Secrétaire départemental de Force Ouvrière en Savoie, Pierre Didio revient sur les conséquences, pour les saisonniers, de la non ouverture des remontées mécaniques lors des vacances de février.
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«Franchement, si je suis restaurateur, je ne vais pas embaucher 6 ou 7 saisonniers à l’automne sans aucune visibilité alors que, même avec le chômage partiel à 100%, il reste 13% des salaires à ma charge entre la CSG, la CRDS et les congés payés…»
Ce plaidoyer pro-employeur, c’est Pierre Didio, secrétaire départemental de Force Ouvrière en Savoie (FO73) qui le formule. Mais si le syndicaliste se met dans la peau d’un petit patron c’est surtout pour bien faire comprendre qu’«une bonne majorité des contrats saisonniers n’a pas été reconduite» en raison de la crise sanitaire (dans Eco Savoie Mont Blanc du 22 janvier 2020, Antoine Fatiga, de la CGT, évoque, lui, un minimum de 40%).
En théorie, les saisonniers bénéficient d’un droit à la reconduction de leur contrat quand ils ont effectué aux moins deux saisons précédemment (même saison, même employeur ; une seule saison suffit dans les remontées). Mais sans même parler des employeurs qui ne jouent pas le jeu il y a un important turn-over chez les saisonniers : la reconduction est donc loin de s’appliquer à tous les contrats.
«Les saisonniers qui n’ont pas re-signé de contrat, eux, ils n’ont rien ! Dans le meilleur des cas, c’est le RSA», résume le syndicaliste, en rappelant que le RSA se calcule sur les revenus du ménage (dans un couple, en fonction des revenus du conjoint, l’ex-saisonnier peut ainsi ne pas être éligible au RSA).
Les saisonniers embauchés pour l’hiver et placés en chômage partiel «jusqu’à la reprise d’activité dans les stations» (selon la formule du ministère du Travail fin novembre, qui n’a pas, depuis, précisé comment les choses allaient se passer si les stations n’ouvraient pas du tout) s’en sortent un peu mieux mais pas sans dommage pour autant. «Le chômage partiel est calculé sur le salaire de base hors primes. Or les primes (vie chère, damage de nuit, langue étrangère, panier…) peuvent constituer, dans certains métiers, un bon quart du revenu.»
Effet domino : leurs indemnités chômage vont être calculées sur ce même salaire de base hors prime. «En clair, même les mieux lotis sont inquiets», martèle Pierre Didio. Sans oublier de rappeler que la réforme du chômage prévue par le gouvernement va encore plus fortement diminuer les allocations des chômeurs. En raison de la crise sanitaire, sa mise en application a été décalée de trois mois, au 1er avril 2021 (lire aussi cet ICI) : une saison de gagnée, en ce moment, ce n’est pas si fréquent…
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