Quoi de plus grisant que de contempler la Terre vue du ciel ?

« Tout le monde peut voler, » assure Didier Marinet moniteur ès parapente. Il travaille sur deux sites – Bellegarde-sur-Valserinne et Nantua – qui varient selon les conditions météorologiques. En attendant, que ce soit au printemps, en automne ou en plein été, il faut s’habiller avant de songer au décollage. « Il faut prévoir à minima un pantalon et une veste coupe-vent, décrit Didier Marinet. Même s’il fait très chaud au sol, il faut penser que l’on peut monter de plusieurs centaines de mètres et qu’alors, la sensation de fraîcheur se fait nettement ressentir. » Du site de Bellegarde, on décolle à 1350 mètres d’altitude, 650 mètres pour Nantua. Mais on peut gagner rapidement – en quelques minutes – des hauteurs de 500 à 800 mètres, voire plus… « On s’arrêtera au maximum à 1600 mètres d’altitude, prévient le moniteur. Nous avons cette obligation à cause des zones terminales d’approche ». Comprenez, les couloirs aériens.

Ces professionnels sont astreints à d’autres règles, comme l’obligation de voler à vue: les vols doivent avoir lieu de jour, pas dans les nuages ni la brume. « Mais le plus contraignant reste la météo. Nous passons notre temps à analyser les prévisions et regarder le ciel ! On scrute l’arrivée de dépressions, d’anticyclones, le vent, les masses d’air… Plus les phénomènes locaux, comme les brises de vallée ou de pentes. Cela nous permet d’anticiper. »

Les novices voyagent – car il s’agit bel et bien d’un voyage d’une vingtaine de minutes environ – en binôme avec le moniteur, lequel s’installe à l’arrière. Et légèrement surélevé par rapport à vous. Et vous, vous êtes sur la sellette – une sorte de planche. « Installé confortablement, comme dans un fauteuil, vous pouvez alors profiter pleinement du paysage, poursuit Didier Marinet. Vous découvrez des vues et des panoramas absolument inédits, que vous ne pouvez pas observer d’une autre manière. En plus, le vol en parapente est assez lent, avec une vitesse moyenne de 30 km/h. Vous avez donc le temps d’en profiter. »

S’il faut courir un peu pour décoller, (« on met les gaz! »), les mouvements suivants sont assez verticaux. « On se déplace et l’on recherche les courants ascendants, ajoute-t-il. On peut traverser le lac de Nantua ou se balader le long des massifs du Credo, selon l’endroit de décollage. » Après un petit stress du décollage, « le voyageur est généralement assez surpris: on sent bien la voile tirer vers le haut, mais les sensations de vertiges sont absentes, puisque l’on n’a pas de contact avec le sol », renchérit-il.

Elle est presque poétique, cette grande voile gonflée d’air et ressemblant à une aile d’avion… Les sensations sont garanties et l’atterrissage relativement doux. Un vol de parapente, c’est une parenthèse hors de l’espace commun. Et le rêve de pouvoir se prendre pour un oiseau, qui ne l’a jamais eu ?

A noter: plus d’infos sur ttp://www.airedevent.com.