques Leleu, se cache une montagne fantasmée, idéalisée par chacun de ses personnages. Les ambitions démesurées des puissants se heurtent à la frêle résistance d’une poignée d’incorruptibles. Sans conteste, Neige rouge puise sa force dans l’expérience de terrain de l’auteur.
« Mon livre a été classé dans la catégorie des polars. Pourtant, je ne suis pas un grand lecteur du genre, je ne pensais pas en détenir les codes », s’étonne Jacques Leleu. Son roman ne coche peut-être pas toutes les cases du polar standardisé, mais il en possède les contours : l’enquêteur n’est pas un inspecteur mais… un journaliste. L’arc dramatique est plus horizontal qu’ascendant ; qu’à cela ne tienne, cela fait de ce récit un objet de lecture non identifié… Excepté peut‑être en terre de Savoie.








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